Sommaire
Les mazarinades et l'international, n°2, octobre 2026
- Amstutz Delphine, maître de conférences en Littérature française du XVIIesiècle, faculté des Lettres de Sorbonne Université/ Cellf UMR 8599. - Bilis Hélène, professor of French, Wellesley College. - Curelly Laurent, professeur des Universités en littérature et civilisation anglaises du XVIIe siècle, Université de Haute-Alsace. - Deguin Yohann, maître de conférences en littérature française du XVIIesiècle. - Esteban Estríngana Alicia, T.U. de Historia Moderna, Universidad de Alcalá. - Górzyński Sławomir, professeur à l’Université d’Opole. - Haffemayer Stéphane, professeur d’Histoire moderne, Université de Rouen-Normandie, GRHis (UR 3831). - Herrmann Frédéric, maître de Conférences en Études Anglophones, Université Lumière Lyon 2, UMR 5206 Triangle. - Junot Yves, maître de conférences en Histoire moderne, Université Polytechnique Hauts-de-France, Valenciennes - LaPorta Dr Kathrina, Dépt. Français, Université de New York, États-Unis. - Loysen Kathleen, Associate Professor of French & Chair Department of Global Cultural Studies, Montclair State University. - Malinowski Teresa, docteure en histoire, chercheure rattachée au Mémo (Université Paris Nanterre). - Matsumura Takeshi, professeur à l’Université de Tokyo. - Poncet Olivier, professeur d'Archivistique, diplomatique et histoire des institutions de l'époque moderne, École nationale des chartes. - Poumarède Géraud, professeur des Universités en Histoire moderne, Sorbonne Université. - Proot Joran, Dr., Cultura Fonds (Dilbeek)/Sint Lucas Antwerpen. - Steinberger Deborah, professor of French and Comparative Literature, University of Delaware. - Teyssandier Bernard, professeur des universités en Littérature française des XVIeet XVIIesiècles, Université de Reims. - Tsimbidy Myriam, professeur de littérature du XVIIe siècle à l’université Bordeaux Montaigne, équipe Plurielles (UR24142). - Tylus Piotr, professeur de philologie romane à l'Université Jagellone.Comité scientifique
- Stéphane Haffemayer Introduction : l’international dans les mazarinades
- Patrick Rebollar Aux frontières des mazarinades
- Florine Lévecque-Stankiewicz Représenter la Fronde à l’étranger : les gravures de Caspar Luyken pour la Vie de Mazarin (Leyde, 1699)
- Teresa Malinowski Les Mazarinades dans les collections de la Bibliothèque Jagellonne : recensement, provenance, réseaux de circulation
- Maxim Boyko Diffusion et perception des mazarinades en Russie de la Grande Catherine à Vladimir Poutine
- Cécile Leduc Un duc étranger allié des princes français : la construction du personnage de Charles IV de Lorraine dans les Mazarinades et les Mémoires
- Lourdes Amigo Vázquez Les différents visages de l’Espagnol. La monarchie de Philippe IV dans les mazarinades de 1649
- Lourdes Amigo Vázquez Los diferentes rostros del español. La Monarquía de Felipe IV en las mazarinadas de 1649
- Pierre Ronzeaud « Lavemans et polacres », formes et fonctions de la représentation des ennemis étrangers dans les Mazarinades de la guerre de Paris, janvier-avril 1649
- Laurent Curelly Les mazarinades dans la presse anglaise à l’époque de la première révolution (1649)
- Stéphane Haffemayer Un moment décisif de la Fronde : Mazarin et l’attaque ad-odium du 1er février 1651 : « Il persuadoit tous les iours au Roy, que tous les Gens de bien de son Royaume estoient autant de Cromvvels de Fairfax, Tous les Parlements, des Parlements d’Angleterre »
II. La diffusion internationale
Les Mazarinades dans les collections de la Bibliothèque Jagellonne : recensement, provenance, réseaux de circulation
Teresa Malinowski
Introduction
1Bien au-delà des frontières françaises, les mazarinades ont circulé à l’échelle internationale. Les collections conservées hors de France en témoignent. Le Projet Mazarinades recense ainsi, sur une carte interactive, les principaux fonds répartis dans le monde1. Certaines bibliothèques, comme la Bodléienne d’Oxford, mettent en valeur ces libelles de la Fronde sur leur site2. Depuis le XIXe siècle, bibliographes, bibliothécaires et chercheurs ont identifié et analysé ces documents dans diverses institutions. Johannes Schütze a étudié les exemplaires de la Bibliothèque royale de Dresde, Willem Knuttel ceux de La Haye3. Plus récemment, James E. Walsh s’est penché sur les pièces de la Houghton Library (Harvard), Anders Toftgaard sur celles de la Bibliothèque royale de Copenhague, Laurent Ferri sur les exemplaires conservés aux États-Unis, et Tadako Ichimaru sur ceux de l’Université de Tokyo4.
2L’essor des recherches sur la provenance des livres anciens stimule ces travaux. Depuis plusieurs décennies, chercheurs et conservateurs de bibliothèque accordent une attention croissante aux marques de propriété, aux reliures, aux annotations ou aux traces d’usage, afin de retracer l’histoire des exemplaires, les parcours de collectionneurs, les pratiques de lecture, et les circuits de diffusion à différentes échelles5. C’est dans ce cadre que s’inscrit la présente étude : elle propose un recensement et une analyse des provenances des mazarinades conservées à la Bibliothèque Jagellonne de Cracovie, un fonds jusqu’ici peu exploré.
3L’université de Cracovie est fondée en 1364 par le roi Casimir III le Grand. Après une période de déclin consécutive à sa mort, elle connaît un renouveau sous l’impulsion de Hedwige d’Anjou, couronnée roi de Pologne (1384-1399)6, puis de Ladislas II Jagellon (1386-1434). Elle doit à cette refondation son nom actuel de « Jagellonne »7. Le développement de la bibliothèque remonte à cette période, ce qui en fait la plus ancienne bibliothèque universitaire de Pologne. Ses collections s’enrichissent au fil des siècles grâce aux dons, aux legs et aux fondations. Fait remarquable, elles traversent les grandes crises de l’histoire polonaise. Elles survivent notamment aux partages de la fin du XVIIIe siècle (1772, 1793, 1795) ainsi qu’à la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle la Pologne perd plus de la moitié de son patrimoine écrit8.
4Aujourd’hui, la bibliothèque conserve plus de 8 millions de documents, dont 1,8 million relèvent des collections spéciales. Sa section des imprimés anciens compte environ 110 000 pièces9, parmi lesquelles figurent plusieurs mazarinades.
