Les mazarinades et l'international, n°2, octobre 2026

Comité scientifique

 

-       Amstutz Delphine, maître de conférences en Littérature française du XVIIesiècle, faculté des Lettres de Sorbonne Université/ Cellf UMR 8599.

-       Bilis Hélène, professor of French, Wellesley College.

-       Curelly Laurent, professeur des Universités en littérature et civilisation anglaises du XVIIe siècle, Université de Haute-Alsace.

-       Deguin Yohann, maître de conférences en littérature française du XVIIesiècle.

-       Esteban Estríngana Alicia, T.U. de Historia Moderna, Universidad de Alcalá.

-       Górzyński Sławomir, professeur à l’Université d’Opole.

-       Haffemayer Stéphane, professeur d’Histoire moderne, Université de Rouen-Normandie, GRHis (UR 3831).

-       Herrmann Frédéric, maître de Conférences en Études Anglophones, Université Lumière Lyon 2, UMR 5206 Triangle.

-       Junot Yves, maître de conférences en Histoire moderne, Université Polytechnique Hauts-de-France, Valenciennes

-       LaPorta Dr Kathrina, Dépt. Français, Université de New York, États-Unis.

-       Loysen Kathleen, Associate Professor of French & Chair Department of Global Cultural Studies, Montclair State University.

-       Malinowski Teresa, docteure en histoire, chercheure rattachée au Mémo (Université Paris Nanterre).

-       Matsumura Takeshi, professeur à l’Université de Tokyo.

-       Poncet Olivier, professeur d'Archivistique, diplomatique et histoire des institutions de l'époque moderne, École nationale des chartes.

-       Poumarède Géraud, professeur des Universités en Histoire moderne, Sorbonne Université.

-       Proot Joran, Dr., Cultura Fonds (Dilbeek)/Sint Lucas Antwerpen.

-       Steinberger Deborah, professor of French and Comparative Literature, University of Delaware.

-       Teyssandier Bernard, professeur des universités en Littérature française des XVIeet XVIIesiècles, Université de Reims.

-       Tsimbidy Myriam, professeur de littérature du XVIIe siècle à l’université Bordeaux Montaigne, équipe Plurielles (UR24142).

-       Tylus Piotr, professeur de philologie romane à l'Université Jagellone.

V. Représentation de l’autre

« Lavemans et polacres », formes et fonctions de la représentation des ennemis étrangers dans les Mazarinades de la guerre de Paris, janvier-avril 1649

Pierre Ronzeaud


Texte intégral

Introduction

1Ma communication1, qui repose sur la présence, globale ou ponctuelle, de références à la soldatesque allemande et polonaise de l’armée d’Erlach, dans une quarantaine de mazarinades de la période de la guerre de Paris (6 janvier-30 avril 1649), s’organisera selon deux points de vue. D’abord, un point de vue militaire, qui les présente comme des soldats aguerris et redoutables, puis un point de vue civil, qui en fait des barbares destructeurs et massacreurs. Je montrerai, enfin, comment ces deux représentations servent de preuves à charge contre Condé, prince du sang qui emploie ces soldats étrangers contre la France.

2Ces représentations sont, comme toutes représentations, tributaires d’une histoire culturelle antérieure dont je voudrais rappeler quelques composantes.

3Allemands et Polonais relèvent, comme l’a montré Rainer Zaiser, d’une Imago boralis négative, stéréotype anthropologique renvoyant à cette effrayante partie du monde où naît, selon Pétrarque

« un peuple naturellement ennemi de la paix et pour qui le trépas est sans horreur »2

4Les Allemands, depuis Tacite (Germania) ou César (Bellum Gallicum) pâtissent de défauts que résume un texte anonyme du XVIe siècle stigmatisant

« le grossier Aleman, yvrogne, schismatique, querelleur, cruel… »3,

5ce que confirment des textes de Montaigne, Théophile de Viau, Sorel, Bouhours, Huet, Baillet, etc., étudiés en ce sens par Wolfgang Leiner4.

6Les Polonais, présentés comme tout aussi barbares et buveurs étaient, en outre, peints comme des guerriers cruels, par assimilation avec les Cosaques ukrainiens ou avec les Tatars de Crimée qui anéantirent l’armée polonaise en mai 16485. À ces traditions culturelles négatives s’ajoutait une mémoire historique douloureuse liée à des conflits antérieurs. C’était en effet cette soldatesque polonaise, mutinée car impayée, qui avait rejoint la redoutée armée de Saxe Weimar, louée par Louis XIII, passée en 1647, sous le commandement du suisse Jean-Louis d’Erlach, gouverneur de Brisach, qui s’était acquis une réputation de férocité telle que les Liégeois avaient fait de son nom un nom commun : Harloke, signifiant bandit en wallon.

7Une mazarinade, La Champagne désolée par l’armée d’Erlach avec les cruautés d’icelles, s’ouvre sur l’évocation de son armée : « Il a dans son armée quatorze mille combattants & vingt-deux pièces de canon, plus de mille chariots qui voiturent incessamment en Lorraine tout ce qu’ils prennent et dérobent »6. Et, dans l’Agréable récit de ce qui s’est passé aux dernières barricades de Paris, l’effroi qu’il suscitait est rendu par des associations fantasmagoriques, puisque le peuple s’écrie :

« Que ce malheur est sans remède, / Et que la Reine de Suède, / Erlac ou bien le loup garou/ Ont pris leur quartier à Saint Clou »

8au milieu d’autres apparitions menaçantes : des monstres marins, des Chimères, des Magdaleons, un Caméléon, un Dragon, et même le Roi Hugon7.

9On voit donc que mémoire culturelle et mémoire historique se rejoignent pour fonder, sur des fantasmes légendaires confortés par des réalités terribles, les représentations d’une soldatesque allemande et polonaise, barbare, effrayante, que les mazarinades vont actualiser, exploiter, instrumentaliser polémiquement.

10Je commencerai donc par l’étude de cette imagerie, en contexte militaire.

