Sommaire
Les mazarinades et l'international, n°2, octobre 2026
- Amstutz Delphine, maître de conférences en Littérature française du XVIIesiècle, faculté des Lettres de Sorbonne Université/ Cellf UMR 8599. - Bilis Hélène, professor of French, Wellesley College. - Curelly Laurent, professeur des Universités en littérature et civilisation anglaises du XVIIe siècle, Université de Haute-Alsace. - Deguin Yohann, maître de conférences en littérature française du XVIIesiècle. - Esteban Estríngana Alicia, T.U. de Historia Moderna, Universidad de Alcalá. - Górzyński Sławomir, professeur à l’Université d’Opole. - Haffemayer Stéphane, professeur d’Histoire moderne, Université de Rouen-Normandie, GRHis (UR 3831). - Herrmann Frédéric, maître de Conférences en Études Anglophones, Université Lumière Lyon 2, UMR 5206 Triangle. - Junot Yves, maître de conférences en Histoire moderne, Université Polytechnique Hauts-de-France, Valenciennes - LaPorta Dr Kathrina, Dépt. Français, Université de New York, États-Unis. - Loysen Kathleen, Associate Professor of French & Chair Department of Global Cultural Studies, Montclair State University. - Malinowski Teresa, docteure en histoire, chercheure rattachée au Mémo (Université Paris Nanterre). - Matsumura Takeshi, professeur à l’Université de Tokyo. - Poncet Olivier, professeur d'Archivistique, diplomatique et histoire des institutions de l'époque moderne, École nationale des chartes. - Poumarède Géraud, professeur des Universités en Histoire moderne, Sorbonne Université. - Proot Joran, Dr., Cultura Fonds (Dilbeek)/Sint Lucas Antwerpen. - Steinberger Deborah, professor of French and Comparative Literature, University of Delaware. - Teyssandier Bernard, professeur des universités en Littérature française des XVIeet XVIIesiècles, Université de Reims. - Tsimbidy Myriam, professeur de littérature du XVIIe siècle à l’université Bordeaux Montaigne, équipe Plurielles (UR24142). - Tylus Piotr, professeur de philologie romane à l'Université Jagellone.Comité scientifique
- Stéphane Haffemayer Introduction : l’international dans les mazarinades
- Patrick Rebollar Aux frontières des mazarinades
- Florine Lévecque-Stankiewicz Représenter la Fronde à l’étranger : les gravures de Caspar Luyken pour la Vie de Mazarin (Leyde, 1699)
- Teresa Malinowski Les Mazarinades dans les collections de la Bibliothèque Jagellonne : recensement, provenance, réseaux de circulation
- Maxim Boyko Diffusion et perception des mazarinades en Russie de la Grande Catherine à Vladimir Poutine
- Cécile Leduc Un duc étranger allié des princes français : la construction du personnage de Charles IV de Lorraine dans les Mazarinades et les Mémoires
- Lourdes Amigo Vázquez Les différents visages de l’Espagnol. La monarchie de Philippe IV dans les mazarinades de 1649
- Lourdes Amigo Vázquez Los diferentes rostros del español. La Monarquía de Felipe IV en las mazarinadas de 1649
- Pierre Ronzeaud « Lavemans et polacres », formes et fonctions de la représentation des ennemis étrangers dans les Mazarinades de la guerre de Paris, janvier-avril 1649
- Laurent Curelly Les mazarinades dans la presse anglaise à l’époque de la première révolution (1649)
- Stéphane Haffemayer Un moment décisif de la Fronde : Mazarin et l’attaque ad-odium du 1er février 1651 : « Il persuadoit tous les iours au Roy, que tous les Gens de bien de son Royaume estoient autant de Cromvvels de Fairfax, Tous les Parlements, des Parlements d’Angleterre »
V. Représentation de l’autre
Les différents visages de l’Espagnol. La monarchie de Philippe IV dans les mazarinades de 16491
Lourdes Amigo Vázquez
Introduction
1En mars 1649 vit le jour à Paris un imprimé intitulé L’estat de la marche et le liev ov est à présent l’armée de l’archidvc Léopold, commandée par le marquis de Noirmonstier & le comte de Fuensaldaigne. Au début de son discours, l’auteur affirmait ce qui suit :
Ie suis François & de naissance & d’inclination, c’est-à-dire, du nombre de ceux qui ne peuuent vouloir du bien aux ennemis de la France […] Non, ie ne rougis point de dire que l’Espagne, qui n’a laissé passer aucun siècle, depuis le commencement de sa monarchie, qu’elle n’ait signalé par ses guerres contre nous, oblige auiourd’huy la France à luy vouloir du bien & la louer de sa générosité2.
2À ce moment-là, les troupes de Flandre entraient sur le territoire français, appelées par les généraux de la Fronde parisienne. Le pamphlet visait alors à exalter et à légitimer cette intervention espagnole.
3Conséquence des relations conflictuelles entre l’Espagne et la France, la monarchie hispanique était très présente dans les mazarinades. Au milieu du xviie siècle, la France et l’Espagne s’affrontaient militairement pour l’hégémonie européenne (1635-1659). Philippe IV n’avait pas hésité à intervenir dans les troubles de la Fronde (1648-1653), qui ravageaient le royaume voisin, en soutenant les rebelles afin d’affaiblir encore davantage son adversaire ; de la même manière, la France s’était rangée aux côtés des révoltés en Catalogne et au Portugal (et auparavant en Italie). Pourtant, en dépit du contexte international, les travaux sur le traitement de la monarchie catholique dans ces libelles demeurent peu nombreux3. Par conséquent, cette étude voudrait s’intéresser aux mazarinades à thème espagnol publiées pendant le blocus de Paris par les troupes royalistes (janvier–mars 1649) au cœur de la Fronde parlementaire (1648-1649).
Les mazarinades à thème espagnol
4La monarchie catholique est régulièrement présente dans les pamphlets publiés durant la Fronde4. Il est possible en particulier de distinguer des mazarinades « à thème espagnol », c’est-à-dire des libelles dans lesquels l’Espagne occupe une place centrale dans le discours. Cette catégorie comprend tous les libelles dans lesquels la monarchie espagnole est l’objet principal du texte ou constitue un élément argumentatif essentiel sans lequel le développement du contenu ne peut être compris. Bien que la guerre franco-espagnole et la Fronde interagissent et s’entremêlent également dans ces ouvrages, certains se rattachent plus étroitement au conflit européen, tandis que d’autres renvoient aux luttes internes qui ont secoué la France.
5On recense à ce jour près de trois cents pamphlets imprimés de ce genre, comptabilisés comme textes uniques, sans inclure les différentes éditions de certains d’entre eux5. Si ce chiffre peut sembler significatif, celui-ci reste en réalité modeste au regard du nombre total de mazarinades qu’Hubert Carrier estime à 5 200 pièces imprimées et à près de 6 000 si l’on inclut également les libelles manuscrits6. Tout semble indiquer en effet que l’intervention de l’Espagne dans la Fronde fut, dans une certaine mesure, reléguée au second plan dans les mazarinades car les rebelles éprouvaient des difficultés à assumer ou à justifier intellectuellement l’alliance avec les Espagnols, et tous ne partageaient pas l’enthousiasme de la haute noblesse pour pactiser avec l’ennemi traditionnel du royaume. Cette réticence explique la rareté des écrits exaltant la monarchie hispanique et, par là même, justifiant son action. À l’inverse, des pamphlets critiques circulèrent contre cette implication étrangère, émanant aussi bien des mazarinistes que, de manière significative, des frondeurs eux-mêmes.
6Les années de plus grande production de ce type de libelles furent 1649 et 1652. Pour la première année, on en imprima au moins 96, que l’on peut classer, selon leur positionnement à l’égard de la monarchie hispanique, de la manière suivante : 56 anti-espagnols, 28 pro-espagnols et 12 neutres7. La majorité de ces mazarinades (56 premières éditions) furent publiées avec certitude durant le blocus de Paris8. À ce nombre, il convient d’ajouter la réédition d’un pamphlet paru en 1648 et remis sous presse à ce moment-là avec un nouveau titre et quelques ajouts : La vie, moevrs et généalogie de Ivles Mazarin9, ce qui porte l’ensemble des publications à thème espagnol durant le siège à 57 mazarinades10. Cette concentration entre les mois de janvier et mars 1649 s’explique par deux facteurs. D’une part, on atteignit alors le point culminant de la production pamphlétaire, avec plus de 1 000 imprimés11. D’autre part, la noblesse rebelle, alliée au Parlement, menait alors des négociations avec la cour de Bruxelles afin d’obtenir un appui militaire. Ainsi, 30 des pamphlets à thème espagnol publiés durant le siège sont directement liés à l’éventuel soutien hispanique aux frondeurs.
7Sur les cinquante-sept mazarinades imprimées durant le blocus de Paris, 25 sont pro-espagnoles, 24 anti-espagnoles et 8 neutres12. La plupart de ces dernières sont des textes de caractère informatif qui reproduisent des documents diplomatiques ou institutionnels, bien que leur publication, comme nous le verrons, n’ait pas toujours été désintéressée. Parmi les mazarinades pro-espagnoles figure L’estat de la marche et le liev ov est à présent l’armée de l’archidvc Léopold, mentionné dans l’introduction. À l’opposé, certaines adoptent une position critique à l’égard de la monarchie hispanique, comme le Factvm servant av procéz criminel fait av cardinal Mazarin, touchant ses intelligences auec les estrangers ennemis de l’Estat, qui dénonce Mazarin comme un agent au service de l’Espagne :
Il y a apparence et probabilité que le cardinal Mazarin s’est toujours entendu auec les Espagnols, ennemis de la France, & qu’il a procuré leurs auantages autant qu’il luy a esté possible, au détriment de cet Estat13.
8Dans le corpus étudié, certains imprimés connurent plusieurs éditions, telle la Lettre de l’archidvc Léopold, envoyée à Madamoiselle povr traitter la paix, une prétendue missive adressée par le gouverneur général des Pays-Bas espagnols à Anne-Marie-Louise d’Orléans, dont deux éditions sont conservées14. À Rouen, on réimprima aussi, après son succès à Paris, la remontrance du Parlement au roi du 21 janvier, accompagnée de quatre autres pièces, dont trois à thème espagnol15. Or, ces rééditions constituent un indice de l’intérêt suscité par certains pamphlets16, de même que leur inclusion dans des recueils17. Toujours à Rouen parurent ainsi, en 1649, quatre recueils rassemblant les mazarinades qui avaient rencontré le plus grand succès durant le blocus de Paris, parmi lesquelles figuraient plusieurs à thème espagnol18. Parmi eux se distingue le Qvatrième recveil des pièces cvrievses de ce temps, dans lequel sept des quinze mazarinades retenues appartiennent à ce groupe.
9Il est particulièrement pertinent d’examiner les différents discours contenus dans ces œuvres, tant en faveur qu’à l’encontre de la monarchie de Philippe IV, qu’ils proviennent des royalistes ou mazarinistes et, surtout, des frondeurs eux-mêmes. Ces derniers furent en effet responsables non seulement des pamphlets pro-espagnols, mais aussi de la quasi-totalité des textes anti-espagnols, à l’exception de deux d’entre eux qui furent les seuls à n’avoir pas été imprimés à Paris mais à Saint-Germain où la Cour s’était installée. Quant aux pièces neutres, toutes de plume frondeuse et pour la plupart de caractère informatif, leur intérêt réside avant tout dans le contexte de leur publication et dans les documents qu’elles reproduisent. Toutefois, avant d’aborder l’analyse détaillée des imprimés, il convient de présenter un aperçu de l’intervention espagnole dans la Fronde parlementaire car elle est à l’origine de la majorité des mazarinades qui font l’objet de cette étude.
L’intervention hispanique dans la Fronde parlementaire
10 Dans sa sixième livraison, le Courrier françois relatait avec un enthousiasme manifeste la réception, le 19 février 1649, d’un envoyé de l’archiduc Léopold-Guillaume, gouverneur général des Pays-Bas espagnols, au Parlement de Paris. Selon le récit, l’émissaire :
se présenta en l’assemblée du Parlement, avec lettre de créance de son maistre, dattée à Bruxelles du 10 iour de ce mois, qui fit entendre que le pouuoir qui luy estoit donné estoit d’offrir, de la part du Roy Catholique & de son altesse impériale, la paix, & dire qu’ils mettoient entre les mains de messieurs du Parlement leurs intérests & ceux du duc de Loraine, qui estoient inséparables. Ce qui auoit tousiours esté refusé par le cardinal Mazarin, qui portoit ses desseins à la perte de la France, ainsi qu’il leur auoit témoigné plusieurs fois & plus particulièrement depuis le iour des Roys, qu’il auoit fait solliciter son altesse impériale d’accorder vne paix desauantageuse à la France, à la charge qu’elle l’ayderoit de ses trouppes pour la ruyne de la ville de Paris19.