Un corpus à identifier et à contextualiser
5Pour recenser les libelles de la Fronde conservés à la Bibliothèque Jagellonne (BJ), plusieurs outils s’avèrent utiles : les catalogues centralisés de NUKAT et de la Bibliothèque nationale, ainsi que le catalogue numérique de la BJ. À noter toutefois que le catalogue NUKAT ne couvre plus les collections de la Bibliothèque Nationale depuis 2007, ni ceux de la BJ depuis 2019. Les institutions polonaises tendent désormais à migrer vers le catalogue développé par la Bibliothèque Nationale, appelé à devenir la principale ressource bibliographique collective du pays10.
6Dans ces catalogues numériques, une recherche par le mot-clé « mazarinades » s’avère peu concluante : les résultats renvoient surtout à des études récentes, rarement aux libelles eux-mêmes. Il faut donc recourir à la recherche avancée, en croisant les critères de date (1648–1653), de langue (français), de type de document (livres, imprimés) et de sujet (France). Une autre piste consiste à consulter l’Ancien catalogue des imprimés publiés depuis Gutenberg jusqu’en 1949 de la BJ, numérisé et accessible en ligne, où le terme « mazarinades » donne des résultats pertinents11.
7Ces recherches ont permis d’identifier 129 mazarinades avec indication de provenance, recensées dans un tableau publié sur le site du Projet Mazarinades12.
8Sur ces 129 pièces, 127 proviennent de la collection personnelle de Sigismond Ladislas Pusłowski (1848–1913), léguée à l’Université Jagellonne par son fils François Xavier (1875–1968). Répartis en deux volumes, ces recueils contiennent respectivement 61 et 66 libelles, tous datés de 1649. Sept ne mentionnent aucun lieu d’édition, quatorze aucun éditeur, les autres ont été imprimés à Paris. Certaines pièces sont présentes en double — Requeste des bourgeois de Paris… (Paris, Veuve Antoine Coulon, 1649) et Remerciement des bourgeois de Paris à Monsieur le Coadjuteur (Paris, F. Preuveray, 1649) — voire en triple exemplaire, comme Remonstrances à la Reyne Regente sur le gouvernement de l’Estat (Paris, Arnould Cotinet, 1649).
9Les deux volumes sont décrits comme suit :
« Carton, papier noir et jaune sur les deux couvertures, dos et coins en demi-cuir brun avec, en relief doré, l’inscription « MAZARINADES » et, sous la couronne comtale, les initiales entrelacées « P. S. », en référence à Sigismond (Sigismundus) Ladislas Pusłowski, du blason Szeliga, soit Pusłowski. – XIXe siècle »13
10La page de titre porte l’ancienne cote de la Bibliothèque des Pusłowski : « M 76 ». L’ensemble est référencé dans l’Ancien catalogue de la BJ.
11Un second ensemble se compose d’un recueil de 744 pages intitulé Recueil de diverses pièces qui ont paru durant les mouvements derniers de l’année 1649, publié à Paris en 165014. Il appartint à Mathias Casimir Treter (1623–1692), puis au monastère camaldule, qui l’a transféré à la BJ entre 2007 et 2013. Le volume est décrit comme suit : « Carton, parchemin clair, autocollant papier avec la cote en bas du dos, troncatures non colorées – XVIIe siècle »15.
12Enfin, la bibliothèque conserve une dernière mazarinade de 237 pages, Éclaircissement de quelques difficultés touchant l’administration du cardinal Mazarin de Jean de Silhon, publié à Rouen en 1651 par La Société16. L’ouvrage, d’abord propriété de l’évêque Joseph André Załuski (1702–1744), a ensuite appartenu à la famille Wodzicki, donatrice à la BJ au XXe siècle. Description : « Carton, demi-toile brune vernie, papier marbré – XXe siècle »17.
13La richesse de ces données de provenance invite à approfondir l’étude des voies par lesquelles ces mazarinades ont rejoint la Pologne.
Provenance et circulation des mazarinades
Sigismond Pusłowski (1848–1913) : un collectionneur polonais francophile
14La principale collection de mazarinades conservée à la BJ provient des fonds Pusłowski, une famille noble originaire de Lituanie. Au tournant du XIXe siècle, elle doit sa fortune à Wojciech Pusłowski (1762–1833), homme d’affaires, mécène et collectionneur, marié à la princesse Josepha Drucka-Lubecka.
15Leur fils Adam Tytus (1804–1854) s’exile en France après l’insurrection de 1830 contre l’occupant russe. Son frère Ladislas, principal héritier de la fortune familiale, entretient lui aussi des liens étroits avec la France, où il séjourne souvent et où il acquiert un domaine viticole à Margaux. Il épouse Geneviève Drucka-Lubecka, fille de François Xavier Drucki-Lubecki, ministre, et de Maria Scipio del Campo. Cette dernière émigre en France après le décès de son mari en 1846 ; Geneviève l’y rejoint, avec ses enfants, à la mort de Ladislas, en 1859.
16Parmi sa progéniture figure Sigismond Ladislas Pusłowski (1848–1913), futur collectionneur des mazarinades. De retour en Pologne vers 1869, il épouse Maria Moszyńska, hérite du domaine de Czarkow et d’une maison à Varsovie, mais partage sa vie entre Cracovie et Paris. À Cracovie, il acquiert une demeure qu’il transforme en palais de style Renaissance, intégrant bibliothèque et galerie18.
17Sigismond se distingue comme l’un des grands collectionneurs et mécènes de son temps19. Sa bibliothèque compte plus de 10 000 ouvrages : éditions de luxe, manuscrits enluminés, incunables, pièces rares20… dont la collection de mazarinades. Il acquiert une partie de ses fonds lors de séjours en France. En témoignent plusieurs catalogues manuscrits, conservés aux Archives Pusłowski de la BJ, dont un document remarquable : le Catalogue de ma bibliothèque de Paris, composé de cinq inventaires.
18Le principal recense les ouvrages conservés dans sa bibliothèque parisienne, sans doute hébergée chez un proche. Le « Catalogue des livres envoyés à Varsovie » enregistre les titres achetés à Paris puis expédiés en Pologne. Un des deux inventaires suivants, non titrés, classe les livres par thèmes ou emplacements (« chambre du haut », « petit cabinet », « salon », etc.), probablement dans sa maison de Cracovie. Le dernier inventaire est entièrement consacré à Voltaire. Ces documents révèlent les itinéraires suivis par les collections : achetées en France, elles rejoignent les résidences polonaises du collectionneur21.
19Sigismond meurt à Cracovie en 1913. Sur ses quatre fils, trois décèdent avant 1915. François Xavier (1875–1968), né à Sèvres Ville-d’Avray, devient l’unique héritier. Sans descendance, il fait don en 1953 de sa maison, de sa bibliothèque et de 100 œuvres d’art à l’Université Jagellonne, qui récupère le reste à sa mort22. C’est ainsi que la collection des 127 mazarinades entre dans les fonds de la BJ, témoin de la passion bibliophilique d’un francophile polonais du XIXe siècle.
20L’histoire du Recueil de diverses pièces… nous ramène, elle, au XVIIe siècle.