I. Les représentations en contexte militaire

11Les mazarinades soutenant le parti de la cour reprochent aux parlementaires frondeurs d’être responsables de l’entrée dans le conflit de troupes étrangères aguerries, bien supérieures aux milices frondeuses inexpérimentées. Ainsi Le Bandeau levé dessus les yeux des Parisiens mentionne-t-il

« les Alemans, les polonois et autres nations étrangères, qui leur apprennent la pratique de la guerre, qu’ils n’avoient auparavant vueue que dans les Gazettes »8.

12Elles dénoncent ensuite, comme erronés et mensongers, les textes frondeurs qui vantent la puissance des troupes parisiennes, en multipliant les preuves de la faiblesse de celles-ci. Ainsi Cohon, évêque de Dol, dans Lis et fais, prétend-il dessiller les yeux des Parisiens :

« Que c’est un amuse badaux que les deffaites des troupes du Roy et les enlèvements de quartiers qu’on nous fait espérer (…) maintenant qu’ils sont fortifiez des meilleures troupes de l’Europe ! »9.

13Or, le constat de cette inégalité de compétences, de moyens et de forces est partagé par de nombreuses mazarinades frondeuses qui s’en alarment.

14Dans Les soldats sortis de Ville Juifve sans congé, un Parisien qui a vu un mercenaire suisse « nourri de fort bon pâté » et fort bien payé, note le contraste avec les soldats français qui meurent de faim :

« Bons suisses, je vous porte envie / Car vous avez mieux vostre vie/ Que les François dans leur pays/ De cela je ne m’ébahis/ Car c’est un vray mot qui se glisse, / Sans argent on n’a point de Suisse »10.

15Cette inégalité salariale se retrouve même dans l’autre camp, comme le montre L’intrigue des soldats de l’armée de Mazarin avec les filles de joie de Paris dans laquelle La Perle, familière de ces soldats, écrit à son amie Charlotte, parisienne assiégée, que seuls parmi eux « les Allemans & austres estrangers »11 sont bien payés.

16Plus gravement, le sieur de Coindinet, gentilhomme champenois, dans une complainte, envoyée à la Reine, condamne les crimes des Français qui, engagés à leur côté,

« De leurs sangs baignent les champs/ Et de leurs glaives tranchants/ Dechirent la France leur mère »12.

17Les triolets du temps, selon les visions d’un petit-fils du grand Nostradamus font de même :

« François qui combattez dehors, / pourquoi causer tant de misères ? »13.

18Tandis que, dans une autre plainte à la reine, les Dames de Paris qui ont leurs maris dans l’armée Mazarine s’engagent, pour la même raison, à ne plus revoir leurs époux « s’ils ne quittent la protection de Mazarin »14. À l’opposé de ces visions défaitistes, de nombreuses mazarinades parisiennes s’attachent par contre à renverser les apparences pour créer des attentes plus optimistes, anticipant une défaite des troupes étrangères.

19Cette stratégie propagandiste opère parfois hors contexte militaire, pour euphoriser par le comique, comme dans les Plaintes de Carnaval et de la foire Saint-Germain en vers burlesques :

« Et quoy que nous nous préparions/ A donner quelques horions/ Sur les oreilles Polonoises,/ Allemandes, Basques, Françoises, / Et celles généralement que condamne le Parlement,/ Je ne veux maintenant/ Descrire que des choses qui font rire, /Sur la feste du Carnaval, Troublée par un Cardinal »15.

20Mais la plupart du temps les textes tentent de rassurer l’opinion parisienne en se fondant sur des succès ponctuels des troupes frondeuses. Ainsi les Vers burlesques envoyez à Monsieur Scarron sur l’arrivée du convoy à Paris, transforment-ils en triomphe absolu le défilé hyperbolisé des prises faites par D’Elbeuf, le 19 janvier 1648 : 5000 porcs et 800 bœufs16.

21L’espérance des bons villageois et leurs réjouissances publiques sur les heureux progrès des armées parisiennes donne la parole à un paysan, Rapice, qui ose envisager le départ de la soldatesque étrangère :

« Et j’espère, s’il plaist à Dieu, que bien-tost nous seront soulagez et garantis de l’incursion & pillerie de ces peuples laronneaux de sergents & pousse-culs, infâme harpies qui gâtent ce qu’ils ne peuvent emporter… »17.

22La très longue Lettre d’Avis à Messieurs du Parlement de Paris, escrite par un provincial affirme même que les villageois seront capables de se défaire de

« la milice cardinale, qui est plus en hasard par la campagne, chez les paysans, qu’elle n’est entre les mains de nos soldats »18.

23Mais c’est surtout la mention de chefs charismatiques qui augure des victoires frondeuses futures. Un personnage emblématise ce processus : Le Marquis de La Boulaye. Gendre du duc de Bouillon-La Marck, ce frondeur convaincu avait été, comme l’indique Le Courrier Français du 13 janvier 1649,

« des premiers à témoigner son affection à exterminer les ennemis du royaume »19.

24Il est présenté dans la Lettre à Mr le Cardinal, burlesque de l’Abbé de Laffemas, comme le sauveur de la ville :

« … le Seigneur de la Boulaye/ Ce grand Gassion de Convoy, Nous ameine toujours de quoy/ Nous garantir de la famine, / Soit bœufs, soit moutons, soit farine, / Cochons et autres bestiaux, / Avoine, foin pour nos chevaux »20,

25ce qui semble justifié puisqu’il a, dit-on, ramené à Paris, le 21 janvier, 200 charrettes de blé, 500 le 5 février, avec 500 bœufs et 5000 moutons de Monthléry et d’Etampes21.

26Dans la Lettre joviale à Monsieur le Marquis de La Boulaye en vers burlesques22, l’auteur (Scarron sans doute), fait son éloge (la « Fleur de la valeur poitevine » (v. 24) et exalte ses bienfaits grâce à un jeu virtuose d’à peu-près métaphoriques :

« Au contraire vostre prudence/ Nous fut la corne d’abondance : Cornes en abondance au moins/ Nous venoient de vos nobles soins » (v. 107-111).