11Cet épisode marquait un moment clé de l’intervention hispanique dans la Fronde parlementaire. Comment en était-on arrivé à une telle situation ?20
12En janvier 1649, après la fuite de la cour à Saint-Germain et le siège de Paris par le prince de Condé, Mazarin et les frondeurs se tournèrent vers la cour de Bruxelles. À ce moment-là, l’archiduc Léopold-Guillaume de Habsbourg était le lieutenant de Philippe IV dans les Pays-Bas méridionaux et capitaine général de l’armée de Flandre ; il était assisté du comte de Fuensaldaña, Alonso Pérez de Vivero, gouverneur des armes et commandant en second de l’armée21. Séjournait également à Bruxelles le comte de Peñaranda, Gaspar de Bracamonte Guzmán, qui avait été plénipotentiaire de la monarchie hispanique à Münster22.
13 À la demande de ce dernier, le Franc-comtois Jean ou Jean-Claude Friquet23 fut chargé de se rendre à Saint-Germain, où il s’entretint avec Mazarin le 4 février. Peu après, François Cazet de Vautorte fut envoyé par le cardinal à Bruxelles, où il rencontra le ministre espagnol le 23 février24. Cependant, ces négociations, destinées à obtenir la paix générale entre les deux monarchies, n’aboutirent pas puisqu’aucune des parties n’était disposée à céder sur ses prétentions. Dans le cas de Mazarin, il semble que ces manœuvres visaient surtout à empêcher la Couronne d’Espagne de conclure un accord avec les rebelles.
14 Toutefois, malgré ses efforts, les tractations entre la monarchie hispanique et les frondeurs connurent le plus grand développement25. Elles furent principalement le fait de la haute noblesse, alliée du Parlement, au sein de laquelle Jean-François Paul de Gondi, futur cardinal de Retz, et le duc de Bouillon jouèrent un rôle de premier plan26. Sur le plan institutionnel, en tant que compagnie, le Parlement n’appuya jamais l’intervention espagnole, bien que certains de ses membres y fussent favorables27. De fait, la magistrature, très attachée au gallicanisme, était réticente à traiter avec le principal ennemi du royaume28. En revanche, pour la noblesse, l’alliance avec l’étranger, et en particulier avec l’Espagne, faisait partie de sa pratique courante en temps de révolte. Ainsi au temps de la Ligue catholique, certains membres de la haute noblesse avaient déjà recherché l’appui de la monarchie hispanique. Comme cela devait se reproduire durant la Fronde, ce recours avait suscité de profondes divisions et résistances, notamment autour du degré d’implication de l’Espagne et des conséquences politiques de cette alliance29.
15À l’image des pourparlers menés entre la monarchie catholique et Mazarin, l’objectif déclaré de ces négociations était l’obtention de la paix générale, à laquelle faisait obstacle la personne du ministre italien. Toutefois, en réalité, les rebelles recherchaient avant tout un secours militaire pour lever le blocus de Paris, tandis que la monarchie hispanique souhaitait attiser la guerre civile en France afin d’en tirer parti dans le conflit européen.
16 Pour mener à bien ces négociations, frère José Arnolfini de Illescas30 se rendit à deux reprises à Paris au mois de février comme envoyé de l’archiduc. Lors de sa seconde mission, le 19, il fut reçu par le Parlement où il présenta la lettre de créance de Léopold-Guillaume et exposa sa proposition d’aide. La seule résolution de l’assemblée fut d’informer le roi et la reine de l’ambassade afin d’agir selon leur volonté31. Malgré tout, la comparution du représentant de l’archiduc devant le Parlement fit grand bruit. Plusieurs mazarinades se firent l’écho de l’événement, parmi lesquelles, comme nous l’avons vu, la sixième livraison du Courrier françois32. Dans certaines, l’épisode en vint même à constituer le sujet principal, comme dans Le Covrier extraordinaire – lié à la publication périodique – qui célébra l’arrivée d’Arnolfini et sa réception au Parlement33. En outre, ce fut à partir de ce moment que commencèrent à circuler les pamphlets à thème espagnol qui défendaient ou critiquaient l’intervention hispanique, au-delà de ceux qui avaient fait de la réception de l’émissaire leur sujet principal.
17 Les envoyés des nobles se succédèrent en Flandre. Les frondeurs réclamaient une intervention rapide de l’armée espagnole en France afin de rompre le siège de Paris. Mais les autorités de Bruxelles se montraient réticentes en l’absence de garanties, puisque presque tout devait être négocié après ladite action militaire. Néanmoins, au début du mois de mars, Fuensaldaña franchit la frontière française avec l’intention de secourir la capitale dès qu’un accord serait conclu. À la mi-mars, l’archiduc Léopold fit de même.
18 Malgré la signature de la paix de Rueil (11 mars) et la poursuite des négociations entre la cour et la Fronde à Saint-Germain, les nobles maintinrent leurs contacts avec la monarchie hispanique. C’est alors que, le 22 mars, Paul de Gondi, au nom du prince de Conti, déclara devant le Parlement
que hier il receut nouuelle de l’archiduc, qui luy mande qu’estant entré en France, il désire de leuer le soubçon que l’on pourroit prendre de sa marche & faire connoistre à tout le royaume qu’il y vient chercher la paix & non pas faire la guerre. Pour cet effet, offre d’arrester ses armes, pourueu que la reyne donne des députéz pour terminer tous les differends des couronnes34.
19Il s’agissait en réalité d’une manœuvre impulsée par Paul de Gondi et les généraux de la Fronde, en coordination avec Arnolfini, qui se trouvait encore à Paris. Comme le rappelle Retz dans ses Mémoires, la lettre adressée à Conti fut effectivement fabriquée sur l’un des papiers en blanc portant la signature de l’archiduc que son envoyé avait apportés dans la capitale. Dans celle-ci, Léopold-Guillaume se présentait comme garant de la paix générale et proposait de retirer ses troupes si la reine désignait des députés pour en négocier les conditions. La lettre poursuivait un double objectif : fournir aux nobles un instrument de pression sur la cour et offrir aux Espagnols un prétexte honorable pour retirer leurs troupes sans nuire à leur réputation, au cas où les frondeurs se réconciliaient avec le pouvoir royal35. La prétendue communication de l’archiduc fut transmise par le Parlement à Anne d’Autriche, qui répondit être également disposée à négocier avec la monarchie hispanique pour parvenir à la paix, dans une claire tentative de neutraliser les rebelles les plus intransigeants36. Cette réponse renforça la position des députés parlementaires favorables à un rapprochement avec la cour. Quoi qu’il en soit, la proximité des troupes de l’archiduc leur offrit aussi, durant toute la négociation, un moyen de pression supplémentaire sur Mazarin afin d’obtenir des concessions37.
20Pour sa part, le 28 mars, Léopold-Guillaume signa à Landrecies – place des Pays-Bas espagnols – un traité avec le marquis de Noirmoutier, qui agissait au nom du prince de Conti, généralissime de la Fronde. Mais l’accord resta sans effet : le 27 mars, la conférence de Saint-Germain se terminait par un accord et les nobles s’étaient entièrement raccommodés avec la cour française. Le 1er avril, le Parlement enregistra la seconde version de la paix de Rueil, signée à Saint-Germain. La Fronde parlementaire était terminée et les troupes espagnoles se replièrent alors vers les Pays-Bas méridionaux où ils parvinrent à reprendre plusieurs places, dont la plus importante fut Ypres, le 8 mai38. Quant à la paix générale entre les deux couronnes, elle resta une chimère : elle ne serait atteinte qu’une décennie plus tard, avec le traité des Pyrénées (1659).
Mazarinades « neutres » sur la monarchie hispanique
21Pendant le blocus de Paris, le Parlement eut tendance à faire publier l’ensemble de ses décisions, tâche confiée aux « imprimeurs et libraires ordinaires du roi39 ». De leurs presses, sortirent ainsi la réception de l’envoyé de l’archiduc, le 19 février, et la déclaration du prince de Conti, le 22 mars, relative à l’entrée de Léopold-Guillaume avec ses troupes en France40. Toutes deux sont des mazarinades à thème espagnol, de caractère essentiellement informatif, dans lesquelles la monarchie hispanique occupe une place centrale dans le discours, sans toutefois que s’y exprime une prise de position explicite à son égard. Elles se bornent, en conséquence, à rendre compte des faits et des décisions institutionnelles liées à l’intervention espagnole. Dans le cas de la publication de la rencontre avec Arnolfini, furent en outre incluses la lettre de créance de l’archiduc, datée de Bruxelles le 10 février, ainsi que la proposition présentée en son nom, que le Parlement demanda de recevoir par écrit après qu’elle eut été exposée oralement.
22Cependant, l’impression de ce type de pamphlets ne répondait pas toujours à une simple volonté d’informer le public mais pouvait également répondre à des calculs politiques. La comparution de José Arnolfini devant le Parlement avait en effet d’importantes implications politiques et attira ainsi l’attention d’au moins quatre autres publications, qui reproduisirent de nouveau la lettre de créance et l’offre de Léopold-Guillaume41. Parmi elles, figure Svitte et septiesme arrivée extraordinaire dv Covrier françois, qui cherchait à imiter le Courier françois42. Cette livraison d’une mazarinade périodique fut imprimée par la veuve d’André Musnier, responsable d’au moins trois autres journaux en 1649, parmi lesquels Le covrier extraordinaire, également consacré à cet événement, mais cette fois dans une veine ouvertement favorable à la monarchie hispanique43. Il ne fait aucun doute qu’à travers ces publications, formellement neutres, on cherchait à remonter le moral des Parisiens, soumis aux privations du blocus, en diffusant la proposition d’aide militaire offerte par l’Espagne. En ce sens, le simple fait de leur impression conférait à ces œuvres, dans la pratique, un certain caractère pro-espagnol.
23L’instrumentalisation possible de libelles à l’apparence informative se manifeste également dans la publication, à Paris, de la réponse de la reine à l’arrêt du Parlement du 22 mars, à la suite de la déclaration du prince de Conti concernant l’entrée des troupes de l’archiduc. Le texte, remis par écrit aux députés du Parlement lors des négociations de Saint-Germain, se bornait à exprimer la disposition de la reine à négocier la paix avec l’Espagne, sans manifester de position favorable ni défavorable à son égard :
La reine est bien aisé [sic] d’apprendre, par quelque voye que ce soit, la bonne disposition en laquelle on dit qu’est le roy d’Espagne, pour la conclusion de la paix entre les deux couronnes. Et comme sa majesté a fait jusques icy tout ce qu’elle a pu pour l’y convier […] Sa majesté, persévérant en cette bonne résolution, nommera & fera partir ses ambassadeurs avec plein pouuoir, aussi-tost que l’on fera convenu du lieu où le traitté se pourra faire ; entre lesquels elle choisira quelqu’vn des officiers du Parlement de Paris44.
24En réalité, cependant, cette réponse avait probablement été rédigée par Mazarin et visait à affaiblir les frondeurs les plus intransigeants, hostiles à tout accommodement avec la cour, en présentant la reine comme disposée à une négociation avec l’Espagne. Toutefois, en supervisant sa publication, le Parlement poursuivait un autre objectif – complémentaire mais distinct : il cherchait à affermir sa position d’ouverture et de dialogue avec la régente, dans le but d’obtenir non seulement la fin des troubles à Paris, mais aussi la paix générale tant désirée.
25En somme, ces pamphlets parisiens offrent une apparence neutre dans la mesure où ils se bornent à reproduire des textes diplomatiques ou institutionnels liés à l’intervention hispanique, sans y ajouter de jugements de valeur. Toutefois, comme nous l’avons constaté, le fait de les porter chez l’imprimeur pouvait ne pas être entièrement innocent. En tout état de cause, ils se distinguaient nettement des résolutions royales diffusées depuis Saint-Germain, conçues expressément comme des instruments de propagande dirigés contre le Parlement et ses alliés et, parfois, contre la monarchie hispanique elle-même, comme nous le verrons.