Le recueil de Mathias Casimir Treter (1623–1691) : universitaire, mécène et opposant au renforcement du pouvoir royal
21Mathias Casimir Treter (1623–1691), premier propriétaire du Recueil de diverses pièces…, est issu d’une famille bourgeoise de Grande-Pologne23. Diplômé en droit canon et civil de l’Université de Cracovie, il exerce également comme échevin (1657–1674) et prévôt de Kazimierz. Il devient en outre secrétaire du roi Jean II Casimir (Vasa) en 1661, puis secrétaire honorifique de Jean III (Sobieski). Anobli en 1669 pour sa bravoure lors du siège de Cracovie lors de l’invasion suédoise (1655-1660), il est adopté par les Lubomirski, ce qui lui permet d’utiliser leurs armoiries24.
22Ces liens avec les Lubomirski et la cour sont significatifs. Avant d’entrer au service du roi, Treter fut secrétaire du prince Georges25 Lubomirski et précepteur de ses enfants26. Or, Lubomirski s’impose dans les années 1660 comme chef de l’opposition aux réformes centralisatrices du pouvoir royal. Le projet du roi Jean II Casimir de faire élire son successeur de son vivant (vivente rege), soutenu par la reine Louise-Marie de Gonzague, suscite une vive contestation. Le prince de Condé est proposé au trône, dans le but d’instaurer une dynastie d’origine française, ce qui déclenche une guerre civile : le rokosz Lubomirski (1665–1666)27.
23Mathias Treter, bien que secrétaire royal en 1661, rejoint l’opposition menée par son ancien maître. Il sauve un membre des Lubomirski à la bataille de Mątwy (1666), ce qui renforce son statut au sein de la famille princière28. Dans ce contexte, sa possession d’un recueil de mazarinades prend tout son sens : ces libelles critiquent le pouvoir absolu français, alors perçu en Pologne comme une menace pour les libertés nationales. Les thèmes frondeurs — opposition à la centralisation, dénonciation de l’influence des non-natifs dans le gouvernement, condamnation de la corruption — faisaient écho à la rhétorique du rokosz29.
24Reste à comprendre comment Treter a acquis ce recueil. À l’heure actuelle, aucun document ne permet de retracer son cheminement précis, mais les contacts de Treter avec les cercles royaux, résolument franco-polonais, notamment via Louise-Marie de Gonzague et Marie Casimire d’Arquien, ont pu faciliter l’accès à ce type d’ouvrages30. La bibliothèque du roi Jean III, composée pour un tiers de livres français, témoigne de ces échanges culturels, renforcés par les réseaux diplomatiques et curiaux31.
25Le recueil de Treter rejoint ensuite le monastère camaldule, ordre bénédictin érémitique établi en Pologne au XVIIe siècle. La mazarinade est d’abord entreposée dans l’ermitage de Varsovie, aujourd’hui disparu, d’où il est transféré à Bieniszew. Entre 2007 et 2012, les frères ermites, ne pouvant assurer la conservation de leurs fonds, déposent près de 2 000 ouvrages, dont 1 850 imprimés anciens, à la BJ32, incluant notre recueil de mazarinades.
26Les bibliothèques camaldules s’étaient constituées par acquisitions et dons. Bien que l’on ignore si Treter a vendu ou offert son recueil33, plusieurs indices suggèrent un don : lui et son frère Paul ont été de généreux mécènes d’églises et de communautés religieuses34. En outre, d’autres ouvrages lui ayant appartenu apparaissent dans les fonds camaldules. Certains ont transité par des figures comme Stanislas Piotrkowczyk, qui a offert son imprimerie familiale à l’Université, et Jean Chrysostome Bodzenta, qui a légué plus de 1 500 ouvrages à la bibliothèque camaldule, devenant ainsi son principal bienfaiteur35. En outre, Treter, Bodzenta et le père de Piotrkowczyk étaient tous docteurs en droit canon et civil de l’Université de Cracovie36. Ils appartenaient donc à un même cercle intellectuel, érudit et surtout mécène, au sein duquel les ouvrages circulaient.
27Il est donc probable que le recueil ait transité par ce réseau avant d’être transmis sous forme de don aux Camaldules, puis, au début du XXIe siècle, à la BJ grâce à l’initiative des ermites. C’est ainsi que ce témoignage de la culture politique franco-polonaise du XVIIe siècle a fini par réintégrer le monde académique.
Une mazarinade de Joseph André Załuski offerte à la BJ par le comte Casimir Wodzicki
28La notice de l’Éclaircissement de quelques difficultés…, ainsi que l’ex-libris présent dans le libelle, indiquent que cet ouvrage provient de la bibliothèque du palais de Niedźwiedź et qu’il a été offert à la BJ par le professeur Casimir Wodzicki37.
29La famille Wodzicki, d’origine bourgeoise, fut anoblie en 1676. Elle reçut le titre comtal vers 1799 de la part de la monarchie des Habsbourg, titre confirmé au XIXe siècle par l’Empire russe38. Stanislas Wodzicki (1764–1843), sénateur de la République de Cracovie (1815–1831), acquiert la propriété de Niedźwiedź au début du XIXe siècle39. Il y développe une importante bibliothèque, riche en ouvrages en langue française, comme en témoigne un catalogue manuscrit, où figure notre mazarinade40.
30À la fin du XIXe siècle, la propriété appartient à Antoine Wodzicki (1862–1931), époux d’Anne Wodzicka (1867–1936), arrière-petite-fille de Stanislas. Bien qu’ils aient eu une fille, Sophie (née en 1904), la propriété revient à un héritier masculin : leur neveu Casimir Antoine Wodzicki (1900–1987). Né à Olejów (Ukraine), ce dernier suit des études à l’Université Jagellonne, où il obtient un diplôme d’ingénieur agricole, ainsi qu’un doctorat en philosophie. Il enseigne successivement à Cracovie, à Poznań, puis à l’École supérieure d’agriculture de Varsovie (Szkoła Główna Gospodarstwa Wiejskiego w Warszawie), où il devient professeur en 193541.
31Un second inventaire de la bibliothèque de Niedźwiedź est réalisé au XXe siècle. Bien qu’il ne soit pas précisément daté, l’inventaire contient des ouvrages du début du XXe siècle, ainsi qu’une carte de participation à un événement touristique et sportif au nom de Sophie Wodzicka, datée de février 1937. La mazarinade n’y figure plus42.
32Selon la notice de la BJ, le libelle a été offert par le professeur Casimir Wodzicki, à la suite d’un don du « comte Wodzicki ». Un autre ouvrage, offert à la même période par Casimir, précise explicitement : « don d’A. comte Wodzicki »43, en référence à Antoine. Ces indices permettent de situer la transmission de la mazarinade entre 1935, date de la nomination de Casimir comme professeur, et le début de 1937, date de la carte de Sophie oubliée dans le catalogue où la mazarinade est absente, dans le cadre d’un legs posthume d’Antoine Wodzicki, décédé en 193144.