27Il célèbre les victoires des cavaliers qu’il commandait sur les troupes étrangères :

« Ils tailladaient à tours de bras/ Les cuirasses et buffles gras, / Les casaquins & les casaques/ Et des reistres et des Polaques, / Cognant sur ces rustres minois/ Comme corneilles sur des nois » (v. 189-195).

28Et il conclut en remerciant La Boulaye d’avoir délivré Paris « De ces gros buffles d’Allemagne » (v. 282).

29Dans la même logique propagandiste, d’autres mazarinades frondeuses évoquent la future retraite des mercenaires étrangers. L’Adieu burlesque de la France à la guerre qui avait, sur un ton tragique, dénoncé les violences de ces

« …diables de Lansemans,/ Lorrains, Polacres, Allemans/ Qui ne cherchent que playe & bosse/Et semblent aller à la nopce/ Quand ils vont à l’enterrement/Car c’est là tout leur élément »,

30se réjouit de les voir plier bagages :

« On a chargé tous vos fourgons/ Vos cavaliers et vos dragons/Sonnent déjà le boutte-selle »,

31et il se venge d’eux par des injures :

« Mais qui marche là, derrière eux ?/ Des innocents jaunes & bleus/ Barbe raze et teste pelée/ Et d’un bonnet gras affublée,/ Ce sont je crois des Polonois/ Ces ladres vers & ces polacres,/ Ces affamez, ces loups garous,/ ces carnassiers, ces croque pous/ Qui mangent jusqu’à la charogne ;/ O Dieu, quelles vilaines trognes »23.

32Mais malgré cette volonté euphorisante, et malgré le burlesque de la forme et du ton, on entend ici, en creux, un autre discours, le plus important sans doute, celui qui, par-delà le contexte militaire, dénonce les violences de cette terrible soldatesque sur les populations civiles. De même Le départ des Allemands et Polonois du chasteau de Meudon, tout en se réjouissant de cette retraite, rappelle les exactions de ces « mauvais garnements/ Tant Polonois comme Allemands » (v. 20)24 qui ont violé femme blanche ou noire, vieille ou jeune (v. 54-55), pillé « la Saincte Eglise » (v. 101), et massacré des villageois à Clamart (v. 119).

33L’auteur aura beau finir en disant attendre le printemps pour aller, avec son ami destinataire, « vuider une coupe », c’est-à-dire « trinquer comme Allemands » (v. 138-139), cette récupération finale en forme de boutade n’efface pas la mémoire traumatique des vols et des viols subis, que toutes les mazarinades qui se situent dans un contexte civil narrent sur un ton bien plus tragique.

II. Les représentations en contexte civil

34Dans le tableau de Sauveur le Comte, Les actions du Grand Condé, le blocus de Paris, à côté des scènes de batailles militaires, le panneau central fait voir, en fond, le rougeoiement des flammes de l’incendie d’un village, symbole de la politique de la terre brûlée par laquelle l’armée assiégeante voulait renforcer le blocus pour amener Paris affamé à se rendre.

35Les mazarinades stigmatisent l’action des troupes étrangères dans ce domaine : la destruction des biens. Dans les Discours facétieux & politiques en vers burlesques sur toutes les affaires du temps des bourgeois déplorent les vols des soldats de Condé : on

« Ne void plus de chapons du Mans/ Retenus par les Allemands/ Qui quand ils en sont à bien boire/ S’en divertissent la machoire/ Accompagnés des Polonois/ Qui valent pis que les Anglois »25.

36Dans l’Agréable Conférence de deux paysans de Saint-Ouen et de Montmorency, Janin se plaint à son compère Piarot de pareilles forfaitures :

« cé guieble de Laveman, cé ladre de Polacre avon mangé jusqu’aux tripes de noute asne qui avait le farcin, et si encore ce fut un Vanredy »26.

37Dans le Dialogue de trois paysans picards, Miché, Guillaume & Cherle, Miché se plaint des « soudars qui pris nos vaques », et Cherle de ce qu’on lui a volé son cheval en disant « que c’estoit pour les quevaux du Roy », avant de créer une plaisante analogie de substitution en évoquant un défilé « de grandes cornes au front comme celles de nos vaques », qui sont en fait celles des cornards dont les femmes ont été « accomodées » par les Polonois27. Cette hantise du pillage par les mercenaires reste présente, même a posteriori, comme le montre le Dialogue du Soldat, du Paysan, de Polichinelle et du docteur Scalaton dans lequel un soldat, qui a toujours vécu à la picorée, regrette de « ne plus piller le bonhomme », tandis que Polichinelle le reprend : « c’est assez plumer la poule, & ruiner le pauvre paysan »28.

38Mais bien plus marquantes encore ont été les atrocités commises par la soldatesque étrangère : viols, assassinats, sacrilèges. Elles font entrer dans une autre dimension de la polémique des mazarinades, celle qui anticipe sur les discours de dénonciations des massacres et génocides modernes étudiés par David EL Kuentz29 ou Jacques Sémelin30.

39Je m’attacherai donc aux narrations visant à leur donner un sens, à exprimer des émotions collectives, mais aussi à en tirer des bénéfices partisans. Et ceci à travers différents modes d’écriture.

40Le plus souvent, il s’agit de textes dramatiques qui cherchent à indigner, tout en s’attachant à présenter ces crimes comme réels, par exemple en choisissant une structure épistolaire comme dans La Champagne désolée le locuteur donne copie de trois lettres de mars 1649, envoyées de Reims par un noble, d’Alincourt, ou par un curé, Gervaise31.

41La lettre du 3 mai brosse un sinistre tableau des exactions des mercenaires d’Erlach : Les hommes, assommés ou estropiés,

« Les femmes et les filles de tous âges, et mesme des gentil-hommes, à la vueue des parents, forcées et violées, dans les Eglises aussi, ou les meurtres sont plus ordinaires à cause que l’on s’y réfugie. Des corps morts & des charognes dans les puits pour les empester (…) »32.

42On notera la volonté de tout accumuler, produisant un empilage d’horreurs, tout comme l’énumération, ensuite, des noms des villages ou lieux pillés : Attigny, Saint-Lambert, Vaneville, ce qui ancre les faits dans une réalité toponymique connue.