26 Il convient de mentionner une autre mazarinade que l’on peut également considérer comme neutre, bien que de nature différente : la Lettre d’Aristandre à Cléobvle, ou Les conjectures politiques sur ce qui se passe à Saint-Germain45. Alors que les imprimés précédents se bornaient à transmettre des documents officiels, celle-ci adopte la forme d’une lettre fictive où sont envisagés divers scénarios possibles autour de la conjoncture politique, sans qu’y soit exprimée une prise de position définie, ce qui est, du reste, peu habituel dans les pamphlets de la Fronde. La missive est attribuée à Aristandre, personnage possiblement inspiré d’Aristandre de Telmessos, célèbre devin d’Alexandre le Grand, et adressée à Cléobule, figure symbolique qui renvoie à Cléobule de Lindos, l’un des Sept Sages de la Grèce. Dans cette perspective spéculative et réflexive, le texte part de la prémisse suivante : « à l’auanture ce qu’on traite à Saint-Germain est bon et à l’auanture est-il mauvais46 ».
27 Parmi les questions abordées, l’attitude de la monarchie hispanique est envisagée dans la mazarinade qui s’interroge sur la possibilité pour Mazarin de parvenir réellement à la paix générale. L’auteur y suggère par exemple que le cardinal se retire à la frontière pour négocier avec l’archiduc, ce qui pourrait lui permettre de recouvrer un certain prestige politique en cas de succès ; toutefois, il exprime également ses doutes quant à une telle issue, dans la mesure où le cardinal est accusé d’avoir entravé cette paix par le passé. Parallèlement, la question est posée de savoir si le Parlement doit accepter l’aide militaire offerte depuis Bruxelles. L’auteur affirme ainsi que :
L’archiduc […] ne cherche que la gloire de protéger la iustice dans vne si esclatante occasion, qu’elle a pour tesmoins tous les yeux du monde […] Il ne cherche qu’à faire esclater par toute l’Europe, où le nom du Parlement de Paris sonne si haut, que le roy des Espagnes & du Nouueau Monde est le fléau des tyrans […] Mais à l’auanture aussi doit-on refuser le secours d’Espagne, parce que se donner à son ennemy pour se vanger, c’est se vanger premièrement sur soy-mesme […] Tellement que le mieux qu’on pourroit faire ce seroit de dire nettement à son altesse royale [Léopold-Guillaume], qui a toute la gloire d’auoir pacifié les troubles de la France : « Monseignevr, n’espargnez point nos seuretéz & nous n’espargnerons point nos submissions & nos respects »47.
28Malgré le ton élogieux avec lequel sont d’abord présentées la figure de l’archiduc et l’intervention espagnole, ce passage ne constitue ni une défense politique de la monarchie hispanique, ni une incitation à nouer une alliance avec elle. Il met, au contraire, en garde contre les risques de dépendre d’un ennemi traditionnel et souligne que, si le Parlement venait à conclure un accord avec Léopold-Guillaume, celui-ci devrait être subordonné à des garanties préalables et claires en faveur des intérêts français.
L’ami espagnol selon les mazarinades
29Le 11 mars 1649, un accord de paix est conclu à Rueil entre Mazarin et les députés du Parlement. Tous, cependant, ne l’acceptent pas, à l’instar de la haute noblesse très réticente à la réconciliation. C’est dans ce contexte d’une fracture politique durement ressentie dans la capitale qu’est publié l’Advis salvtaire et généreux à tovs les bons François et aux veritables bourgeois de Paris. Bien que le titre ne l’annonce pas, il s’agit d’une mazarinade à thème espagnol qui, face à ce qu’elle présente comme une paix trompeuse promue par le cardinal, exalte les chefs frondeurs ainsi que le soutien offert par la monarchie hispanique. Le texte accuse en effet Mazarin d’avoir poussé sa trahison jusqu’à recourir à l’Espagne dans le but de détruire Paris. Toutefois, grâce à l’intervention des généraux de la Fronde, ce projet aurait échoué et l’Espagne, « au lieu de venir pour ton oppression, […] vient pour ta deffence, & au lieu de la guerre, te présenter la paix, que ce tygre & ce boute-feu [Mazarin] empesche depuis plusieurs années48 ». Le texte s’achève par un appel direct à la ville, lui rappelant sa dette de gratitude envers les chefs rebelles :
D’où tu peux iuger [Paris] combien tu es obligé à la générosité de ces grands héros [les généraux de la Fronde] […] & que, partant, tu ne te peux séparer de leur amour ny leur refuser ton assistance qu’auec ta perte & ta ruine, que tu ne peux éuiter que dans l’esloignement du cardinal & iouyssance de la paix généralle49.
30À l’image des autres mazarinades pro-espagnoles publiées pendant le blocus de Paris, l’Advis salvtaire cherchait à construire une image positive de la monarchie hispanique et, ce faisant, à légitimer l’alliance que la haute noblesse s’efforçait d’établir avec elle.
31Au total, vingt-cinq pamphlets ont été identifiés comme favorables à la monarchie de Philippe IV. Vingt-trois d’entre eux furent publiés, avec une quasi-certitude, après la réception de José Arnolfini au Parlement, le 19 février, moment où furent rendues publiques les négociations des frondeurs avec l’archiduc Léopold. Dans cet ensemble, dix-sept mentionnent effectivement l’intervention espagnole50. Les six autres ne la citent pas, mais sont probablement liés à celle-ci, leur orientation pro-espagnole ne paraissant s’expliquer que dans le contexte de ladite intervention51. Trois de ces six imprimés invoquent par ailleurs une autre raison possible de cette prise de position : l’exécution de Charles Ier le 30 janvier 164952. Il était nécessaire que l’Espagne et la France parviennent à une paix générale « afin de punir le crime abominable de l’Angleterre53 ».
32Les vingt-quatrième et vingt-cinquième mazarinades constituent des cas particuliers. La vie, moevrs et généalogie de Ivles Mazarin, publiée pour la première fois à Anvers en 1648 sous le titre Généalogie ou Extraction de la vie de Jules Mazarin, fut rééditée en janvier, après l’arrêt du Parlement du 8 contre le cardinal, avec une nouvelle dénomination et quelques ajouts54. Son ton relativement indulgent à l’égard de la monarchie hispanique – présentée comme victime de Mazarin – permet de l’inclure dans cet ensemble des imprimés qui lui sont favorables. De son côté, l’Advis d’Estat à la reyne, sur le gouuernement de sa régence parut au début du mois de février55. Il fut rédigé par Arnauld d’Andilly (1589-1674)56, ancien membre du parti dévot et déjà lié à Port-Royal, ce qui contribue à expliquer son biais hispanophile. L’opuscule attaque Mazarin pour sa politique intérieure et extérieure. Dans ce dernier domaine, l’argumentation s’articule autour de l’Espagne : on accuse le cardinal d’avoir fait échouer la paix alors que la Couronne espagnole apparaît disposée à y parvenir. Par conséquent, ces deux pamphlets précèdent la réception de l’envoyé de l’archiduc Léopold au Parlement et témoignent d’une orientation pro-espagnole modérée qui découle de la dénonciation du ministre italien.
33Quoi qu’il en soit, le discours pro-espagnol se construisit essentiellement autour des mêmes idées qu’Arnolfini avait exposées dans la proposition présentée au Parlement au nom de l’archiduc et dont le contenu circula dans diverses mazarinades tantôt neutres tantôt ouvertement favorables à la monarchie hispanique57. La convergence des positions n’était pas le fruit du hasard puisque la lettre de créance de Léopold-Guillaume et sa proposition avaient été en réalité rédigées par Paul de Gondi et les généraux de la Fronde eux-mêmes, comme le dénonça la cour58 et comme devait le reconnaître Retz dans ses Mémoires59.
34Les principaux axes argumentatifs, repris également dans l’Advis salvtaire et généreux, étaient les suivants, même s’ils ne figurent pas nécessairement dans chaque libelle. En premier lieu, on rendait Mazarin responsable d’avoir empêché la conclusion de la paix entre les deux couronnes, une opinion largement partagée en France et présente dans de nombreux pamphlets60. Dans ceux de tendance pro-espagnole, on soulignait en outre que la monarchie hispanique, à la différence du cardinal, désirait sincèrement la paix : tel était le deuxième argument. En troisième lieu, on affirmait que le ministre italien venait de proposer à l’Espagne un accord extrêmement avantageux, dans le but de sceller une alliance et d’unir leurs forces contre le Parlement, mais que celle-ci l’avait refusé. Toutefois, cette version ne correspondait pas à ce qui s’était réellement passé lors des entretiens entre Peñaranda et Mazarin en février 1649. Enfin, Léopold-Guillaume était présenté comme l’allié du Parlement, dont l’autorité servait à légitimer l’intervention hispanique auprès de l’opinion parisienne, bien que les négociations avec Bruxelles fussent impulsées par la noblesse frondeuse. L’archiduc se montrait ainsi prêt à mettre ses troupes au service de la lutte contre le cardinal et à contribuer par là à la signature de la paix générale. En définitive, l’ennemi commun des deux monarchies était Mazarin, comme le laissaient entrevoir de nombreux imprimés et comme le proclamait explicitement l’auteur des Hevrevx présages de la fidélité des Espagnols :
Tout le monde a sçeu que l’archiduc Léopold, ayant esté sollicité par le cardinal Mazarin de luy prester main forte pour la ruine de Paris, la luy a non seulement refusée & découvert ses intelligences ; mais encore a fait offrir ses troupes, par son agent, à messieurs nos généraux pour s’en seruir contre celuy qui, comme obstacle de la paix généralle, est réputé l’ennemy commun des deux partys61.
35Cependant, le développement de ce discours ne fut pas exempt de difficultés : le sentiment anti-espagnol faisait partie de l’imaginaire politique dominant en France, surtout depuis l’éclatement de la guerre en 163562. Les réticences présentes dans certains pamphlets montrent combien il était complexe de rendre acceptable une entente avec la monarchie hispanique, tant pour les auteurs que pour les lecteurs potentiels. Parmi les pamphlets hésitants quant à l’attitude à adopter vis-à-vis du secours espagnol, trois mazarinades se distinguent : Le svbiet dv secovrs promis par l’archidvc Léopold à la ville de Paris, la Lettre cvrievse svr ce qvi s’est passé de plus remarquable à Paris […] avec vn petit discours de la vie & de la mort de monsieur le comte de Soissons et Démocrite et Héraclite, riant et plevrant sur le temps qui court63. Le premier s’efforce de justifier l’alliance avec l’Espagne, en précisant qu’il ne faut pas l’interpréter comme un geste de générosité de l’ennemi traditionnel, mais comme une nécessité politique qui impose à la monarchie hispanique de pacifier l’Europe pour mieux combattre ses adversaires internes64. Les deux autres textes, en revanche, évitent de défendre ouvertement l’alliance espagnole à l’image de la Lettre cvrievse qui le suggère de manière implicite en rappelant le précédent du comte de Soissons, qui s’allia avec les Espagnols en 1641 dans sa lutte contre le cardinal de Richelieu65. Pour sa part, Démocrite et Héraclite mentionne la figure « d’un grand prince, qui [fut] n’aguerre nostre ennemy » – allusion à l’archiduc Léopold – lequel, au lieu de profiter des divisions internes, vient au secours des Français66.
36 Les mazarinades pro-espagnoles ne se limitèrent pas aux arguments que nous avons vus. Elles recoururent aussi à d’autres moyens pour offrir une image positive de la monarchie hispanique. Ainsi, cinq pamphlets diffusèrent une supposée correspondance entre l’archiduc Léopold et Anne Marie Louise d’Orléans composée de deux lettres apocryphes attribuées au premier67 et de trois réponses, également fausses, de la seconde, dont une adopte un ton anti-espagnol68. Pour donner de la vraisemblance à cet échange, leurs auteurs s’appuyèrent probablement sur deux éléments connus du public : les rumeurs diffusées en 1648 au sujet d’un possible mariage entre les deux correspondants et la bonne réputation de la Grande Mademoiselle auprès des frondeurs69. Datée d’après la réception d’Arnolfini au Parlement, cette fiction épistolaire présentait l’intervention militaire espagnole comme une opération déjà décidée et imminente, et la légitimait en la liant au consentement de Mademoiselle70. Dans les lettres attribuées à l’archiduc, on soulignait que son seul objectif, en entrant avec ses troupes, était de faciliter la paix générale, tandis que dans ses réponses, la duchesse de Montpensier saluait l’initiative et l’encourageait à la réaliser.
37 Lorsque l’armée espagnole franchit la frontière en mars, plusieurs imprimés se concentrèrent sur le déroulement de cette opération. Loin de la présenter comme une menace, ils décrivaient le déploiement militaire comme une action légitime, ordonnée et destinée à faciliter la paix générale. On y soulignait la discipline des troupes, le respect manifesté envers la population civile et l’absence d’actes hostiles, afin de dissiper tout soupçon quant aux intentions des Espagnols. L’un de ces ouvrages adopta même la forme d’une prétendue lettre circulaire de l’archiduc Léopold, datée du 20 mars et adressée aux gouverneurs et aux officiers municipaux des localités situées sur la route de son armée. Dans cette fausse lettre, le capitaine général de l’armée affirmait que
« ses troupes ne s’auancent dans la France que pour auancer vostre bonheur & parce que vous ne l’attendez que de la paix généralle & de l’exil de Mazarin, qui voudroit encor fomenter la guerre dans la Chrestienté pour continuer ses brigandes71 ».