33Cette mazarinade possède une valeur historique particulière, en raison de son tout premier propriétaire : l’évêque Joseph André Załuski (1702–1774), cofondateur de la bibliothèque Załuski, ancêtre de la Bibliothèque nationale de Pologne. Załuski entretient un lien direct avec la famille Wodzicki : en 1760, il consacre Michel Wodzicki (1687–1764) comme évêque de Przemyśl. Michel est le frère de Pierre Wodzicki (1696–1770), ancêtre commun de Stanislas (1764–1843) et de Casimir Antoine (1900–1987), premier et dernier propriétaire de la bibliothèque de Niedźwiedź45. Par ailleurs, Joseph André Załuski et Pierre Wodzicki partagent une orientation politique commune : proches de Stanislas Leszczyński, ils l’ont chacun accompagné en exil en France, bien qu’à des moments distincts46. C’est sans doute à cette époque, au XVIIIe siècle, que les Wodzicki sont entrés en possession de cette mazarinade, par achat ou par don.
34Or, Załuski était un collectionneur passionné de mazarinades : sa bibliothèque personnelle en comptait plusieurs milliers. L’histoire de cette collection mène jusqu’à Saint-Pétersbourg, ouvrant la voie à de nouveaux terrains d’enquête.
Les mazarinades de Załuski : une collection polonaise exceptionnelle déplacée en Russie
35Fondée en 1747 à Varsovie, la Bibliothèque Załuski est l’œuvre des frères André Stanislas Załuski (1695–1758), évêque de Cracovie, et Joseph André Załuski (1702–1774), évêque de Kiev47. Héritiers de plusieurs générations de prélats bibliophiles, ils réunissent l’une des plus vastes collections de livres de la République polono-lituanienne.
36Dès les années 1720, André Stanislas projette d’ouvrir une bibliothèque publique à Płock. En 1736, il acquiert le palais Daniłowicz à Varsovie pour y installer sa bibliothèque. En 1740, il enrichit ses fonds par le rachat de la bibliothèque des Sobieski, qui comprenait des ouvrages ayant appartenu aux rois Sigismond Auguste, Étienne Báthory, Ladislas IV et Jean III48.
37Joseph André, quant à lui, multiplie les acquisitions dès sa jeunesse. Formé à Paris (Saint-Sulpice), puis à l’Université Jagellonne, il possède à trente ans l’une des bibliothèques privées les plus riches de son temps. Il séjourne à plusieurs reprises en France (1716–1717, 1720–1723, 1736–1742, 1756), où il acquiert de nombreux imprimés. Au cours de sa vie, il rassemble une remarquable collection de mazarinades. Ses voyages et ses achats sont documentés par des carnets de dépenses, une correspondance active avec ses agents à l’étranger, des catalogues manuscrits et imprimés, ou encore des mentions dans la presse49. Ces sources offrent de précieuses pistes pour l’étude de la circulation transnationale des mazarinades jusqu’à leur intégration dans la collection Załuski.
38En 1747, les deux frères évêques ouvrent la première bibliothèque publique de Pologne. Leurs collections personnelles en forment le socle, bientôt enrichi par de nouveaux achats. Après la mort d’André Stanislas en 1758, l’institution traverse une période difficile. Pour garantir sa pérennité, Joseph André la place sous la tutelle des Jésuites. La dissolution de l’ordre en 1773, suivie de la mort de l’évêque l’année suivante, entraîne la fermeture temporaire de la bibliothèque, qui rouvre en 1774 sous l’autorité de la Commission de l’Éducation nationale. Elle devient alors une institution d’État, officiellement nommée en 1780 « Bibliothèque de la République dite Załuski ».
39Le destin de cette bibliothèque bascule à la fin du XVIIIe siècle. Après l’échec de l’insurrection de Kościuszko, les troupes russes s’emparent de Varsovie en octobre 1794. Catherine II déclare la Bibliothèque Załuski « trophée de guerre » et ordonne le transfert d’environ 400 000 imprimés50, dont les libelles frondeurs, à Saint-Pétersbourg. Ces collections deviennent l’un des piliers de la Bibliothèque impériale russe, aux côtés de celles de Diderot et de Voltaire51.
40Après la Première Guerre mondiale, la Pologne recouvre son indépendance. Par le traité de Riga (1921), la Russie soviétique s’engage à restituer à l’État polonais renaissant une partie de son patrimoine national, confisqué sous le régime tsariste. Ces restitutions concernent notamment les manuscrits de la bibliothèque Załuski, dont la majeure partie est effectivement rendue. Ce fonds ne survit toutefois pas à la Seconde Guerre mondiale. Elle disparaît presque entièrement lors de l’incendie de la bibliothèque Krasiński à Varsovie, provoqué délibérément par l’occupant nazi en octobre 194452.
41En revanche, l’essentiel du patrimoine imprimé des Załuski demeure en Russie. Aussi, la collection de mazarinades se trouve aujourd’hui à la Bibliothèque nationale de Saint-Pétersbourg. Entre 1901 et 1908, le bibliothécaire Nikolaï Tchéchuline a inventorié 2 910 pamphlets (imprimés et copies manuscrites), dont 253 demeureraient inconnus des bibliographes français, y compris Célestin Moreau et Émile Socard53. En 1974, Hubert Carrier recense 7 800 pièces dans son étude consacrée aux collections russes de mazarinades54. Cet ensemble, déplacé mais préservé, constitue désormais un champ d’étude à part entière.
42Dans les années 1990, des chercheurs polonais lancent un projet de reconstitution des fonds de la bibliothèque Załuski. En 2009, cette initiative fait naître une coopération internationale entre les Bibliothèques nationales de Pologne et de Russie, avec pour objectif de reconstituer le corpus des manuscrits. Deux publications majeures en résultent : Inventory of manuscripts from the Załuski Library in the Imperial Public Library (2013), Catalogue of extant manuscripts from the former Załuski Library : the first Polish National Library (2019)55. On ne peut que souhaiter que cette collaboration fructueuse se poursuive et s’étende aux imprimés, afin d’apporter de nouvelles informations sur les mazarinades et leur circulation internationale.
Conclusion
43L’étude de la provenance des 129 mazarinades conservées à la Bibliothèque Jagellonne fait apparaître trois cas de figure représentatifs, qui éclairent autant de modalités de circulation et d’appropriation de ces pamphlets en Pologne.
44Le premier est illustré par la collection des Pusłowski, fruit d’un goût bibliophilique affirmé, entretenu par plusieurs générations. Sigismond Pusłowski, étroitement lié à la France, acquérait ses livres à Paris avant de les acheminer dans ses propriétés polonaises. Ce cas s’inscrit dans un phénomène plus large, bien décrit par Mathilde Bombart : « l’attrait exercé par les éphémères auprès d’un public d’érudits, de bibliophiles et de curieux […] est massif, ainsi qu’en témoigne l’extraordinaire nombre de recueils factices de mazarinades que l’on trouve aujourd’hui dans les bibliothèques du monde entier »56.