43Les hommes maltraités sont des civils, sans défense, d’où une dissymétrie entre les bourreaux et les victimes qui ajoute un sentiment d’injustice à l’effroi provoqué, tout comme l’aléatoire de leur malheur, au hasard de rencontres avec les soldats. La mention des charognes jetées dans les puits ajoute à une répulsion immédiate la projection dans un futur mortel que ce présent destructeur annonce.

44Par-delà l’horreur actuelle, la lettre donne en effet à imaginer un avenir désolé :

« Je crains que les grains ne soient chers car les Erlachs commencent déjà à les manger. Les allemans disent tout haut qu’on leur a donné la Champagne en paye & en proye. On ne peut pas s’imaginer ce qui s’y passe et les cruautez que l’on y exerce »33.

45La lettre enchaîne ensuite sur des récits de cas particuliers d’atrocités qui sont autant de preuves à charge :

« Un gentilhomme a voulu donner de l’argent aux allemans pour qu’ils épargnent ses terres, mais ils ont voulu aussi une belle jeune fille, sa sœur. Il s’est battu pour la défendre a été pendu et sa sœur violée. »

46Un pauvre curé, apportant le Saint Sacrement à un malade a été tué par les Allemands qui ont jeté celui-ci par terre « et fait dessus leurs sales excrémens »34.

47Le 7 mai, une lettre de Gervaise, montre les soldats d’Erlach

« bruslant, pillant, tuant, violant femmes & filles jusques à l’âge de huit ans, mesme sur les Autels & marchepieds, dépouillant les prestres & curés, leur attachant des chats sur le dos & sur le ventre, & les flagellans jusqu’à ce que les pauvres misérables soient tous ecorchez. Enfin tirant des coups de pistolets & de fusils dans la sainte Hostie en disant « Tiens, bougre de curé voilà ton Dieu que j’ai tué, ne le crains plus, il ne te scauroit mordre »35.

48Tous ces cas, qui donnent à voir et à entendre la douleur par le vocabulaire sensoriel utilisé, qui apitoient par les qualificatifs choisis, qui scandalisent par les crimes commis, mettent en avant des viols et des sacrilèges, en une association horrifiante. Le viol est, dans ce contexte, le signe d’une régression de la civilisation, comme le souligne l’analogie entre viol et violation d’un lieu sacré36. Ces accumulations d’exemples horribles ont donc une valeur persuasive, reposant sur un pathétique de la douleur, exacerbant l’abominable du corps souffrant comme la pulsion bestiale des tortionnaires37.

49On retrouve de tels exemples d’atrocités dans Les horribles cruautez faites dans les provinces de France par les gens de guerre d’Erlach qui empile les cas tragiques comme ceux de « Jean Savoye, du bourg Tourelle, proche de Rheims », enfermé dans une porcherie avec sa famille, par quatre Allemands qui ont mis le feu et les ont « étouffés par la fumée »38, de François d’Aubry, attaché pendant que l’on violait ses filles de 10 & 13 ans, mortes ensuite, de François Vivien tué à petit feu tandis que l’on a mis de la poudre à canon « dans la matrice de sa femme », mise à feu ensuite39. Non sans mentionner les meurtres sacrilèges de gens d’Église : comme ce curé qui a été tué pour avoir refusé de donner le Saint-Sacrement à une chèvre mise par des Allemands entre deux draps.

50Les violences décrites sont partielles, concernent des individus ou des petits groupes, mais, comme le montre Jacques Sémelin, leur effet est global puisqu’elles s’intègrent dans une opération militaire visant à précipiter la capitulation de Paris par la terreur.

51D’un côté, ces récits d’atrocités posent la question de la barbarisation, voire de l’animalisation de cette brutale soldatesque étrangère, manière indirecte de la stigmatiser, de l’abaisser, de l’anéantir verbalement à défaut de pouvoir la combattre militairement. Mais, d’un autre côté, ils contribuent à la propagation d’horreurs présentées comme inexorables, et appelant donc une reddition pour y échapper40. La conclusion, des Horribles cruautés est en effet en forme d’avertissement : Paris doit être conscient de ce qui l’attend41.

52On voit donc que le procès en déshumanisation des bourreaux finit, paradoxalement, par les servir sur le terrain. Mais, du point-de vue de l’opinion, il sert à discréditer ceux qui les commandent, Erlach, Condé, Mazarin.

53C’est en ce sens que conclut le locuteur premier de La Champagne désolée après avoir donné à découvrir cet

« échantillon de l’état déplorable des peuples sous la barbarie de la milice de ceux qui dominent & possèdent l’Estat »

54avant d’en appeler à Dieu pour qu’il pende le criminel qui cause la perte de tant d’innocents (Mazarin)42.

55On en trouverait confirmation dans d’autres mazarinades à la tonalité dramatique comme la Harangue à la reine par Messieurs les curés des bourgs de Sceaux, Palaiseau, Fontenay-aux-roses, Sèvres, Meudon, Clamart43, ou la célèbre Lettre du père Michel44.

56Mais je préfère m’arrêter un instant sur un texte qui raconte sur un ton burlesque les mêmes atrocités, sans en diminuer la gravité, mais pour mieux les fixer dans l’imaginaire et la mémoire du public, les Discours facétieux & politiques en vers burlesques sur toutes les affaires du temps45. Cette mazarinade dénonce les viols commis par les soldats étrangers :

« Ils ne s’arrestent pas là, / Baisent nos femmes, & voilà/ Un homme cocu dans une heure/ Qui croyoit sa femme fort seure. / Sans justice, ny sans respect, / Ny sans quelconque autre sujet, / Toutes passent par l’étamine/ Celles qui sont de bonne mine/ Et celles qui ne le sont pas, / Font également bon repas. / ».

57Et, comme les autres textes à charge, elle développe ensuite un cas particulier, celui de sa commère Charlotte et de sa fille, violées, près d’Aubervilliers, par :

« ces Sarmates46/ Qui nous causent tant de malheurs »

58Le langage et le style burlesques n’ont ici aucune vertu comique, mais ils aident à passer par-dessus l’impensable des crimes pour les réifier, leur donner une existence concrète, palpable, grâce au langage familier, à leur personnalisation et à leur multiplication dans tout le texte.