38 Les pamphlets ne se contentèrent pas de reproduire des textes attribués au gouverneur général des Pays-Bas méridionaux. L’un d’eux contient une lettre – manifestement fausse – de Philippe IV adressée au peuple de Paris. Le monarque espagnol s’y présente comme un ami de la paix et s’engage à soutenir le Parlement avec ses troupes si nécessaire. Face à lui, Mazarin est décrit comme un « pernicieux ministre » à l’origine du conflit entre les couronnes et responsable du désordre général72 :
Il est – souligne le Roi Catholique – le seul fauteur qui a désvny nos couronnes & semé du trouble dans nos Estats, n’ayant eu que de sentimens de guerre & nous ayant empesché plusieurs fois de nos réconcilier par vne bonne pacification auec le Roy Très Chrestien, duquel il est ennemy pour auoir ruiné son Estat et déserté ses prouinces, lesquelles ne peuuent estre remises que par vne solide concorde73.
39Philippe IV affirme même que Mazarin pourrait être jugé comme étant son vassal et conformément aux lois espagnoles, mais préfère confier son châtiment au Parlement, auquel il assure avoir envoyé le procès criminel74. De cette manière, le texte s’appuie sur l’arrêt du 8 janvier, par lequel la cour souveraine avait déclaré le cardinal perturbateur de la paix publique et ennemi de l’État75. L’intervention hispanique apparaît ainsi comme un geste de soutien à la justice parlementaire, tandis que Mazarin se trouve réduit à l’incarnation de la discorde et de la tyrannie.
40Cet imprimé est représentatif d’un autre procédé fréquent dans les mazarinades pro-espagnoles qui font de la critique de Mazarin le thème principal de leur argumentation. En effet, durant le blocus de Paris, le ministre italien devint la cible privilégiée des libelles frondeurs76. Face à lui – qu’on accusait de trahir les intérêts du royaume, de prolonger la guerre et d’entraver délibérément la paix –, la monarchie hispanique apparaissait comme une puissance légitime, victime de ses intrigues et désireuse de rétablir la concorde avec la France77. Dans six des huit imprimés recensés, centrés sur la dénonciation du cardinal, cette stratégie s’articulait au moyen d’une Espagne personnifiée, qui prenait la parole78, ou à travers des figures étroitement liées à elle, comme un gentilhomme espagnol écrivant depuis Madrid79, l’amiral de Castille80 et plus encore le monarque lui-même81.
41 Enfin, certains de ces libelles firent appel à l’impact provoqué par l’exécution de Charles Ier d’Angleterre, connue à Paris le 19 février 1649, le même jour où Arnolfini fut reçu au Parlement. La mobilisation de ce thème n’est pas étonnante car la nouvelle causa une grande émotion dans la ville et suscita la publication de nombreux pamphlets appelant à une intervention militaire contre les Anglais régicides82. S’agissant des imprimés à thème espagnol, cinq d’entre eux mentionnent expressément la nécessité d’obtenir la paix générale entre l’Espagne et la France comme condition préalable à l’établissement d’une alliance destinée à venger la mort du monarque anglais83. Parmi ces cinq pamphlets, cette idée est particulièrement développée dans la Révélation d’un bon hermite et elle est l’axe central des Advertissements aux roys et aux princes où les puissances catholiques sont exhortées à s’unir face au crime commis en Angleterre84.
L’ennemi espagnol selon les mazarinades
42Théophraste Renaudot, rédacteur de la Gazette, accompagna la Cour dans sa fuite à Saint-Germain. Entre janvier et mars 1649, il publia une trentaine de pièces de propagande gouvernementale ou mazariniste85 dont deux peuvent être rattachées au groupe des mazarinades à thème espagnol : la lettre du roi au prévôt des marchands, échevins et bourgeois de Paris, datée du 1er février, et celle adressée aux gouverneurs des provinces le 26 du même mois, accompagnée de la réponse que la reine avait donnée la veille aux députés de la cour souveraine, après avoir été informée de la réception de l’envoyé de l’archiduc86. Ces deux imprimés officiels poursuivaient un même objectif : discréditer le Parlement et ses alliés en les présentant comme complices de l’ennemi extérieur par excellence, la monarchie hispanique.
43Après le départ de la cour de la capitale dans la nuit du 5 au 6 janvier, Renaudot fit d’abord circuler les Lettres et déclaration dv roy, svr le sviet de sa sortie de Paris87. Parmi les motifs allégués pour justifier le départ du monarque, ces lettres affirmaient que l’institution parlementaire entretenait des « intelligences » avec les ennemis de l’État, sans plus de précisions ni de preuves concrètes88. Cet imprimé anticipait une accusation appelée à être développée plus largement dans la lettre royale du 1er février, qui évoquait l’expérience de la Ligue comme avertissement de ce que pourrait représenter une collaboration avec la monarchie hispanique89. À ce moment-là, toutefois, les contacts des frondeurs avec la cour de Bruxelles restaient encore très limités, de sorte que la dénonciation demeurait pratiquement sans fondement. La situation changea après l’audience que le Parlement donna à Arnolfini, « un envoyé de la part des ennemis de l’Estat90 », qui offrit à Mazarin un fait concret permettant de donner une certaine vraisemblance à cette imputation. De fait, l’épisode fut exploité par la propagande officielle dans un nouvel imprimé qui réunissait la réponse de la reine aux députés et la lettre royale sur le même sujet. On chercha également à mettre en évidence le double jeu de la monarchie hispanique, en mentionnant que l’on avait montré aux parlementaires des lettres originales de Peñaranda à Mazarin, datées du 12 février91. Dans ces deux pamphlets, publiés ce même mois, on insistait en outre sur ce qui était, selon la Cour, la véritable intention des Espagnols : profiter des troubles en France sur le plan militaire92.
44Ces idées – la méfiance à l’égard de l’ennemi traditionnel du royaume et le soupçon de tractations avec lui – ne furent pas l’apanage de la propagande officielle. Elles se retrouvent également dans de nombreuses pièces frondeuses qui, inversant les rôles, accusent le cardinal de servir la monarchie hispanique. Le fait que des discours de camps opposés empruntent les mêmes arguments reflète le profond sentiment anti-espagnol qui prédominait en France : l’Espagne constituait alors l’adversaire par excellence et le soupçon de collusion avec l’ennemi extérieur permettait de dénoncer la supposée déloyauté des rivaux de l’intérieur93.
45 Sur les vingt-quatre mazarinades anti-espagnoles recensées, qui ont été publiées au moment du blocus de Paris, vingt-deux appartiennent au camp frondeur. Parmi elles, quatre se rapportent directement à l’intervention hispanique en faveur des rebelles94 ; les dix-huit autres, cependant, bien qu’elles ne l’évoquent pas, ont également pu servir à contrecarrer les imprimés pro-espagnols qui la défendaient95. Ces quatre pamphlets émanaient du camp parlementaire qui, à la différence de la noblesse, se montrait en général plus réticent, voire hostile, à négocier avec la monarchie hispanique. Leur objectif était de discréditer les prétendues bonnes intentions de celle-ci, diffusées par les mazarinades pro-espagnoles, selon lesquelles l’Espagne désirait la paix générale et entendait mettre ses troupes au service du Parlement pour le bien de la France. Leurs auteurs mettaient donc en doute la sincérité de telles propositions et avertissaient des risques qu’impliquait leur acceptation. Ils recouraient toutefois à des registres différents : tandis que trois d’entre eux adoptaient une critique mordante, la Réponse véritable de Mademoiselle à la lettre svpposée de l’archidvc Léopold empruntait, quant à elle, un ton plus diplomatique. Le texte prenait la forme d’une réponse fictive de la duchesse de Montpensier déclinant courtoisement la proposition espagnole et mettant en doute, dans le même temps, la crédibilité de la lettre de l’archiduc, faute de date et des formalités propres à un échange entre princes96.
46Dans l’Ode svr dom Ioseph de Illescas, pretendv envoyé de l’archidvc Léopold rédigée par Georges de Scudéry (1601-1667)97, la proposition espagnole était tournée en dérision et Arnolfini accusé d’être « fils d’un ligueur » et, par conséquent, un « François espagnolisé »98. On assistait ainsi, dans le contexte de la Fronde, à une réactivation du discours anti-espagnol élaboré pendant la Ligue, dont le pamphlet le plus célèbre fut la Satyre Ménippée, publiée en 1594 afin de discréditer et de ridiculiser les ligueurs « espagnolisés », à laquelle l’Ode mentionnée semble faire écho. Plus encore, cette Satyre, qui avait déjà connu de nombreuses rééditions, fut de nouveau publiée en 1649, peut-être même durant le blocus99. La même utilisation de motifs et de références ligueuses se retrouve dans deux autres mazarinades anti-espagnoles imprimées cette année-là : Maximes fondamentalles tovchant le govvernement & les pernicieux desseins des Espagnols100 et Le Pater des iésvites101. Néanmoins, bien qu’il soit probable que toutes deux aient circulé durant le siège de Paris, puisqu’elles semblent répondre à la conjoncture politique du moment, marquée par les négociations avec Bruxelles, elles n’ont pas été incluses dans l’ensemble analysé faute de pouvoir déterminer avec précision leur date de publication.
47Le véritable dessein de la monarchie catholique se dévoilait clairement dans Les novvelles métamorphoses de l’Espagnol :
Mais enfin, ne deuient-il [l’Espagnol] le rusé et cauteleux regnard, lorsqu’il offre ses troupes à nos dits seigneurs du Parlement pour leur conseruation & leur déffense, estimant par ce moyen entretenoir nos troubles vn plus long espace de temps ? & véritablement ne pouuant auoir la paix, il est à présumer qu’il est fort aise de nostre guerre intestine, laquelle il s’efforcera toujours de fomenter autant qu’il pourra […] Voilà le vray but où tend cet offre qu’il fait si finement102.
48 Par ailleurs, parmi les mazarinades frondeuses hostiles à la monarchie hispanique mais sans lien avec son intervention dans le conflit, il faut relever six textes écrits en défense de Philippe de La Mothe-Houdancourt, qui cherchent à exalter sa figure et à répondre aux accusations portées contre son gouvernement comme vice-roi de Catalogne entre 1642 et 1644103. Ce corpus présente l’Espagne comme l’ennemi face auquel La Mothe démontra sa valeur militaire et politique, tant en Italie qu’en Catalogne. Parmi ces textes, se distingue le cinquième Factum, publié d’abord sous le titre Défenses de messire Philippes de la Mothe-Hovdancovrt, qui est le plus étroitement lié au contexte du blocus de Paris104. Contrairement aux accusations formulées contre La Mothe-Houdancourt, l’auteur attribue à Mazarin la responsabilité des échecs militaires en Catalogne, en raison de sa politique délibérément favorable à l’Espagne, et affirme que « ce que ce puissant monarque [Philippe IV] n’auoit peu rencontrer dans la vaste estendue de ses Estats, il le trouua au cardinal Mazarin, son subiet105 ».
49Cet imprimé dépeint sans ambages le premier ministre comme complice, voire comme agent, de la monarchie hispanique, accusation récurrente dans de nombreux pamphlets frondeurs – au-delà de ceux à thème espagnol – qui cherchent à dénigrer le cardinal106. Ces accusations n’ont d’ailleurs rien d’étonnant si l’on considère que le Parlement lui-même la formula dans sa Très-humble remontrance du 21 janvier, adressée au roi et à la reine107. Cette protestation officielle, rédigée par le président Le Coigneux, fut envoyée à la cour et fut mise sous presse à l’initiative du Parlement108. L’imputation se retrouve encore dans deux des écrits analysés plus haut, liés à l’intervention hispanique, bien qu’on y soutienne que l’alliance était déjà rompue, l’Espagne ayant abandonné Mazarin par crainte que les troubles en France ne se retournassent contre elle109.