45Le second cas est d’une autre nature. Le recueil ayant appartenu à Mathias Casimir Treter semble témoigner d’un intérêt moins bibliophilique que politique. Proche du leader du rokosz Lubomirski, hostile au renforcement de l’autorité monarchique, Treter a pu trouver dans les mazarinades un écho à ses propres convictions. Ce recueil témoigne ainsi d’une circulation des idées autant que des objets imprimés.
46Enfin, la mazarinade offerte par la famille Wodzicki provient de la vaste collection constituée par Joseph André Załuski, figure centrale de la vie intellectuelle polonaise au XVIIIe siècle et fondateur de la Bibliothèque Załuski. Acquises lors de ses séjours à l’étranger ou par ses agents, ces mazarinades offrent un terrain d’étude privilégié pour retracer les circuits transnationaux de l’imprimé. L’exploitation des nombreuses sources liées à ses acquisitions (carnets de dépenses, correspondances, catalogues) pourrait permettre d’affiner notre compréhension de ces réseaux.
1 « Géolocalisation des mazarinades », Recherches internationales sur les Mazarinades, https://mazarinades.org/geolocalisation-des-mazarinades-fonds-collections-catalogues-etc/ (mis à jour et consulté le 19 juin 2025).
2 « French Special Collection: Mazarinades », Bodleian Libraries. University of Oxford, https://libguides.bodleian.ox.ac.uk/c.php?g=423078&p=2890859 (mis à jour le 27 mars 2021, consulté le 23 janvier 2025).
3 Johannes Schütze, Sur quelques mazarinades de la Bibliothèque Royale Publique de Dresde, Dresden, Druck von B.G. Teubner, 1881 ; Willem Pieter Cornelis Knuttel, Catalogus van de Pamfletten-Verzameling berustende in de Koninklijke Bibliotheek. Tweede deel, tweede stuk : 1649–1667, ’s-Gravenhage, Gedrukt Ter Algemeene Landsdrukkerij, 1892. L’inventaire des mazarinades s’inscrit dans un projet plus vaste : le recensement de l’ensemble des pamphlets conservés à la Bibliothèque Royale, connu sous le nom de « collection Knuttel ».
4 James E. Walsh, Mazarinades: a catalogue of the collection of 17th century civil war tracts in the Houghton Library, Harvard University, Boston, G.K. Hall & Co, 1976 ; Anders Toftgaard, « La collection des mazarinades de la Bibliothèque royale de Copenhague », dans Stéphane Haffemayer, Patrick Rebollar, Yann Sordet (dir.), Histoire et civilisation du livre, t. XII : Mazarinades, nouvelles approches, Genève, Droz, 2016, p. 33-49 ;
Laurent Ferri, « Inter folia venenum. Les collections de mazarinades aux États-Unis (1865-2014) », dans Stéphane Haffemayer, Patrick Rebollar, Yann Sordet (dir.), Histoire et civilisation du livre, op. cit., p. 135-157 ; Tadako Ichimaru, « Mazarinades. La collection de l’Université de Tokyo », Bulletin du bibliophile, n° 1, 2009, p. 107-123.
5 Sur l’essor des provenance studies en France, en Pologne et à l’international, voir : Proweniencyjna Grupa Robocza, https://biblioteka.ossolineum.pl/proweniencyjna-grupa-robocza/ (consulté le 12 février 2025) ; Bibliografia podstawowa dla Proweniencyjnej Grupy Roboczej, https://biblioteka.ossolineum.pl/wp-content/uploads/sites/2/2024/01/bibliografia_podstawowa_stare_druki_2019.pdf (consulté le 12 février 2025) ; Seymour de Ricci, English Collectors of Books and Manuscripts (1530–1930) and Their Marks of Ownership, Cambridge, Cambridge University Press, 1930 ; David Pearson, Provenance Research in Book History. A Handbook [1994], Londres, The Bodleian Library, 2019 ; Christine Josserand, Les Données de provenance des collections des bibliothèques, Lyon, ENSSIB-Université de Lyon, 2016, p. 3, 19–35, 61–68, 77 ; Marques de provenance, Université de Montréal, https://calypso.bib.umontreal.ca/digital/collection/provenance (consulté le 11 février 2025).
6 À noter que Hedwige d’Anjou fut couronnée roi de Pologne en 1384. Elle était donc reine régnante, et non reine consort. En 1386, elle se marie à Ladislas Jagellon, couronné roi de Pologne la même année.
7 L’appellation « Jagellonne » fut adoptée au XIXe siècle.
8 Sur l’histoire de la Bibliothèque Jagellonne, voir : « Dzieje Biblioteki Jagiellońskiej », Biblioteka Jagiellońska, https://bj.uj.edu.pl/o-bibliotece/misja-historia-zbiory/historia (consulté le 13 janvier 2025) ; Piotr Lechowski, « Biblioteka Jagiellońska – historia i współczesność », Forum Bibliotek Medycznych, vol. 6, n° 2 (12), 2013, p. 392–409 ; Zdzisław Pietrzyk, « Les collections de l’ancienne Bibliothèque nationale de Prusse à la Bibliothèque Jagellonne de Cracovie », La Revue de la BNU, n° 5, 2012, p. 54–65, https://journals.openedition.org/rbnu/2848, DOI : https://doi.org/10.4000/rbnu.2848 (mis en ligne le 1er mai 2012, consulté le 13 janvier 2025) ; Jerzy Zathey, Anna Lewicka-Kamińska, Leszek Hajdukiewicz, Historia Biblioteki Jagiellońskiej. T. 1, 1364–1775, Cracovie, Uniwersytet Jagielloński, 1966 ; Piotr Lechowski, Historia Biblioteki Jagiellońskiej. T. II, 1775–1918, Cracovie, Wydawnictwo Uniwersytetu Jagiellońskiego, 2017. Voir aussi : Piotr Tylus, Les Manuscrits français de la Bibliothèque Jagellonne de Cracovie, des origines jusqu’au XVIIIe siècle, Cracovie, Jagiellonian University Press, « Fibula », 2019.
9 Piotr Lechowski, op. cit., p. 400 ; « Stare Druki », Biblioteka Jagiellońska, https://bj.uj.edu.pl/o-bibliotece/misja-historia-zbiory/zbiory/stare-druki (consulté le 13 janvier 2025). Les pièces les plus rares sont mises en valeur dans des albums, par exemple : Skarby Biblioteki Jagiellońskiej, Cracovie, Proszowski, 2009 ; Biblioteka Jagiellońska. Skarbiec Bibliofila, Cracovie, Wyd. Bernardinum, 2011.