59Et ceci sans espoir d’issue favorable, puisque le savetier envoyé comme ambassadeur à Saint-Germain pour se plaindre auprès du Cardinal est, lui aussi massacré :

« Apprenez de ce vers burlesque/ Qu’il fut pris de soldatesque/ Et que Messieurs les Polonois/ Luy désapprirent le François, / Le haussant de plus d’une toise/ Comme le héros de Pontoise. »47

60Ces exactions, constituant une transgression des normes religieuses, sociales, politiques et militaires48, sont aussi les traces d’une violence extrême, instrumentalisée à des fins politiques, pour obtenir la reddition des villes49.

61Les prétendus Allemands et Polonais à qui les mazarinades donnent la parole n’en jugent pas autrement.

III. Parole donnée aux Allemands et Polonais

62 Le courrier Polonois apportant toutes les nouvelles de ce qui s’est passé en l’autre monde est un Polonais, tué par un villageois dont il avait violé la femme et la fille, qui annonce à Charon qu’il doit transformer sa barque en nacelle pour accueillir tous les soldats mazarins qui vont arriver. Charon lui répond qu’ils seront punis comme lui :

« Ils auront pareil traitement ces mangeurs de poulles & d’oyes, tes compagnons viendront ici cracher les plumes & j’aurois de quoy faire un traversin pour reposer ma teste quand je seray las. C’est tout ce que je puis espérer de ces voleurs de pain de Gonesse. »50.

63Dans L’apparition d’un phantosme à Sainct Germain en Laye, et les discours qu’il tint, un Polonais envoyé des Enfers s’adresse à Mazarin et à Condé pour les avertir que Pluton, attend qu’ils lui envoient, comme renfort de damnés, ceux qui, autour de Paris, ont

« bruslé, vollé, violé, & profané tout ce qui était de plus sainct, de plus beau et de plus riche aux environ ».

64Demande immédiatement satisfaite car arrive aux Enfers « une troupe d’hommes défaits, sanglants & meurtris & mutilez » que l’on reconnut pour des « Polonois et des Alemens ». Le Phantosme avertit donc les Polonais survivants des troupes royales de ce qui les attend51.

65La Harangue du capitaine Allemant faite à la Reine de France invite Français et Allemands à cesser une guerre fratricide52 tandis que La Remontrance de la Reyne de Pologne à la Reyne de France, touchant le déplaisir qu’elle a de voir combattre les Polonois contre les François, lettre, présentée comme écrite par la reine Louise Marie de Gonzague, reproche à Anne d’Autriche de l’avoir trahie :

« vous avez employé les Polonois comme gens qui dépendent entièrement de vous, pourtant j’ay non seulement déplaisir de leur perte, mais de voir qu’ils combattent contre moy-mesme, puisqu’ils combattent contre mon pays, j’ai droit de souhaiter leur mort, pour souhaiter la conservation de ma patrie. »53

66Ainsi est posée la responsabilité des commanditaires de ces troupes.

67C’est, donc sur le procès intenté à Condé pour une telle utilisation de mercenaires étranger dans une guerre d’agression fratricide, que je voudrais conclure.

Conclusion

68Le procès intenté à Condé repose sur des accusations de trahison. Celle de son sang royal d’abord, comme le lui reprochent Henri IV dans le Dialogue entre le roi de bronze et la Samaritaine sur les affaires du temps :

« un rejeton de la souche des Bourbons s’estre déclaré pour un voleur, contre l’Estat et contre sa patrie ! »54

69et, à l’autre bout de la pyramide sociale, Charlotte, la paysanne des Admirables sentiments d’une fille villageoise envoyez à Monsieur le Prince de Condé, touchant le party qu’il doit prendre :

« N’ensevelissez pas le sang des valeureux Bourbons dans un tombeau si remply de carnage »55.

70Les Triolets du Prince de Condé en viennent même, devant cette trahison, à mettre en question cette filiation :

« On dit pourtant, je n’en croy rien/ Que tu n’es pas vray fils de France/ Cela ne me soucie en rien/ On dit pourtant je n’en croy rien/ Estant plutost Italien/ Voyant que tu ruines la France/ On dit pourtant, je n’en croy rien/ Que tu n’es pas vray fils de France/56.

71Trahison de sa famille ensuite : la Lettre de madame la princesse douairière de Condé envoyée au prince de Condé, son fils, sur les armes qu’il a prises injustement contre la France lui reproche d’assiéger Paris

« cette illustre ville où vous avez pris naissance & que toute la maison de Montmorency a toujours considéré avec tant d’amour et de respect »57.

72La Lettre du Chevalier Georges de Paris à Monseigneur le Prince de Condé l’accuse de détruire le patrimoine de ses aïeux :

« considérez que la Royne, Monseigneur le Duc d’Orléans et vous jouez l’héritage de vos enfants contre un infâme filou, qui vous joue lui-même et qui hazarde, pour la plus abominable teste du monde, vos personnes, vos biens, et vostre honneur. »58.

73Trahison de sa patrie enfin : La Très humble remontrance d’un gentilhomme bourguignon à Monseigneur le Prince de Condé l’accuse de s’être transformé de protecteur en persécuteur :

« Souviens-toy que ton arme en veut à ta patrie »59.

74Même reproche dans Les dernières paroles de Monsieur le Duc de Chastillon mourant, à Monsieur le Prince de Condé60 ou dans Les Advis héroiques et importants donnés à Monsieur le Prince de Condé par Monsieur de Chastillon, revenu de l’Autre Monde :

« Je te l’ay dit en mourant, je te le redis mort ; /Ton party n’est pas juste & ta guerre est cruelle /D’opprimer ta patrie & de t’armer contre elle. »61

75Dans ce contexte négatif, le rappel des violences des soldats étrangers de Condé, devient un argument à charge. La Lettre d’un bon pauvre escrite à Madame la Princesse, sa mère, sur les affaires du temps présent dénonce ainsi les « fleuves de sang » répandus par eux62 tandis que La Lettre du chevalier Georges affirme qu’ils ont fait « dans Saint-Denys, ce que le Turc n’a point commis dans Hiérusalem »63.