50 Toutefois, c’est dans les mazarinades centrées sur la dénonciation du ministre italien que cet argument trouve son développement le plus systématique. L’ensemble réunit dix ouvrages, dont beaucoup furent publiés au cours des mois de janvier et de février, avant que l’intervention espagnole ne s’impose au cœur du débat après la réception de l’envoyé de l’archiduc Léopold au Parlement110. Dans la plupart de ces textes, Mazarin est présenté comme serviteur de l’Espagne ; deux seulement ne l’affirment pas explicitement mais soutiennent néanmoins que ses politiques et ses décisions favorisaient les intérêts de l’Espagne et nuisaient à la France111. Ainsi, la diabolisation du cardinal devint l’axe central d’une partie significative des pamphlets à thème espagnol qui, paradoxalement, pouvait le mobiliser de deux manières opposées : les uns – pro-espagnols – pour mettre la monarchie hispanique sous un jour favorable ; les autres, pour la discréditer.
51 On recense en effet huit libelles qui représentent Mazarin comme l’instrument du Roi Catholique. Parmi eux figurent notamment deux prétendues lettres – manifestement apocryphes – que le ministre aurait adressées en janvier 1649 au comte de Peñaranda et à l’archiduc Léopold112. L’un des imprimés les plus remarquables était le Factvm servant av procéz criminel publié en février et considéré comme l’un des meilleurs pamphlets frondeurs. Son importance apparaît clairement dans le fait que Paul Hay du Chastelet lui-même, polémiste et défenseur de Mazarin, sous le pseudonyme de Mascurat, lui consacra en 1650 une réfutation systématique113.
52 La thèse du pamphlet est présentée dès le début du texte : le premier ministre entretiendrait une relation d’entente et de collaboration avec la monarchie hispanique, agissant dans l’intérêt de celle-ci et au détriment de la France. Les reproches qu’il rassemble concordent avec ceux que l’on retrouve dans d’autres mazarinades, mais ils y sont développés avec plus d’ampleur. Le cardinal est rendu responsable des échecs militaires français des dernières années et l’on soutient que son action contre le Parlement et la ville de Paris répond également à son dessein de favoriser la monarchie de Philippe IV. De plus, afin de renforcer l’accusation, le texte recourt à l’argument xénophobe de l’origine sicilienne du cardinal – comme d’autres pamphlets –, ce qui faisait de lui un sujet naturel du Roi Catholique. Le cardinal est ainsi qualifié « d’estranger italien espagnolisé, ennemy capital du nom françois114 » et le texte s’achève en avertissant que Mazarin projetait de « se réfugier & sauuer en Espagne pour estre récompensé de ses seruices & de cet incendie » de la guerre civile qui dévastait alors la France115.
53Pour finir, il convient de souligner que certains imprimés frondeurs se nourrirent également des rumeurs qui circulaient à Paris au sujet des négociations qu’entretenaient alors Mazarin et le comte de Peñaranda. Deux pamphlets anti-mazarins mentionnent ainsi le voyage de Friquet à Saint-Germain, bien que les auteurs évoquent par erreur deux déplacements au lieu d’un seul – peut-être intentionnellement. À la différence des libelles pro-espagnols qui soutenaient que la monarchie catholique avait rejeté les offres du cardinal, ces deux pamphlets insistaient sur le fait que ces négociations démontraient la complicité commune de Mazarin et de l’Espagne116. Quant à l’ouvrage intitulé Le conseil de Saint-Germain-en-Laye svr les affaires de Paris, il adopte la forme d’un dialogue fictif entre des figures de haut rang réunies à la cour : le duc d’Orléans, le prince de Condé, le cardinal Mazarin, le chancelier Séguier et le duc de La Meilleraye. Dans la conversation, ils délibèrent sur la stratégie à suivre face au conflit avec Paris et envisagent différentes solutions : ramener le roi, agir par leurs propres moyens ou recourir à une aide étrangère. Mazarin se montre un fervent partisan du secours étranger et propose d’appeler l’archiduc Léopold et le duc de Lorraine, exilé en Flandre et au service de la monarchie hispanique117. La position qui finit par s’imposer est cependant celle d’agir uniquement avec des ressources internes, puisque, comme le souligne Louis II de Bourbon-Condé, « ceux que monsieur le cardinal nomme sont des ennemis, quelque masque d’amis qu’ils peussent porter118 ».
Conclusion
54 Peu après que le Parlement eut enregistré l’accord conclu à Saint-Germain, circula dans Paris une prétendue déclaration de l’archiduc Léopold-Guillaume, datée de Cambrai, le 10 avril 1649. On y affirmait que son seul objectif, en entrant avec ses troupes en France, avait été « la réunion & pacification honneste, sincère & asseurée des deux couronnes pour le soulagement des subiets de l’vne & l’autre119 ». Dans le même temps, l’archiduc justifiait son départ, l’ordre ayant été rétabli dans la capitale, en soulignant que son altesse « se seroit retirée auec le mesme ordre qu’elle estoit venue, sans laisser, ni à l’entrée ni à la sortie, aucunes marques d’hostilité, mais celles seulement de la générosité & grandeur de sa majesté [Philippe IV]120 ».
55Il s’agissait toutefois d’un faux manifeste, probablement imprimé à Paris à des fins de propagande. Il permettait à la noblesse, une fois la paix intérieure rétablie, de légitimer ses tractations avec la monarchie de Philippe IV en présentant l’intervention espagnole comme pacifique, juste et généreuse. Bien que ce texte ne doive pas être compté parmi les pamphlets à thème espagnol publiés durant le blocus de Paris, il fit en grande partie office d’épilogue à cette querelle pamphlétaire quant à l’implication hispanique : il clôturait cet épisode et, en même temps, laissait la porte ouverte à la possibilité de nouvelles ingérences de la monarchie catholique dans la politique française, à nouveau réclamées par la noblesse. Et, de fait, l’Espagne interviendra de nouveau en 1650, lors de la Fronde des Princes, puis entre 1651 et 1653, durant la Fronde de Condé121, conflits au cours desquels circuleront encore des pamphlets tant favorables qu’hostiles à son action.
56 Quoi qu’il en soit, dès 1649, les imprimés à thème espagnol publiés durant le siège de Paris projetèrent sur la monarchie hispanique des images diverses et contradictoires au gré des objectifs politiques que leurs auteurs poursuivaient. Depuis la dénonciation de Mazarin en tant qu’agent de l’Espagne jusqu’à l’interprétation contradictoire des motivations de son intervention militaire, ces textes donnent à voir les différents visages de l’Espagnol au sein du public français dans les premiers mois de 1649.
1 Ce travail a été réalisé dans le cadre du projet POLEMHIS2. Espacios mediáticos, mercado de la opinión y formas de negociación en los conflictos de la Monarquía Hispánica (1559-1725) (ref. PID2024-156705NB-100), financé par le MICIU/AEI/10.13039/501100011033 (Gouvernement d’Espagne) et FEDER/EU.
2 L’estat de la marche et le liev ov est à présent l’armée de l’archidvc Léopold, commandée par le marquis de Noirmonstier & le comte de Fuensaldaigne, auec ce qui s’y est passé de mémorable, Paris, veuve d’Antoine Coulon, 1649, p. 4 [Moreau, 1290]. Dans les mazarinades, l’orthographe originale a été respectée ; seuls la ponctuation, l’accentuation ainsi que l’usage des majuscules et des minuscules ont été actualisés afin d’en faciliter la lecture. Par ailleurs, le numéro indiqué entre crochets correspond à la numérotation établie par Célestin Moreau, Bibliographie des mazarinades, Paris, Jules Renouard, 1850-1851, 3 tomes.
3 Hubert Carrier, Le labyrinthe de l’État. Essai sur le débat politique en France au temps de la Fronde (1648-1653), Paris, Honoré Champion, 2004, p. 364-365, ne s’est guère intéressé à la présence de la monarchie hispanique dans les mazarinades. D’autres auteurs lui ont accordé une attention majeure : Sophie Vergnes, « D’une guerre l’autre : les interactions entre guerre civile et guerre étrangère pendant la Fronde (1648-1653) », dans Emmanuel Dupraz, Claire Gheeraert-Graffeuille (dir.), La guerre civile : représentations, idéalisations, identifications, Mont-Saint-Aignan, Presses Universitaires de Rouen et du Havre, 2014, p. 83-98 ; Manuel Borrego, « España en las mazarinadas », dans Jorge García López, Sònia Boadas (éd.), Las relaciones de sucesos en los cambios políticos y sociales de la Europa Moderna, Bellaterra, Universitat Autònoma de Barcelona, 2015, p. 177-193 ; Sara Cossette-Blais, L’Autre comme instrument de propagande. Les représentations des Espagnols en France durant la Fronde (1648-1653), mémoire de maîtrise en histoire, Université Laval (Québec), 2018 ; Lourdes Amigo Vázquez, « Desestabilizar al adversario. El papel de la Monarquía Hispánica en los primeros episodios de la Fronda bordelesa (1649-1650) », Cuadernos de Historia Moderna, vol. 48, nº 1, 2023, p. 175-199 ; Stéphane Haffemayer, « Les mazarinades et le conflit franco-espagnol : une “guerre en regnard” (1648-1659) », dans Beatriz Álvarez García, Lourdes Amigo Vázquez, Bertrand Haan (éd.), La dimensión mediática de los conflictos hispanofranceses (1559-1660), Madrid, Casa de Velázquez (sous presse).
4 Voir Patrick Rebollar, La fortune des mazarinades : de la numérisation d’une collection à l’exploitation scientifique d’un corpus multimédia en ligne, thèse de doctorat en littérature, Université de la Sorbonne nouvelle-Paris III, 2023, p. 556, HAL Open Science. https://theses.hal.science/tel-04496636. Sur le site de RIM (www.mazarinades.org), la recherche des termes « Espagne », « Espaigne » et « Espagnol » donne un total de 3 161 occurrences dans les 2 709 textes recensés.
5 Leur identification n’est pas toujours aisée, puisque toutes les mazarinades à thème espagnol ne se reconnaissent pas à leur titre et il est alors nécessaire d’en analyser le contenu. Leur nombre est d’ores et déjà nettement supérieur à celui des œuvres recensées par Manuel Borrego, qui a identifié, à partir de la consultation du catalogue de Célestin Moreau, un peu plus de quatre-vingts mazarinades à thème espagnol, qu’il définit comme celles qui traitent de l’Espagne ou de personnages espagnols (« España en las mazarinadas », op. cit.).
6 Hubert Carrier, La presse de la Fronde (1648-1653), vol. I, La conquête de l’opinion, Genève, Librairie Droz, 1989, p. 71. Le répertoire des mazarinades est actuellement estimé entre 5 500 et 6 000 éditions ou impressions, voir Stéphane Haffemayer, Patrick Rebollar et Yann Sordet, « Introduction », dans Mazarinades, nouvelles approches, volume dirigé par Stéphane Haffemayer, Patrick Rebollar et Yann Sordet, Histoire et civilisation du livre, vol. 12, 2016, p. 8-12.
7 Pour leur localisation, l’ouvrage de Célestin Moreau, Bibliographie des mazarinades, op. cit., a été fondamental, de même que les sites https://www.mazarinades.org (équipe du RIM) et https://antonomaz.huma-num.fr (projet Antonomaz), qui permettent de consulter le contenu et d’effectuer des recherches dans 2 709 et 3 132 textes respectivement.
8 Elles s’identifient principalement par leur contenu puisqu’elles comportent des références au blocus de la capitale.
9 La vie, moevrs et généalogie de Ivles Mazarin, cardinal, ov se voient les banqverovtes de son père, les trahisons par luy faites tant aux Saincts-Pères, au roy d’Espagne, qu’à l’empereur et à présent les troubles en France…, s. l., s. n., 1649 [Moreau, 4027].
10 Comme on pourra le constater, ces imprimés participent de la diversité typologique propre à l’ensemble des mazarinades. Parmi eux, figurent de nombreuses œuvres dans lesquelles prédomine un ton fortement polémique, caractéristique du pamphlet, mais aussi des imprimés à caractère institutionnel, liés à la cour et au Parlement, ou encore des pièces prenant la forme de bulletins d’information, voire de publications périodiques (les « mazarinades périodiques »). Néanmoins, il faut tenir compte du fait que les mazarinades sont désignées de manière générale comme des pamphlets ou des libelles, moins en raison de leurs caractéristiques formelles ou de leur contenu que de leur inscription dans la conjoncture politique de la Fronde et de leur fonction dans le débat public.
11 Hubert Carrier, La presse de la Fronde, op. cit., vol. I, p. 55.
12 Il est possible que certains des 32 autres libelles recensés, hostiles à la monarchie hispanique et publiés en 1649, correspondent également aux mois du siège de Paris, mais ils n’ont pas été inclus faute de pouvoir en confirmer la chronologie avec exactitude. Il convient également d’ajouter qu’en dehors des pamphlets à thème espagnol, de nombreux textes comportant des références à l’Espagne circulèrent durant le blocus, le plus souvent formulées sur un ton négatif.