10 NUKAT, https://katalog.nukat.edu.pl/ (consulté le 23 janvier 2025) ; « Katalog BN », Biblioteka Narodowa, https://katalogi.bn.org.pl/discovery/search?vid=48OMNIS_NLOP:48OMNIS_NLOP&lang=pl (consulté le 23 janvier 2025) ; « Połączone katalogi – zakończenie projektu „e‑usługa OMNIS” », Biblioteka Narodowa, https://www.bn.org.pl/aktualnosci/3788-polaczone-katalogi---zakonczenie-projektu-e%26%238209%3Busluga-omnis.html (mis en ligne le 10 septembre 2019, consulté le 25 janvier 2025) ; Maria Burchard, « Biblioteka Narodowa i NUKAT – dlaczego osobno? », Przegląd Biblioteczny, z. 2, 2008, p. 302-309 ; Roman Dolny SJ, « Biblioteki z NUKAT w ALMA BN », Biblioteka Uniwersytetu Ignatianum w Krakowie, https://portal.bibliotekaaik.pl/blog.463.biblioteki-z-nukat-w-alma-bn.html (mis à jour le 5 décembre 2022, consulté le 23 janvier 2025) ; Roman Dolny SJ, « Zmiany w katalogach centralnych NUKAT i BN », Biblioteka Uniwersytetu Ignatianum w Krakowie, https://portal.bibliotekaaik.pl/blog.466.zmiany-w-katalogach-centralnych-nukat-i-bn.html (mis à jour le 5 décembre 2022, consulté le 23 janvier 2025) ; « Kalendarium », Katalog Biblioteki UJ, https://bj.uj.edu.pl/katalogi/katalog-bibliotek-uj (consulté le 28 avril 2026).
11 Jagiellonian Library, The Old Catalogue (printed items since the beginning of the print era through 1949), http://pka.bj.uj.edu.pl/PKA/index_en.php (consulté le 23 juin 2025).
12 Teresa Malinowski, « Les mazarinades dans les collections de la Bibliothèque Jagellonne à Cracovie », Recherches internationales sur les Mazarinades, https://www.berlol.net/fac/wp-content/uploads/2025/06/Mazarinades_Jagellonne_Cracovie_TM20250617.pdf (mis en ligne le 19 juin 2025, consulté le 23 juin 2025).
13 Traduction de la notice du catalogue numérique. Pour plus de détails, voir le recensement complet sur la page du Projet Mazarinades, cité plus haut.
14 Recueil de diverses pièces qui ont paru durant les mouvements derniers de l’année 1649, Paris, S.n., 1650. Au sujet des recueils de mazarinades, constitués dès l’époque de la Fronde ou rassemblés par les collectionneurs des siècles suivants, voir : Mathilde Bombart, « La Fronde en recueils », Pratiques et formes littéraires, no 18, 2021, https://publications-prairial.fr/pratiques-et-formes-litteraires/index.php?id=374 (mis en ligne le 29 mars 2022, consulté le 15 janvier 2025).
15 Traduction de la notice du catalogue numérique. Pour plus de détails, voir le recensement complet sur la page du Projet Mazarinades, cité plus haut.
16 Jean de Silhon, Éclaircissement de quelques difficultés touchant l’administration du cardinal Mazarin, Rouen, La Société, 1651.
17 Traduction de la notice du catalogue numérique. Pour plus de détails, voir le recensement complet sur la page du Projet Mazarinades, cité plus haut.
18 Sur la famille Pusłowski, voir : Izabela Zlot, « Katalogi i inwentarze księgozbiorów Zygmunta Pusłowskiego », Biuletyn Biblioteki Jagiellońskiej, R. LXVIII, 2018, p. 99-122 ; Id., « Spuścizna Rzeczpospolitej Obojga Narodów. Polskie, litewskie i białoruskie dziedzictwo pozostałe po rodzinie Pusłowskich », Nowa Biblioteka. Usługi, Technologie Informacyjne i Media, n°1 (24), 2017, p. 79-104 ; Katarzyna Bocheńska, « Zbiory Pusłowskich – początki formowania się zbioru », Opuscula Musealia, n°24, 2016, p. 107-125 ; Andrzej Chwalba, Pałac Pusłowskich, Cracovie, Księgarnia Akademicka, 2014. Certains membres de la famille Pusłowski reposent au Père Lachaise. Localisation du tombeau familial : « PUSŁOWSKA hr. z d. DRUCKA LUBECKA Julia (1811-1888) », Towarzystwo Opieki nad Polskimi Zabytkami i Grobami Historycznymi we Francji, http://www.tombeauxpolonais.eu/content/pus%C5%82owska-hr-z-d-drucka-lubecka-julia-1811-1888 (consulté le 24 janvier 2025). Au sujet des Polonais enterrés dans les cimetières en France, voir notamment les travaux suivants : Andrzej Biernat, Sławomir Górzyński, Piotr Ugniewski, Inskrypcje grobów polskich na cmentarzach w Paryżu - Père Lachaise, Varsovie, ZOiKZP-O, 1991 ; Sławomir Górzyński (dir.), Polacy pochowani na cmentarzu Montmartre oraz Saint-Vincent i Batignolles w Paryżu. Les Polonais enterrés au Cimetière de Montmartre ainsi que celui de Saint-Vincent et des Batignolles Paris, Varsovie, DiG, 1999 ; Iwona M. Dacka-Górzyńska, Sławomir Górzyński, Piotr Ugniewski, Polacy pochowani na cmentarzu w Montrésor, Les Polonais enterrés au cimetière de Montrésor, Varsovie, DiG, 2008 ; Iwona M. Dacka-Górzyńska, Sławomir Górzyński, Polacy pochowani na cmentarzach Nicei i Mentony, Varsovie, DiG, 2012 ; Iwona M. Dacka-Górzyńska, « Polacy pochowani w Hyères w XIX wieku », dans Między tekstem a znakiem. Prace ofiarowane Profesor Barbarze Trelińskiej w siedemdziesiątą rocznicę urodzin, Varsovie, DiG, 2013, p. 415-434 ; Iwona M. Dacka-Górzyńska, Sławomir Górzyński, Nagrobki i inne formy upamiętnienia polskich władców i ich rodzin we Francji od XIV do XVIII wieku, Varsovie, DiG, 2023.
19 Il soutient des peintres tels qu’Olga Boznańska, Jacek Malczewski ou Józef Mehoffer, figures majeures du monde artistique polonais. A noter que la carrière d’Olga Boznańska est intimement liée à la France et à Paris. Elle repose au cimetière de Montmorency (« BOZNAŃSKA Olga (1870-1940) », Towarzystwo Opieki nad Polskimi Zabytkami i Grobami Historycznymi we Francji, http://www.tombeauxpolonais.eu/content/bozna%C5%84ska-olga-1870-1940, consulté le 24 janvier 2025). La collection de tableaux de Pusłowski comprend notamment des œuvres d’Antoine Watteau, Jean-Baptiste Greuze, Alexandre Decamps, Eugène Delacroix, Léon Cogniet, Pierre Paul Rubens, Jacques van Ost et Albrecht Dürer (Izabela Zlot, « Katalogi i inwentarze… », art. cit., p. 105, 108 ; Katarzyna Bocheńska, « Zbiory Pusłowskich… », art. cit., p. 118-119).