76Il s’ensuit une sorte de transfert d’accusation de barbarie des mercenaires étrangers à Condé lui-même. L’Advis d’estat à Monsieur le Prince pour la sûreté de sa personne et de sa vie lui rappelle les églises pillées « par les Polonois et les Allemands »64 et s’indigne en effet de ce que « les horribles cruautés que les estrangers exercent sur les pauvres françois » n’ont pas été capables de le faire changer de volonté et d’émouvoir son cœur.

77La Lettre d’un gentilhomme François portée à Monseigneur le Prince par un trompette de la véritable armée du Roy pour la défaite de la guerre qu’il fait à sa patrie lui reproche même d’être devenu semblable à ces barbares, « altéré du sang de vos concitoyens », « transporté de fureur à la tête de ces troupes étrangères qui saccagent vostre Patrie »65.

78Et Le Furet ou les pourmenades du prince de Condé porte cette accusation à un comble d’ubris et d’horreur absolu, puisqu’il veut escalader le Ciel à force de monceaux d’hommes morts, et rendre tous les cimetières bossus, les rivières sanglantes, & les villes & les champs déserts66.

79La Requeste présentée à Monseigneur le Prince par les vignerons de son gouvernement de Bourgogne, en vers burlesques lui reproche quelque chose qui les révolte plus encore : de le voir boire du vin du Rhin et « Brinder avec les Allemans/ Qui sont pis que les Musulmans » ou « avec les « hupez Polonois/ Qui font pis qu’un voleur esbois »67.

80On voit donc, qu’avec une grande variété de genres, de formes, de styles, et de tons, les Mazarinades, ont su, par-delà les faits et méfaits des lavemans et des polacres, instrumentaliser la violence qu’ils incarnaient, pour faire le procès de leur employeur Condé, Bourbon dégénéré, fils et père indigne, Français traître, gouverneur scélérat et même barbare quasi boréen, et ceci pour tenter de renverser la force des choses par la force des mots. Sans succès d’ailleurs.

Notes

1 Ma communication a été préparée et écrite avant la lecture, le 21 février dernier, de la belle communication de Teresa Malinowski au colloque de Rouen « Mazarinades et territoires » : « La Pologne dans les Mazarinades », qui pourra donc servir de caution savante et érudite à mes analyses de non-spécialiste.Je tiens aussi à la remercier pour les suggestions, compléments et corrections qu’elle m’a fournis et qui m’ont permis de mieux contextualiser la représentation polémique des mercenaires étrangers.

2 Pétrarque, Canzoniere, Paris, Gallimard, 1983, p. 46, cité par Rainer Zaiser, « Imaginatio Borealis, l’image du Nord dans la littérature française du XVIIe siècle, colloque du CMR 17 de Durham, La France et l’Europe du Nord au XVIIe siècle, Biblio 17, n°214, Richard Maber ed. G. Narr, Tübingen, 2017, p. 16.

3 Rainer Babel, La France et l’Allemagne à l’époque de la monarchie universelle des Habsbourg, 1500-1648, Presses Universitaires du Septentrion, 2013, p. 145.

4 Wolfgang Leiner, « Présences allemandes dans la culture française du XVIIe siècle », dans L’intelligence du passé, Mélanges Jean Lafond, Presses Universitaires de Tours, 1988, p. 311-323. Les mercenaires allemands sont déjà présents dans les pamphlets des guerres de religion, puis ils réapparaissent sous la Révolution française, comme l’indique Gary Alardin : « Le mercenaire des guerres de Religion, objet d’une haine en recomposition (XVIe-XXe siècles) ? » [en ligne], 2024, disponible sur https://lir3s.u-bourgogne.fr/phonotheque/c-1769, page consultée le 23/05/2026.

5 Jerzy Lukowski et Hubert Zawadzki, Histoire de la Pologne, Perrin, 2010 ; Norman Davies, Histoire de la Pologne, Fayard, 1986. Une telle image négative des Polonais est déjà présente auparavant, comme le montre François Rosset (L’Arbre de Cracovie. Le mythe polonais dans la littérature française, Imago, 1996). Mme Malinowska m’a suggéré les exemples de Desportes (Adieu à la Pologne) et de Barclay (Iconmarum, trad. fr. Le Tableau des esprits) ? Elle m’a surtout précisé que le rapprochement, dans les Mazarinades, des Polonais avec les Cosaques, les Turcs et les Tatars, était une « anomalie » destinée à souligner leur cruauté. En effet, à l’époque, écrit-elle, « la Pologne est plutôt perçue comme une frontière du monde occidental, opposée à la Moscovie orthodoxe et autocratique ainsi qu’à l’Empire ottoman et au khanat de Crimée, rattachés au monde conquérant de l’islam. Cette représentation se renforce dans la seconde moitié du XVIIe siècle, notamment dans le contexte des guerres polono-tatares et polono-turques. La juxtaposition opérée par les frondeurs ne s’est donc pas inscrite dans la durée : elle demeure une exception. »

6 La Champagne désolée par l’Armée d’Erlach avec les cruautez exercées par icelle, [M0_677], p. 3.

7 Agréable récit de ce qui passé aux dernières barricades de Paris, décrites en vers burlesques, Paris, Nicolas Bessin, 1649, 23 p, [M0_56]. Moreau, Choix de Mazarinades, (toujours indiqué Mo Choix), P. Renouard, 1853, t. I, p. 25 ou Antonomaz (toujours indiqué Ant), p. 1. Le roi Hugon renvoie à Hugues Ier, comte de Tours, chargé de fortifier la ville, qui, après sa mort, y revient en fantôme terrifique, chevauchant et agressant les gens le soir. Huguenot, le nom péjoratif donné par les catholiques aux protestants, puis adopté par ceux-ci, vient de la tour du roi Hugues, où ils se réunissaient.

8 Le Bandeau levé dessus les yeux des Parisiens pour bien juger des mouvements présents et de la paix qu’eux et tous les bons Français y doivent tenir, [M0_574], Mo Choix, t. I, p. 228. Billet répandu la nuit le 11 février 1649 par le chevalier de La Valette.