13 Factvm servant av procéz criminel fait av cardinal Mazarin, touchant ses intelligences auec les estrangers ennemis de l’Estat, Paris, veuve J. Guillemot, 1649, p. 1 [Moreau, 1368].
14 Lettre de l’archidvc Léopold, envoyée à Madamoiselle povr traitter la paix, Paris, Nicolas Jacquard, 1649 [Moreau, 1929] ; une autre édition fut imprimée à Paris par J. Dedin.
15 Très-humble remonstrance du Parlement av roy, et à la reyne regente, Rouen, les imprimeurs de la Cour, 1649. Cette édition contient une prétendue lettre envoyée par l’archiduc Léopold au Parlement (10 février 1649), la proposition présentée en son nom par son envoyé devant la compagnie (19 février), ainsi que la lettre du roi adressée aux gouverneurs de province après avoir été informé de la réception de l’émissaire de l’archiduc au Parlement (25 février). Sur cette publication, voir La presse de la Fronde, op. cit., vol. I, p. 463-464 ; vol. II, Les hommes du livre, Genève, Librairie Droz, 1991, p. 266.
16 Hubert Carrier, La presse de la Fronde, op. cit., vol. II, p. 264-268.
17 Ibid., p. 268-269.
18 Recvueil de diverses pièces curievses de ce temps, s. l., s. n., 1649 ; Second recveil des pièces cvrievses de ce temps, Rouen, les imprimeurs de la Cour, 1649 ; Troisième recveil des pièces cvrievses de ce temps, Rouen, Jean Berthelin, 1649 ; Qvatrième recveil des pièces cvrievses de ce temps, Rouen, Jean Berthelin, 1649 [Moreau, 2851 y 3035]. Sur ces recueils, voir Hubert Carrier, La presse de la Fronde, op. cit., vol. I, p. 464 ; vol. II, p. 269, et Myriam Tsimbidy, « Les enjeux agoniques des représentations du territoire dans le Recueil de diverses pièces curieuses de ce temps (1649) », Mazarinades et territoires, volume dirigé par Stéphane Haffemayer et Patrick Rebollar, Revue du GRHis, no 1, 2025. https://publis-shs.univ-rouen.fr/grhis/120.html.
19 Svitte et sixième arrivée dv Covrier françois…, Paris, Rolin de La Haye, 1649, p. 6 [Moreau, 830]. À propos de cette mazarinade périodique, publiée pendant le blocus de Paris, voir Hubert Carrier, La presse de la Fronde, op. cit., vol. II, p. 272-274 ; Jean-Dominique Mellot, Pierre Drouhin, « Les mazarinades périodiques : floraison sans lendemain ou tournant dans l’histoire de la presse française », dans Mazarinades, nouvelles approches, volume dirigé par Stéphane Haffemayer, Patrick Rebollar et Yann Sordet, Histoire et civilisation du livre, vol. 12, 2016, p. 144.
20 L’intervention hispanique dans la Fronde, y compris la Fronde parlementaire, a fait l’objet d’une analyse dans mon travail : Lourdes Amigo Vázquez, « Un nuevo escenario de la guerra con Francia. La intervención española en la Fronda (1648‑1653) », Studia Historica. Historia Moderna, vol. 41, no 1, 2019, p. 153-188, auquel je renvoie. En conséquence, seules seront mentionnées les sources des informations inédites. Pour ce qui concerne le déroulement du blocus de Paris, voir Michel Pernot, La Fronde (1648-1653) [1994], Paris, Éditions Tallandier, 2012, p. 99-141.
21 René Vermeir, « Un austriaco en Flandes. El archiduque Leopoldo Guillermo, Gobernador General de los Países Bajos meridionales (1647-1656) », dans José Martínez Millán, Rubén González Cueva (dir.), La dinastía de los Austrias : las relaciones entre la Monarquía Católica y el Imperio, Madrid, Polifemo, 2011, tome 1, p. 583-608.
22 Ana María Carabias Torres, « De Münster a los Pirineos : Propuestas de paz del representante español el conde de Peñaranda », dans Francisco José Aranda Pérez (dir.), VII Reunión Científica de la Fundación de Historia Moderna, Cuenca, Ediciones de la Universidad de Castilla-La Mancha, 2004, vol. I, La declinación de la Monarquía Hispánica, p. 297-312.
23 Sur ce personnage, voir Émile Longin, « Jean Friquet (1593-1667) », Annales franc-comtoises, vol. 17 (1905), p. 129-138.
24 Archivo General de Simancas (AGS), Estado, leg. 2071, doc. 90, Peñaranda à Philippe IV, Bruxelles, 2 mars 1649 ; Daniel Séré, La Paix des Pyrénées. Vingt-quatre ans de négociations entre la France et l’Espagne (1635-1659), Paris, Honoré Champion, 2007, p. 168-173.
25 Cette monarchie était composite ou polycentrique, voir Pedro Cardim, Tamar Herzog, José Javier Ruiz Ibáñez, Gaetano Sabatini (éd.), Polycentric Monarchies. How did Early Modern Spain and Portugal achieve and maintain a global hegemony?, Eastbourne, Sussex Academic Press, 2012. En conséquence, pendant la Fronde parlementaire, les autorités des Pays-Bas espagnols jouirent d’un important degré d’autonomie dans leurs décisions et leurs actions, autonomie renforcée par l’éloignement entre Madrid et Bruxelles. Sur le fonctionnement des relations entre les deux cours à une période antérieure, voir Alicia Esteban Estríngana, Madrid y Bruselas. Relaciones de gobierno en la etapa postarchiducal (1621-1634), Louvain, Leuven University Press, 2005.
26 Cardinal de Retz, Mémoires (éd. de Simone Bertière), Paris, Le Livre de Poche, 2010, p. 348-553. Bien que Gondi, alors encore évêque coadjuteur de Paris, eût siégé au Parlement à partir de janvier 1649 et qu’il ait cherché à se présenter comme l’interlocuteur entre cette institution, la noblesse et le peuple de Paris, il appartenait en réalité à la plus haute noblesse et tendit à agir politiquement à ses côtés pendant la Fronde parlementaire (Michel Pernot, « Le rôle politique du cardinal de Retz pendant la Fronde », xviie siècle, vol. 192 (1996), p. 623-632). Les liens avec l’Espagne de Frédéric-Maurice de La Tour d’Auvergne, duc de Bouillon et prince de Sedan, remontaient au temps des conspirations du duc de Soissons et du marquis de Cinq-Mars (Jean-Marie Constant, Les conjurateurs : le premier libéralisme politique sous Richelieu, Paris, Hachette, 1987).
27 Cardinal de Retz, Mémoires, op. cit., p. 428 et suiv., insiste sur ces faits.
28 Sophie Vergnes, « D’une guerre l’autre », op. cit., p. 89, 96.
29 Sur le « devoir de révolte » de la noblesse française, qui n’hésitait pas à recourir à l’alliance avec la monarchie hispanique, en raison de sa puissance et de sa rivalité avec la Couronne de France, voir Arlette Jouanna, Le devoir de révolte. La noblesse française et la gestation de l’État moderne, 1559-1661, Paris, Fayard, 1989. Sur les guerres de religion françaises et la participation espagnole au soutien de la Ligue catholique, voir Nicolas Le Roux, Les guerres de religion : 1559-1629, Paris, Belin, 2009 ; Valentín Vázquez de Prada, Felipe II y Francia (1559-1598). Política, religión y razón de Estado, Pampelune, Ediciones Universidad de Navarra, 2004 ; José Javier Ruiz Ibáñez, Laberintos de hegemonía. La presencia militar de la Monarquía Hispánica en Francia a finales del siglo XVI, Valladolid, Universidad de Valladolid, 2012, et Hispanofilia. Los tiempos de la hegemonía española, Madrid, Fondo de Cultura Económica, vol. I, p. 325 et suiv. Pour la période immédiatement antérieure à la Fronde, on peut citer, comme exemples du recours au soutien hispanique dans des contextes de conflit interne, les exils à Bruxelles de Marie de Médicis (1631-1638) et de Gaston d’Orléans (1632-1634), ainsi que les conspirations du duc de Soissons (1641) et du marquis de Cinq-Mars (1642) ; voir Jean-Marie Constant, Les conjurateurs, op. cit. ; Yves Junot, Marie Kervin, « Los Países Bajos como tierra de recepción de exiliados », dans José Javier Ruiz Ibáñez, Igor Pérez Tostado (dir.), Los exiliados del rey de España, Madrid, Fondo de Cultura Económica, p. 207-231 ; Sophie Guérinot, L’exil de Marie de Médicis : actions et informations politiques 1631-1642, Paris, Classiques Garnier, 2022 ; Jonathan Spangler, Monsieur. Second sons in the Monarchy of France, 1550-1800, Londres-New York, Routledge, 2021 (en particulier p. 179-184).
30 Sur ce personnage, voir Rafael González Cañal, « José Arnolfini de Illescas », dans Diccionario Biográfico Español, Real Academia de la Historia. https://historia-hispanica.rah.es/biografias/4216-jose-de-arnolfini-de-illescas.
31 Extraicts des registres de Parlement, contenans la harangue faite au roy et à la reyne régente par monsieur Talon […] Ensemble la lettre de l’archiduc Léopold, les propositions de l’enuoyé de sa part et arrestéz sur ce sujet de ladite Cour. Du 19 fébuier 1649, Paris, les imprimeurs et libraires ordinaires du roi, 1649, p. 3, 6-8 [Moreau, 1356].
32 La réception de l’envoyé de l’archiduc au Parlement figure aussi bien dans des mazarinades à thème espagnol que dans d’autres. Parmi ces dernières, outre Svitte et sixième arrivée, op. cit., on peut mentionner : Iovrnal de ce qvi s’est fait ès assemblées dv Parlement depvis le commencement de ianvier M.DC.XLIX…, Paris, Jacques Langlois, 1649, p. 84, 87-89 [Moreau, 1741] ; Relation fidèle de ce qvi s’est passé de plvs remarquable au Parlement, depuis le 10 féburier [sic] 1649 iusques à la fin du mois. Envoyée aux prouinces, Paris, les imprimeurs et libraires ordinaires du roi, 1649, p. 5-7 [Moreau, 3170].
33 Le covrier extraordinaire, apportant les nouvvelles de la reception de messieurs les gens du roy à S. Germain en Laye & de celle du courier d’Espagne au palais…, Paris, Rolin de la Haye, 1649 [Moreau, 827]. Outre cette mazarinade pro-espagnole, on a recensé d’autres textes de ton anti-espagnol : Ode svr dom Ioseph de Illescas, pretendv envoyé de l’archidvc Léopold, s. l., s. n., 1649 [Moreau, 2582] ; Lettre dv roy aux govvernevrs des provinces, sur ce qui s’est passé avec les députéz venus de Paris le 25 février 1649, et les responses faites ausdits députéz, Saint-Germain-en-Laye, s. n., 1649 [Moreau, 2141]. Enfin, on recense plusieurs mazarinades neutres : Extraicts des registres de Parlement, op. cit. ; Lettre escrite par l’archidvc Léopolde à messievrs les presidens & gens tenans la Cour de Parlement de Paris, Paris, Pierre Variquet, 1649 [Moreau, 2222] ; Le covrier estranger, contenant la lettre de creance qve l’archidvc Léopolde a envoyée à messieurs de la Cour du Parlement de Paris…, Paris, Gervais Alliot et Jacques Langlois, 1649 [Moreau, 826] ; Svitte et septiesme arrivée extraordinaire dv Covrier françois, apportant les novvelles des propositions faites pour la paix générale, de la part du roy d’Espagne, Paris, veuve André Musnier, 1649 [Moreau, 1862] ; Véritable harangve faite à messievrs de la Cour de Parlement, par le courier enuoyé de la part de son altesse l’archiduc Léopold, apportant le traité de la paix, entre les couronnes de France & d’Espagne, Paris, Jean Brunet, 1649 [Moreau, 3936].
34 Arrest de la Covr de Parlement, svr l’advis qve monseignevr le prince de Conty a donné de l’entrée de l’archiduc Léopold en France. Du 22 mars 1649, Paris, les imprimeurs et libraires ordinaires du roi, 1649, p. 3 [Moreau, 257].
35 Cardinal de Retz, Mémoires, op. cit., p. 539-540.
36 Response de la reyne av mémoire présenté av Parlement, de la part de monsieur le prince de Conty, touchant l’entrée de l’archiduc Léopold en France, Paris, Nicolas Jacquard, 1649 [Moreau, 3396].