20 Izabela Zlot, « Katalogi i inwentarze… », art. cit., p. 108.
21 Ces catalogues ont été étudiés et décrits par Izabela Zlot, « Katalogi i inwentarze… », art. cit., p. 109-115.
22 Le palais des Pusłowski abrite aujourd’hui le Collegium Musicologicum, siège du Département de l’histoire et de la théorie de la Musique. Les œuvres d’art sont exposées au Musée de l’Université. Les livres et les archives, dont les mazarinades, sont entreposés à la BJ. François Xavier Pusłowski s’est inscrit dans l’histoire de l’Université Jagellonne comme l’un de ses plus grands bienfaiteurs. Plus à ce sujet dans : Andrzej Chwalba, « Jak uniwersytet zyskał królewską kolekcję Pusłowskich? », Alma Mater. Miesięcznik Uniwesrsytetu Jagiellońskiego, 165, 2014, p. 48-52 ; Izabela Zlot, « Katalogi i inwentarze… », art. cit., p. 103-105 ; Katarzyna Bocheńska, « Zbiory Pusłowskich… », art. cit., p. 107.
23 Jacques Treter (1517–1597), grand-père de Mathias, exerce comme orfèvre et relieur à Poznań. Il a deux fils : Thomas (1547–1610) et Bartholomé. Thomas connaît une brillante ascension. Entré dans les ordres, il devient d’abord jésuite, puis chanoine de Varmie. Il occupe les fonctions de secrétaire auprès du cardinal Stanislas Hosius (1504–1579), du roi Étienne Báthory et de son épouse Anne Jagellon, ainsi que du roi Sigismond III. Il se distingue aussi comme graveur et peintre. La tradition veut que le pape Grégoire XIII l’ait anobli pour ses mérites artistiques, lui conférant le blason de la famille Buoncompagni, bien que cette version soit aujourd’hui sujette à controverse. Sur ce personnage, voir : Kiliańczyk-Zięba Justyna, « Wąż Miedziany i rzekoma nobilitacja. Przyczynek do biografii Tomasza Tretera », Terminus, t. 25, z. 2 (67), 2023, p. 221–245 ; Polski Słownik Biograficzny, t. 55, Varsovie-Cracovie, IH PAN, 2023, p. 79. Bartholomé, de son côté, mène une existence plus discrète. Il accorde toutefois un soin particulier à l’éducation de son fils, Mathias Casimir, comme on le verra plus loin.
24 Plus à son sujet dans : Polski Słownik Biograficzny, t. 55, Varsovie-Cracovie, IH PAN, 2023, p. 70 ; Bogdan Kasprzyk, Poczet sołtysów, wójtów i burmistrzów miast, jurydyk, wsi i gmin przyłączonych do Krakowa do 1915 roku, Cracovie, Urząd Miasta Krakowa, 2013, p. 499 ; Aleksander Brandowski, Maciej Kazimierz Treter, nieznany a wzorowy stylista polski XVII w., Poznań, S.n., 1877. Au sujet de son anoblissement voir : Justyna Kiliańczyk-Zięba, art. cit., p. 238 ; Natalia Cariowa, « Archiwa rodowe Czajkowskich i Treterów w zbiorach Centralnego Państwowego Historycznego Archiwum Ukrainy we Lwowie », Miscellanea Historico-Archivistica, t. IX, 1998, p. 121-123 ; Andrzej Białkiewicz, « Przyczynek do biografii Bogdana Tretera », Ochrona Zabytków, 38/1 (148), 1985, p. 17.
25 Jerzy en polonais.
26 Bogdan Kasprzyk, op. cit., p. 499.
27 Au sujet de Louise-Marie de Gonzague et du rokosz Lubomirski, voir par exemple : Chantal Grell, Louise Marie de Gonzague (1611-1667), reine de Pologne. Passion et politique à la cour des Vasa, deux volumes, Paris, Honoré Champion, 2024 ; Teresa Malinowski, « La France de la Fronde et la Pologne du Rokosz : regards croisés » dans Oliver Andurand et allii (dir.), Histoires croisées. Politique, religion et culture du Moyen Âge aux Lumières, Nanterre, Presses Universitaires de Paris Nanterre, 2019, p. 223-224, 228-232 ; Mirosław Nagielski, Rokosz Jerzego Lubomirskiego w 1665 roku, Varsovie, Trio, 1994 ; Zofia Libiszowska, Żona dwóch Wazów, Varsovie, Książka i Wiedza, 1963, p. 163-238.
28 Natalia Cariowa, art. cit., p. 121.
29 Teresa Malinowski, « La France de la Fronde et la Pologne du Rokosz… », art. cit., p. 228-231, 236-237.
30 Sur les cours et les réseaux franco-polonais du XVIIe siècle, voir, par exemple : Karolina Targosz, Uczony dwór Ludwiki Marii Gonzagi (1646-1667), Vratislavie, Varsovie, ZNiO, PAN, 1975 ; Zofia Libiszowska, « Francuzi w służbie Jana III Sobieskiego », Acta Universitatis Lodziensis. Folia Historica, 26 , 1986, p. 105-114 ; Zofia Libiszowska, « Français en Pologne au XVIIe siècle », Acta Universitatis Lodziensis. Folia Litteraria, 33, 1992, p. 133-144.
31 Sur la bibliothèque de Jean III, voir : Sabina Barbara Flanczewska, « Zainteresowania intelektualne i bibliofilskie króla Jana III Sobieskiego: zamiast rec. pracy Ireny Komasary “Jan III Sobieski – miłośnik ksiąg” (Wrocław 1982) », Biuletyn Biblioteki Uniwersytetu Marii Curie‑Skłodowskiej, t. 30/31, 1982-/1983, p. 7-44 ; J. Wojakowski, « Biblioteka Jana III Sobieskiego w Wilanowie », dans Antoni Mączak (et al.), Francja – Polska XVIII–XIX w. Studia z dziejów kultury i polityki poświęcone Profesorowi Andrzejowi Zahorskiemu w sześćdziesiątą rocznicę urodzin, Varsovie, PWN, 1983, p. 217-223 ; E. Różycki, « O księgozbiorze Sobieskich (na podstawie inwentarzy bibliotek króla Jana III oraz królewicza Konstantego Władysława) », Rocznik Biblioteki Narodowej, vol. 39-40, 2008, p. 289-314 ; Anna Markiewicz, « „Un petit ballot de livres nouveaux”. Kilka uwag o bibliotece Jana III », Studia Wilanowskie, vol. XXV, 2018, p. 95-106. Aucune mazarinade n’a été identifiée dans le catalogue de 1689 : Catalogue des livres de la bibliothèque du Sérénissime et très puissant roi de Pologne, par la grâce de Dieu, Jean III, heureusement régnant, fait en l’an 1689, Cracovie, Varsovie, Wł. L. Anczyc i Spółka, 1987.