9 Lis et fais, [M0_2304], Mo Choix t. I, p. 199.

10 Les soldats sorties de Ville Juifve sans congé. En vers burlesques, [M0_3679], Ant, p 48.

11 L’intrigue des soldats de l’armée de Mazarin avec les filles de joie de Paris, nouvellement découverte par les lettres interceptées par le garde de la porte Saint-Martin, et la réponse sur le même sujet, où l’on voit la misère de l’armée mazarine, [M0_1724]. Ant, p. 19.

12 La complainte du sieur Coindinet, gentil-homme champenois envoyée à la Reine à Saint-Germain, [M0_726], Ant. p. 21.

13 Les triolets du temps, selon les visions d’un petit-fils du grand Nostradamus, faits pour la consolation des bons François et dédiés au Parlement 4 mars 1649, [M0_3859]. Mo Choix, t. I p. 419.

14 Plainte à la Reyne des Dames de Paris qui ont leurs maris dans l’armée Mazarine, Paris, Louis Sévestre, 1649, 6 p. [M0_2775]. Ant, p. 59.

15 Plaintes du Carnaval et de la foire Saint-Germain, en vers burlesques, 19 février 1649 [M0_2794]. Mo Choix t. I, p. 268, Ant, p. 18.

16 Vers burlesques envoyez à Monsieur Scarron, sur l’arrivée du convoy à Paris, [M0_4016]. Mo Choix t I p. 109-111, Ant p. 72.

17 L’espérance des bons villageois et leurs réjouissances publiques sur les heureux progrès des armées parisiennes, conduites par messieurs les princes de Conty et de Beaufort, d’Elbeuf et autres grands seigneurs, [M0_1278]. Ant, p. 18.

18 Lettre d’Avis à Messieurs du Parlement de Paris, escrite par un provincial, 4 mars 1649 [M0_1837]. Mo Choix, t. I, p. 358.

19 Courrier François, 13 janvier 1649, p. 7, cité dans Paul Scarron, « Un vent de fronde s'est levé ce matin », Poésies diverses, éd. Hubert Carrier, Champion, 2012 p. 61.

20 Lettre à Mr le Cardinal, burlesque [M0_1813], Mo Choix t. I, p. 97, Ant p. 61. Lettre passionnante de 325 vers, classée 5ème par Naudé en termes de valeur polémique, qu’Hubert Carrier attribue plus que probablement à Scarron.

21 Il aurait ramené, de la même provenance, le 8 février, 1200 bœufs, 800 porcs et 200 moutons, et encore 40 charrettes de blé d’Arpajon, le 16 février, le tout avant son départ, début mars, pour se battre, dans le Maine, contre les troupes levées pour la Cour par le marquis de Lavardin.

22 Paul Scarron, Un vent de fronde s’est levé ce matin, Poésies diverses, éd. H. Carrier, P., H. Champion, 2012, p. 64-75.

23 L’Adieu burlesque de la France à la guerre, Paris, Pierre du Pont, mars 1649, [M0_36]. Ant, p. 17.

24 Le départ des Allemands et Polonois du chasteau de Meudon, en vers burlesques, A Paris, chez Jacques Guilllery, [M0_1003] [RIM C_2_48].

25 Discours facétieux & politiques, en vers burlesques, sur toutes les affaires du temps, par O.D.C., Paris, Guillaume Sassier, 1649, 15 p. [M0_1121]. Ant, p. 112.

26 Agréable Conférence de deux paysans de Saint-Ouen et de Montmorency, 1ère partie, in Deloffre p. 38, [M0_54].

27 Dialogue de trois paysans picards, Miché, Guillaume & Cherle sur les affaires de ce temps, relié à l’Envers, (2ème dialogue) [M0_1085]. Ant, p 9. Texte paru au moment du retour du Roi de son deuxième séjour à Compiègne juillet-août.

28 Le dialogue du Soldat, du Paysan, de Polichinelle et du docteur Scalaton, au Retour de la Paix avec les remerciements au Roy et à la Reyne, Jean Henault, 1649, [M0_1089]. Ant, p. 34.

29 Le massacre, objet d’Histoire, dir. David El Kuentz, Folio Histoire, Paris, Gallimard 2005.

30 Jacques Sémelin, Purifier et détruire. Usages politiques des massacres et des génocides, Points Essais, Seuil, 2005.

31 La Champagne désolée par l’armée d’Erlach, Paris, 1649, 8 p. [M0_677] : trois lettres datées des 3, 6 et 7 mai. Ant., p. 22.

32 Ibid., p. 5.

33 Ibid., p. 6.

34 Ibid., p. 7.

35 Ibid., p. 8.

36 Nathalie Barrandon, Isabelle Pimouguet-Pedanos (dir.), La transgression en temps de guerre, de l’Antiquité à nos jours, Presses Universitaires de Rennes, 2021, p. 220.

37 Ce qui amènera d’ailleurs bien plus tard la qualification du viol en crime de guerre par l’ONU, en 1992, après la guerre de Bosnie, et en crime contre l’humanité, en 1994, après la guerre du Rwanda.

38 Les horribles cruautés faites dans les provinces de France par les gens de guerre d’Erlac et autres, Paris, 1649, 11 pages [M0_1668], p. 3.

39 Ibid., p. 6.

40 Jacques Sémelin, op. cit. , p. 553.

41 Les horribles cruautez... op.cit.

42 La Champagne désolée par l’armée d’Erlach… op. cit., Ant. p. 22.

43 Harangue à la reine par Messieurs les curés des bourgs de Sceaux, Palaiseau, Fontenay-aux-roses, Sèvres, Meudon, Clamart, Carmes déchaus de Charenton, et autres des environs de la ville de Paris, sur les actes d’hostilité, sacrilèges et viols commis dans les lieux saints et maisons par les troupes mazarines, Paris, Pierre Sévestre, 1649, 12 p. [M0_1539].