37 Michel Pernot, La Fronde, op. cit., p. 137.
38 Davide Maffi, En defensa del Imperio. Los ejércitos de Felipe IV y la guerra por la hegemonía europea (1635-1659), Madrid, Actas, 2014, p. 113.
39 Voir Hubert Carrier, La presse de la Fronde, op. cit., vol. II, p. 140.
40 Extraicts des registres de Parlement, op. cit. ; Arrest de la Covr de Parlement, op. cit.
41 Lettre escrite par l’archidvc, op. cit. ; Le covrier estranger, op. cit. ; Svitte et septiesme arrivée, op. cit. ; Véritable harangve, op. cit.
42 Svitte et septiesme arrivée, op. cit.
43 Le covrier extraordinaire, op. cit. ; Voir Jean-Dominique Mellot, Pierre Drouhin, « Les mazarinades périodiques », art. cité, p. 136.
44 Response de la reyne, op. cit., p. 3-4.
45 Lettre d’Aristandre à Cléobvle ou Les conjectures politiques sur ce qui se passe à Saint-Germain, Paris, s. n., 1649.
46 Ibid., p. 4.
47 Ibid., p. 11.
48 Advis salvtaire et généreux à tovs les bons François et aux veritables bourgeois de Paris, s. l., s. n., 1649, p. 6 [Moreau, 541].
49 Ibid., p. 7.
50 Il s’agit des suivants : Le covrier extraordinaire, op. cit. ; Le svbiet dv secovrs promis par l’archidvc Léopold à la ville de Paris, Paris, veuve André Musnier, 1649 [Moreau, 3730] ; Les hevrevx présages de la fidélité des Espagnols pour destruire le tyrannie de Mazarin, tiréz du iornal de ce qui s’est passé depuis qu’ils sont en France, Paris, Jacques Quillery, 1649 [Moreau, 1634] ; L’estat de la marche, op. cit. ; Lettre circvlaire et véritable de l’archidvc Léopold, envoyée a tovs les govvernevrs, prevosts et eschevins des villes et bovrgs de France, situéz sur le chemin & la route de son armée, Paris, Claude Morlot, 1649 [Moreau, 1828] ; Manifeste povr Mr. le dvc de Bovillon et messievrs les autres généraux, contre les libelles que le cardinal Mazarin a fait publier contre eux. Avec la déclaration qu’a faite Mr. le marquis de Noirmonstier, touchant les troupes de l’archiduc Léopold qu’il conduit en France, Paris, veuve d’Antoine Coulon, 1649 [Moreau, 2402] ; Lettre de l’archidvc Léopold, op. cit. ; Seconde lettre de l’archidvc Léopold envoyée à Mademoiselle à Sainct Germain en Laye, Paris, Veuve Musnier, 1649 [Moreau, 3612] ; Advertissement povr Mademoiselle à l’archidv Léopold, touchant le party qu’il doit prendre, Paris, s. n., 1649 [Moreau, 459] ; Response de Madamoiselle à l’archidvc Léopold, tovchant le traitté de l’accommodement de la paix, Paris, J. Dedin, 1649 [Moreau, 3397] ; L’vnion et alliance de l’Espagne avec la France, avec les protestations du roy d’Espagne contre Mazarin…, Paris, Pierre Variquet, 1649 [Moreau, 3912] ; La lettre dv roy d’Espagne et celle de l’emperevr envoyées avx parisiens, touchant les motifs de la paix générale, Paris, veuve Jean Remy, 1649 [Moreau, 2146] ; La déclaration dv dvc Charles, faite a nosseignevrs de Parlement et avx bovrgeois de Paris, en favevr de la France, Paris, veuve Jean Remy, 1649 [Moreau, 897] ; 21. Novvelles apportées av roy Lovis XIII dans les Champs Elisées, et son entretien auec les héros et les principaux seigneurs de sa cour, touchant la funeste guerre que Mazarin a allumée dans la France…, Paris, Guillaume Loyson, 1649 [Moreau, 2555] ; Lettre cvrievse svr ce qvi s’est passé de plus remarquable à Paris depuis le iour des Roys, iusques à la fin de la première conférence ; avec vn petit discours de la vie & de la mort de monsieur le comte de Soissons, Paris, s. n., 1649 [Moreau, 1835] ; 23. Advis salvtaire et généreux, op. cit. ; Démocrite et Héraclite, riant et plevrant sur le temps qui court ; dialogue satyrique, Paris, s. n., 1649 [Moreau, 999].
51 Il s’agit des suivants : Lettre escrite de Madrid par vn gentilhomme espagnol à vn sien amy, par la qvelle il luy descouure vne partie des intrigues de cardinal Mazarin…, Paris, veuve J. Guillemot, 1649 [Moreau, 2218] ; Le procéz criminel dv cardinal Mazarin envoyé d’Espagne. Avec la denonciaton de l’empereur, Paris, Pierre Variquet, 1649 [Moreau, 2885] (son contenu est étroitement lié à La lettre dv roy d’Espagne, op. cit.) ; Le tableav des tyrans favoris et de la description des maluersations qu’ils commettent dans les Estats qu’ils gouuernent, envoyé par l’Espagne à la France, Paris, François Noël, 1649 [Moreau, 3746] ; Révélation d’vn bon hermite sur la prochaine paix générale & deliurance de Paris, Paris, Claude Baudeville, 1649 [Moreau, 3539] ; Advertissemens avx roys et avx princes povr le traicté de la paix et le suiet de la mort du roy de la Grande Bretagne, Paris, veuve A. Musnier, 1649 [Moreau, 453] ; Lamentable description des royavmes démolis et des villes perdvues, par la malice des ministres d’Estat, envoyée à la reyne regente par l’admirante de Castille, pour luy seruir d’aduertissement, Paris, Claude Morlot, 1649 [Moreau, 1798].
52 Les titres concernés sont les suivants : Révélation d’vn bon hermite, op. cit. ; Advertissemens avx roys, op. cit. ; Lamentable description, op. cit.
53 Révelation d’vn bon hermite, op. cit., p. 4.
54 La vie, moevrs et généalogie, op. cit. Cette mazarinade, publiée sous ses deux titres, fut l’une de celles qui connurent le plus grand nombre d’éditions, au moins huit. Voir Hubert Carrier, La presse de la Fronde, op. cit, vol. I, p. 473, n. 475 ; vol. II, p. 266, n. 130 et p. 307.
55 Advis d’Estat à la reyne, sur le gouuernement de sa régence, s. l., s. n., 1649 [Moreau, 498]. Daté à la fin du texte du 1er février 1649.
56 Voir Hubert Carrier, « Port-Royal et la Fronde : deux mazarinades inconnues d’Arnauld d’Andilly », Revue d’histoire littéraire de la France, janvier-février 1975, p. 3-29.
57 La proposition d’Arnolfini est reprise, au moins, dans deux mazarinades pro-espagnoles : Novvelles apportées av roy Lovis XIII, op. cit., p. 15-17 ; Le covrier extraordinaire, op. cit., p. 6-7. Dans cette dernière figure également une prétendue lettre de l’archiduc au Parlement, datée du 10 février, qui est apocryphe.
58 Il en est fait mention dans la réponse du roi aux députés du Parlement, après qu’il eut été informé de la réception de l’envoyé de l’archiduc (Lettre dv roy, op. cit., p. 22).
59 Cardinal de Retz, Mémoires, op. cit., p. 428-429.
60 Michel Pernot, La Fronde, op. cit., p. 92, 94, 225-226.
61 Les hevrevx présages, op. cit., p. 4.
62 Voir, entre autres, Hélène Duccini, Faire voire, faire croire : l’opinion publique sous Louis XIII, Seyssel, Champ Vallon, 2003 ; Alain Hugon, Au service du Roi Catholique. « Honorables ambassadeurs » et « divins espions ». Représentation diplomatique et service secret dans les relations hispano-françaises de 1598 à 1635, Madrid, Casa de Velázquez, 2004, p. 53-114, https://books.openedition.org/cvz/2980, sur la francophobie et l’hispanophobie ; Yann Rodier, « Ressentiment national et xénophobie d’État contre l’Espagnol. Les images de guerre dans la France cardinale (1625-1659) », dans Pascal Bastien, Benjamin Deruelle, Lyse Roy (dir.), Émotions en bataille, xvie-xviiie siècle. Sentiments, sensibilités et communautés d’émotions de la première modernité, Paris, Hermann, 2021, p. 227-242.
63 Le svbiet dv secovrs, op. cit. ; Lettre cvrievse, op. cit. ; Démocrite et Héraclite, op. cit.
64 Le svbiet dv secovrs, op. cit., p. 5-7.
65 Lettre cvrievse, op. cit., p. 21-25.
66 Démocrite et Héraclite, op. cit., p. 8.
67 Lettre de l’archidvc Léopold, op. cit. ; Seconde lettre de l’archidvc Léopold, op. cit.
68 L’Advertissement pour Mademoiselle, op. cit., et la Response de Mademoiselle, op. cit., présentent un caractère pro-espagnol. La mazarinade qui adopte un ton anti-espagnol est la Réponse véritable de Mademoiselle à la lettre supposée de l’archiduc Léopold, Paris, Guillaume Sassier, 1649 [Moreau, 3453]. Sur ce sujet, voir l’article de Carrie Klaus dans ce même numéro.
69 Christian Bouyer, La Grande Mademoiselle [1986], Paris, Flammarion, 2004, p. 147 et suiv. ; Sophie Vergnes, Les Frondeuses. Une révolte au féminin (1643-1667), Seyssel, Champ Vallon, 2013, p. 486-487.
70 Célestin Moreau, Bibliographie des mazarinades, op. cit., t. III, p. 308, situe sa publication après la réception de l’envoyé de l’archiduc Léopold au Parlement.
71 Lettre circvlaire et véritable, op. cit., p. 3-4.
72 La lettre dv roy d’Espagne, op. cit., p. 3.
73 Ibid., p. 4.
74 L’envoi d’Espagne du procès criminel instruit contre le ministre constitue l’argument d’une autre mazarinade, Le procéz criminel, op. cit.
75 Michel Pernot, La Fronde, op. cit., p. 101.
76 Hubert Carrier, La presse de la Fronde, op. cit., vol. I, p. 224.
77 Il s’agit des mazarinades suivantes : L’vnion et alliance de l’Espagne, op. cit ; La lettre dv roy d’Espagne, op. cit. ; Lettre escrite de Madrid, op. cit. ; Le procéz criminel, op. cit. ; Le tableav des tyrans favoris, op. cit. ; Lamentable description, op. cit. ; La vie, moevrs et généalogie, op. cit. ; Advis d’Estat à la reyne, op. cit.
78 Le tableav des tyrans favoris, op. cit.
79 Lettre escrite de Madrid, op. cit.
80 Lamentable description, op. cit.
81 L’vnion et alliance de l’Espagne, op. cit. ; La lettre dv roy d’Espagne, op. cit. ; Le procéz criminel, op. cit.
82 Hubert Carrier, Le labyrinthe de l’État, op. cit., p. 365-368.
83 Cette idée figure dans les mazarinades suivantes : Le svbiet dv secovrs, op. cit., p. 3-4 ; L’vnion et alliance de l’Espagne, op. cit., p. 8 ; Révélation d’vn bon hermite, op. cit., p. 4 ; Advertissemens avx roys, op. cit. ; Lamentable description, op. cit., p. 8. Les trois dernières ont déjà été mentionnées plus haut (voir note 52).
84 Sur Advertissemens avx roys, op. cit., voir Hubert Carrier, Le labyrinthe de l’État, op. cit., p. 365.
85 Voir Hubert Carrier, La presse de la Fronde, vol. I, p. 189, 192.
86 Lettre du roy au prévost des marchands, eschevins & bourgeois de la ville de Paris, escrite le premier jour de février 1649, Saint-Germain, s. n., 1649 [Moreau, 2142] ; Lettre dv roy aux govvernevrs, op. cit.
87 Lettres et déclaration dv roy, svr le sviet de sa sortie de Paris…, Saint-Germain, s. n., 1649 [Moreau, 2289].
88 Ibid., p. 3, 4, 9.
89 Lettre du roy au prévost des marchands, op. cit., p. 2.
90 Lettre dv roy aux govvernevrs, op. cit., p. 3.
91 Ibid., p. 22.
92 Lettre du roy au prévost des marchands, op. cit., p. 2 ; Lettre dv roy aux govvernevrs, op. cit., p. 6-7.
93 Voir n. 62.
94 Il s’agit des suivantes : L’Espagne demandant la paix avx pieds de la maiesté royalle et dv Parlement, Paris, J. Dedin, 1649 [Moreau, 1275] ; Les novvelles métamorphoses de l’Espagnol, Paris, Claude Boudeville, 1649 [Moreau, 2560] ; Ode svr dom Ioseph de Illescas, op. cit. ; Réponse véritable de Mademoiselle, op. cit.