44 Lettre du père Michel, religieux hermite de l’ordre des Camaldoli près Grosbois, à monseigneur le Duc d’Angoulême, sur les cruautés des mazarinistes en Brie. Paris, 1649, 32 p. [M0_2128]. Ant. p. 54.

45 Discours facétieux & politiques, en vers burlesques, sur toutes les affaires du temps, par O.D.C., Paris, Guillaume Sassier, 1649, 15 p. [M0_1121]. Ant. p. 112.

46 Comme me l’a indiqué Mme Malinowski, il s’agissait de peuples nomades de langue iranienne qui occupaient, dans l’Antiquité, la steppe pontique, et qui se sont, fondus, ensuite dans les peuples d’Europe centrale. Leur désignation, initialement géographique a pris une coloration ethnique à la Renaissance, les élites polonaises, lituaniennes et ruthènes se réclamant d’une origine sarmate commune afin de renforcer leur cohésion au sein de leur État pluriethnique. Voir à ce sujet sa thèse en ligne, p. 116-119 https://bdr.parisnanterre.fr/theses/internet/2019/2019PA100026/2019PA100026.pdf

47 Discours facétieux & politiques, en vers burlesques, sur toutes les affaires du temps, par O.D.C., Paris, Guillaume Sassier, 1649, 15 p. [M0_1121]. Ant. p. 112.

48 Cf. Jacques Sémelin, p. 34, qui rappelle que Grotius pose la question de la permission du massacre dans une guerre juste, coercitive ou punitive, et qu’il le considère comme un avatar malheureux mais inévitable de la guerre qui ne peut changer la justesse de celle-ci.

49 Comme le montre le dossier sur « La violence et la guerre » du numéro 521-522 de la revue L’histoire, d’Août 2024.

50  Le courrier Polonois apportant toutes les nouvelles de ce qui s’est passé en l’autre monde depuis l’enlèvement du Roi fait par le Cardinal Mazarin à Saint-Germain en Laye, jusques à présent. Paris, Veuve Jean Rémy, [M0_833]. Ant., p. 33.

51 L’apparition d’un phantosme à Sainct Germain en Laye, et les discours qu’il tint, Paris, Veuve Jean Rémy, [M0_138]. RIM A_3_ 5.

52 Harangue d’un capitaine Allemant faite à la Reine de France, Paris, Robert Feugé, 1649, 8 pages. [M0_1545]. Ant, p. 15.

53 Remontrance de la Reyne de Pologne à la Reyne de France, touchant le déplaisir qu’elle a de voir combattre les Polonois contre les François, Paris, Robert Feugé, 1649, 7 p. [M0_3305]. Ant, p. 65.

54 Le Dialogue entre le roi de bronze et la Samaritaine sur les affaires du temps, Paris, Arnould Cottinet, 1649, 8 p. [M0_1090]. Ant. p. 12.

55 Les admirables sentiments d’une fille villageoise envoyez à Monsieur le Prince de Condé, touchant le party qu’il doit prendre, Paris, Jean Hénault, 1648, 7 p. [M0_47]. Ant, p. 43.

56 Les Triolets du Prince de Condé, Paris, 1649, 8 p. [M0_3858]. Ent. p. 70.

57 Lettre de madame la princesse douairière de Condé envoyée au prince de Condé, son fils, sur les armes qu’il a prises injustement contre la France. Paris, Jean Musnier, jouxte la copie imprimée par Michel Mettayer, 7 p. [M0_952]. Ant. p. 53.

58 La Lettre du Chevalier Georges de Paris à Monseigneur le Prince de Condé, Paris, 1649, 18 p. [du 26 janvier 1649 ?], [M0_2099]. Ant. p. 54.

59 Très humble remontrance d’un gentilhomme bourguignon à Monseigneur le Prince de Condé, avec la réponse de l’écho de Charenton aux plaintes de la France, Paris, Arnould Cottinet, 1649, 8 p. [du 12 février 1649 ?], [M0_3812]. Ant., p. 70.

60 Les dernières paroles de Monsieur le Duc de Chastillon mourant, à Mr le Prince de Condé, Paris, Henry Sara, 1649, 7 p., [M0_1036]. Ant, p. 44. Gaspard II de Coligny, tué le 8 février 1649 à la bataille de Charenton.

61 Les Advis héroiques et importants donnés à Monsieur le Prince de Condé par Monsieur de Chastillon, revenu de l’Autre Monde, Paris, Denys Langlois, 1649, 12 p. [M0_514]. Ant, p. 43.

62 Lettre d’un bon pauvre escrite à Madame la Princesse, sa mère, sur les affaires du temps présent, Paris, Guillaume Loyson et Jean-Baptiste Loyson, 1649, 8 p. [M0_1851]. Ant. p. 50.

63 Lettre du chevalier Georges de Paris à Monseigneur le Prince de Condé, Mo Choix, t. I, p. 160.

64 Advis d’estat à Monsieur le Prince pour la sûreté de sa personne et de sa vie, et pour l’augmentation de sa gloire, Paris, 1649, [M0_499]. Ant, p. 8.

65 La Lettre d’un gentilhomme François portée à Monseigneur le Prince de Condé par un trompette de la véritable armée du Roy pour le dissuader de la guerre qu’il fait à sa patrie, Paris, Arnould Cottinet, 1649, 12 p. [M0_1876]. Ant. p. 51.

66 Le Furet ou les Pourmenades du prince de Condé, 1649, 8 p. [M0_1459]. Ant, p. 35.

67 Requeste présentée à Monseigneur le Prince par les vignerons de son gouvernement de Bourgogne, en vers burlesques, Paris, Nicolas Bessin, 1649, 12 p. [M0_3501]. Ant. p. 67. Date du départ de Condé pour la Bourgogne, le 3 juin 1649.

Pour citer ce document

Pierre Ronzeaud, « « Lavemans et polacres », formes et fonctions de la représentation des ennemis étrangers dans les Mazarinades de la guerre de Paris, janvier-avril 1649 » dans Les mazarinades et l'international,

Revue du GRHis, n° 2, 2026

URL : https://publis-shs.univ-rouen.fr/grhis/190.html.

Quelques mots à propos de :  Pierre Ronzeaud

Professeur émérite