95 Il s’agit des suivantes : Lettre dv cardinal Mazarin escrite av comte Pigneranda, plenipotentiaire d’Espagne pour la paix générale à Münster, par laqvelle se ivstifie le mauuais dessein du cardinal Mazarin, tant sur la ville de Paris que sur tout l’Estat, Paris, François Noël, 1649 [Moreau, 2094] ; Lettre dv cardinal Mazarin escrite av sérénissime archiduc Léopold. Ensemble celle de monsievr de la Tour, gouuerneur d’Arras, escrite à monseigneur le prince de Conty, Paris, s. n., 1649 [Moreau, 2095] ; Lettre d’vn gentilhomme romain a vn françois, contenant les discours que tiennent les politiques estrangers du gouuernement de la France & comme ils connoissent que les afflictions ne prouiennent que des trahisons de ses ministres…, s. l., s. n., 1649 [Moreau, 1879] ; Factvm servant av procéz criminel, op. cit. ; L’echo lvgvbre de la France, avec l’oppression de la ville de Paris. Et les ruses du renard sicilien descouuertes, Paris, Jacques Guillery, 1649 [Moreau, 1180] ; Le mavvais svccèz de l’espion de Mazarin enuoyé à l’archiduc Léopold pour se sauuer en Flandre, Paris, Nicolas de la Vigne, 1649 [Moreau, 2422] ; L’ambassadevr des estats de Catalogne envoyé par dom Ioseph de Margverite a la reine régente, mère du roy, touchant les affaires de cette prouince et la paix particuliere & généralle, Paris, Claude Morlot, 1649 [Moreau, 71] ; Lettre dv comte dvc d’Olivarez, ministre d’Estat dv roy d’Espagne, à Ivles Mazarin, cardinal et nagvères ministre d’Estat dv roy de France, Paris, François Noël, 1649 [Moreau, 2102] ; Manifeste ov Raisonnement svr les affaires de Catalogne contre le les intrigves du cardinal Mazarin…, Paris, François Noël, 1649 [Moreau, 2398] ; Discours véritable sur le gouuernement de l’Estat, où l’on void les ruses et trahisons desquelles le cardinal Mazarin s’est servy pour se rendre necessaire auprés de leurs majestéz, s. l., s. n., 1649 [Moreau, 1153] ; Le vray polytiqve ov l’homme d’Estat désintéressé av roy Lovys XIV, svrnommée de Diev-donné, Paris, François Noël, 1649 [Moreau, 4073] ; Le héravlt françois ov Le paranymphe de monsievr le mareschal de la Mothe-Hovdancovrt…, Paris, Jean Hénault, 1649 [Moreau, 1624] ; Premier factvm ov Défenses de messire Philippes de la Motthe-Hovdancovrt, dvc de Cardonne & mareschal de France, cy-devant vice-roy et capitaine général en Cathalogne…, Paris, Louis Sevestre, 1649 [Moreau, 2849] ; Second factvm ov Défenses de messire Philippes de la Motthe-Hovdancovrt, dvc de Cardonne & mareschal de France, cy-devant vice-roy et capitaine général en Catalogne…, Paris, Louis Sevestre, 1649 [Moreau, 2849] ; Troisième factvm ov Défenses de messire Philippes de la Motthe-Hovdancovrt, dvc de Cardonne & mareschal de France, cy-devant vice-roy et capitaine général en Catalogne…, Paris, Louis Sevestre, 1649 [Moreau, 2849] ; Qvatrième factvm ov Défenses de messire Philippes de la Motthe-Hovdancovrt, dvc de Cardonne & mareschal de France, cy-devant vice-roy et capitaine général en Catalogne…, Paris, Louis Sevestre, 1649 [Moreau, 2849] ; Cinqviesme factvm povr messire Philippes de la Mothe-Hovdancovrt, dvc de Cardonne et mareschal de France, contenant les inivstes et extraordinaires procédures faites contre luy par les artifices du cardinal Mazarin, Paris, François Noël, 1649 [Moreau, 2849] ; Le conseil de Saint-Germain-en-Laye svr les affaires de Paris, Paris, veuve d’Antoine Coulon, 1649 [Moreau, 759].
96 Réponse véritable de Mademoiselle, op. cit.
97 Hubert Carrier, La presse de la Fronde, op. cit., vol. II, p. 90.
98 Ode svr dom Ioseph de Illescas, op. cit., p. 3.
99 Sur cette œuvre, voir Martial Martin, « Préface », dans Satyre Ménippée de la vertu du Catholicon d’Espagne et de la tenue des estatz de Paris (éd. de Martial Martin), Paris, Honoré Champion, 2007, p. XV-CLXXIII.
100 Maximes fondamentalles tovchant le govvernement & les pernicieux desseins des Espagnols, París, veuve de Jean Remy, 1649 [Moreau, 2425]. Cette mazarinade constitue une réédition partielle de l’ouvrage de Jérémie Ferrier, Advertissement à tous les Estats de l’Europe, touchant les maximes fondamentales, du gouvernement & des desseins des Espagnols, Paris, Joseph Bouilleront, 1625 (voir Lucien Bély, « La guerre et l’opinion publique dans les Temps modernes », dans Jean Baechler, Frédéric Ramel (dir.), L’Arrière, Paris, Hermann, 2017, p. 88). L’œuvre rassemblait quinze « maximes » qui, à la manière d’un catalogue historique, décrivaient les Espagnols comme un peuple expansionniste qui, « quand ils donnent du secours à quelques peuples en leurs nécessitéz, c’est à dessein de les opprimer » (p. 10). Le texte se référait ainsi régulièrement à l’épisode de la Ligue comme exemple de l’ingérence espagnole en France.
101 Le Pater des iésvites, s. l., s. n., 1649 [Moreau, 2716]. Cette prière farcie antijésuite et anti-espagnole fut initialement publiée sous le titre Le Pater Noster des iesvistes, dédié à Philippes III roy des Espagnes, pour ses estreines de la présente année, s. l., 1611 (voir Marie-Madeleine Fragonard, « Réécriture de genres et changement de fonctions : l’utilisation de formes de la littérature religieuse dans les pamphlets politiques (1560-1620) », dans Cahiers V. L. Saulnier, nº 2, « Traditions polémiques », Paris, 1984, p. 124). Elle fut rééditée avec de légères variantes en 1627. L’édition de 1649 ne conserve plus dans son titre la mention explicite de Philippe III présente dans les éditions antérieures, permettant ainsi une lecture du texte appliquée à l’Espagne de Philippe IV. On y trouve une référence à Jean Châtel, auteur de l’attentat contre Henri IV en 1594, étroitement associé à la Ligue catholique.
102 Les novvelles métamorphoses, op. cit., p. 6-7. Cette œuvre a été analysée en profondeur par Stéphane Haffemayer, « Les mazarinades », op. cit.
103 Le héravlt françois, op. cit. ; Premier factvm, op. cit. ; Second factvm, op. cit. ; Troisième factvm, op. cit. ; Qvatrième factvm, op. cit. ; Cinqviesme factvm, op. cit. N’est pas inclus, faute de preuves suffisantes de sa publication pendant le blocus de Paris, Iovrnal des signalées actions de monsievr de la Mothe-Hovdancovrt, dvc de Cardone et Mareschal de France, Paris, François Nöel, 1649 [Moreau, 1760]. Sur l’action de La Mothe-Houdancourt comme vice-roi de Catalogne (1642-1644), ainsi que sur sa destitution et son procès ultérieur, voir Daniel Aznar y Martínez, « Gloria y desgracia de un virrey francés de Cataluña : el mariscal De La Mothe-Houdancourt (1641-1644) », Pedralbes, vol. 26 (2006), p. 189-261.
104 Défenses de messire Philippes de la Mothe-Hovdancovrt, dvc de Cardonne et Mareschal de France, av libelle ietté dans Paris par le chevalier de la Vallettte et affiché à Saint-Germain-en-Laye, par l’ordre du cardinal Mazarin, Paris, François Noël, 1649 [Moreau, 983].
105 Cinqviesme factvm, op. cit., p. 5.
106 Voir, par exemple, L’entretien familier dv roy avec monsievr le dvc d’Aniov, son frère, à Sainct-Germain-en-Laye…, Paris, Henry Sara, 1649 [Moreau, 1241] ; Les divines revelations et promesses faites à Saint Denys, patron de la France, et a Sainte Geneviesve, patrone de Paris, en favevr des François, contre le tyran Mazarin…, Paris, Claude Boudeville, 1649 [Moreau, 1164] ; Les raisons ov Les motifs véritables de la deffense dv Parlement & des habitans de Paris, contre les perturbateurs du repos public et les ennemies du roy et de l’Estat, Paris, François Preuveray, 1649 [Moreau, 2967].
107 Très-humble remonstrance dv Parlement av roy et à la reyne régente, Paris, les imprimeurs et libraires ordinaires du roi, 1649, p. 6, 10, 11 [Moreau, 3814].
108 Hubert Carrier, La presse de la Fronde, op. cit., vol. I, p. 225.
109 L’Espagne demandant la paix, op. cit., p. 3 ; Les novvelles métamorphoses, op. cit., p. 7.
110 Lettre dv cardinal Mazarin escrite av comte Pigneranda, op. cit., fut publié, d’après son contenu, en février ; Lettre dv cardinal Mazarin escrite av sérénissime archiduc, op. cit., selon son contenu, en janvier ou février ; Lettre d’vn gentilhomme, op. cit., en février, selon son contenu ; Factvm servant av procéz criminel, op. cit., fut imprimé en février, selon Hubert Carrier (La presse de la Fronde, op. cit., vol. I, p. 226) ; L’écho lvgvbre de la France, op. cit., fut imprimé avant la paix de Saint-Germain, selon Célestin Moreau (Bibliographie des Mazarinades, op. cit., t. III, p. 325) ; Le mavvais svccèz de l’espion, op. cit., fut publié en février, selon Célestin Moreau (Bibliographie des Mazarinades, op. cit., t. III, p. 308) ; Lettre dv comte dvc d’Olivarez, op. cit., fut publié avant la paix de Saint-Germain, selon Célestin Moreau (Bibliographie des Mazarinades, op. cit., t. III, p. 326) ; Manifeste ov Raisonnement, op. cit., fut publié avant la paix de Saint-Germain, selon Célestin Moreau (Bibliographie des Mazarinades, op. cit., t. III, p. 326) ; Discours véritable, op. cit., est considéré comme l’une des premières pièces de la Fronde et, par conséquent, publié au début de janvier 1649, selon Célestin Moreau (Bibliographie des Mazarinades, op. cit., t. I, p. 339) ; Le vray polytiqve, op. cit., fut publié, compte tenu de son contenu, pendant le blocus de Paris, mais sans qu’il soit possible d’en préciser la date (Célestin Moreau, Bibliographie des Mazarinades, op. cit., t. III, p. 333).
111 Manifeste ov Raisonnement, op. cit. ; Discours véritable, op. cit.
112 Lettre dv cardinal Mazarin escrite av comte Pigneranda, op. cit. ; Lettre dv cardinal Mazarin escrite av sérénissime archiduc, op. cit.
113 Hubert Carrier, La presse de la Fronde, op. cit., vol. I, p. 226.
114 Factvm, servant av procéz criminel, op. cit., p. 7.
115 Ibid., p. 8.
116 Lettre dv cardinal Mazarin escrite av comte Pigneranda, op. cit., p. 7 ; Lettre d’vn gentilhomme, op. cit., p. 5.
117 Il y eut, durant le blocus de Paris, des négociations également entre Mazarin et le duc de Lorraine. AGS, Estado, leg. 2071, doc. 89, Peñaranda à Philippe IV, Bruxelles, 2 mars 1649.
118 Le conseil de Saint-Germain-en-Laye, op. cit., p. 6.
119 Déclaration svr le sviet et la forme de l’entrée de son asse impériale l’archidvc Léopold en France et de sa retraitte, après l’accommodement fait entre la régente et le Parlement de Paris, auec les princes et seigneurs associéz, Cambrai, 1649 [Moreau, 958], p. 4.
120 Ibid., p. 6.
121 Voir Lourdes Amigo Vázquez, « Un nuevo escenario », art. cité, et « Desestabilizar al adversario », art. cité.
Revue du GRHis, n° 2, 2026
URL : https://publis-shs.univ-rouen.fr/grhis/183.html.
Quelques mots à propos de : Lourdes Amigo Vázquez
Université Complutense de Madrid