32 Plus à ce sujet dans : Józef Łupiński, « Fundacja eremów Kongregacji Kamedułów Eremitów Góry Koronnej w dawnej Rzeczypospolitej », Rocznik Diecezji Pelplińskiej, 57, 2023, p. 205-225 ; Ekaterina Sherengovskaya-Brauman, « Konserwacja zachowawcza zbiorów starych druków oo. Kamedułów z Bieniszewa przechowywanych w Bibliotece Jagiellońskiej », Debiuty Bibliologiczno-Informatologiczne, 2015, p. 111. Jacek Partyka, Historyczny księgozbiór kamedułów eremitów z krakowskich Bielan. Spojrzenie na kulturę materialno-duchową polskich kamedułów, Tyniec, Wydawnictwo Benedyktynów, 2017.
33 Le catalogue de la BJ ne le précise pas, et Treter n’apparaît pas parmi les bienfaiteurs des Camaldules dans Jacek Partyka, op. cit.
34 Mathias Casimir Treter a financé le tableau Le Mariage mystique de sainte Catherine, qui orne l’autel principal de l’église Sainte-Catherine de Cracovie (autrefois Kazimierz), appartenant aux ermites de saint Augustin, avec lesquels il entretenait des relations étroites. Janina Dzik, « Przyczynek do mecenatu artystycznego Kościoła w XVII w. », Nasza Przeszłość, t. 75, 1991, p. 334-342.
35 Par exemple, Repetitionum In Iure Canonico (1618) a d’abord appartenu à Mathias Treter, puis à Stanislas Piotrkowczyk et enfin au chanoine Jean Chrysostome Bodzenta. L’ouvrage de Baldus de Ubaldi, In Sextum Codicis Librum Commentaria (1599), a successivement appartenu à Stanislas Piotrkowczyk, Mathias Casimir Treter et Jean Chrysostome Bodzenta. L’imprimerie de Piotrkowczyk posa les bases des futures presses universitaires de l’Académie de Cracovie (actives jusqu’en 2010) : Wanda Ptak-Korbel, Zofia Wawrykiewicz, « Piotrkowczyk Stanisław Teodor », dans Polski Słownik Biograficzny, t. 26, Vratislavie, ZNiO, PAN, p. 444-445. Au sujet de Bodzenta, voir : Jacek Partyka, op. cit., p. 147-155.
36 Wanda Ptak-Korbel, Zofia Wawrykiewicz, « Piotrkowczyk Andrzej », dans Polski Słownik Biograficzny, t. 26, Vratislavie, ZNiO, PAN ; « Piotrkowczyk Andrzej », dans Bogdan Kasprzyk, Poczet sołtysów, wójtów, burmistrzów i prezydentów miasta Krakowa (1228-2010), Kraków, Urząd Miasta Krakowa, 2010, p. 595. Treter et Bodzenta sont tous deux mentionnés dans les registres d’état civil de la basilique Sainte-Marie de Cracovie, bien qu’ils n’y apparaissent pas côte à côte : Jan Sygański SJ, Metryki Kościoła Marayackiego i katedry na Wawelu w Krakowie, Lviv, Nakładem Towarzystwa Heraldyczengo, 1911, https://ornatowski.com/wykazy-nazwisk/metryki-kosciola-mariackiego-i-katedry-na-wawelu/ (consulté le 28 janvier 2025)
37 L’ex-libris indique : « Ex Bibliotheca com. Wodzicki in Niedźwiedź. Donum prof. Cas. Wodzicki ».
38 Jerzy Dunin Borkowski, Almanach błękitny : genealogia żyjących rodów polskich, Varsovie-Lviv, Wende i Ska, 1908, p. 985-997.
39 « Stanisław Wodzicki », dans Bogdan Kasprzyk, Poczet sołtysów, wójtów, burmistrzów i prezydentów miasta Krakowa (1228-2010), Kraków, Urząd Miasta Krakowa, 2010, p. 757.
40 Stanislas Wodzicki, Katalog biblioteki niedźwiedzkiej, https://jbc.bj.uj.edu.pl/dlibra/publication//601012/edition/675971 (consulté le 25 juin 2025) Voir la ligne 14 de la page 1 intitulée « France ».
41 Sur Casimir Antoine Wodzicki, voir : Joanna Siekiera, « Prof. Kazimierz hr. Wodzicki – filozof i dyplomata w służbie Polonii Nowozelandzkiej », Polonia Journal, n°9, 2019, s. 125-140 ; Peter Bull, « Wodzicki, Kazimierz Antoni z Granowa », Dictionary of New Zealand Biography, 2000, https://teara.govt.nz/en/biographies/5w45/wodzicki-kazimierz-antoni-z-granowa (consulté le 29 janvier 2025) ; Witold Jan Chmielewski, Dzieci polskie w Nowej Zelandii. Obóz w Pahiatua (1944-1949), Kraków, Wydawnictwo Naukowe Akademii Ignatianum w Krakowie, 2022. Les liens de parenté entre les différents membres de la famille Wodzicki ont été reconstitués grâce aux données et aux outils mis en ligne par Maria Jadwiga Minakowska, Wielka genealogia Minakowskiej (Wielcy.pl), https://wielcy.pl/ (consulté le 26 juin 2025) ; id., Genealogia Potomków Sejmu Wielkiego, https://www.sejm-wielki.pl/ (consulté le 26 juin 2025).
42 „Katalog biblioteki” Wodzickich w Niedźwiedziu, Biblioteka Jagiellońska, BJ Rkp. 7504 III, https://jbc.bj.uj.edu.pl/dlibra/publication/540606/edition/527475/content (consulté le 04 février 2025).
43 Voir la notice de Do Nayiasnieyszego Pana Stanisława Augusta Krola Polskiego, W. Xiązęcia Litewskiego &c. Przy publicznym Doświadczeniu profitu Kawalerow uczących się w Collegium Nobilium Scholarum Piarum w Roku 1774, Varsovie, Drukarnia Pijarów, 1774.
44 Ce legs a été réalisé juste à temps. Quelques années plus tard, la Seconde Guerre mondiale éclate. Le NKVD arrête Casimir et ses parents. Ces derniers sont déportés en Sibérie, où ils finissent leurs jours. Relâché, Casimir s’enfuit en Italie, puis à Paris. Lorsque l’Allemagne nazie occupe la France en 1940, il émigre en Grande-Bretagne. Puis, le gouvernement polonais en exil à Londres l’envoie en tant que consul à Wellington, en Nouvelle Zélande. Là, il se consacre à la recherche scientifique, obtenant de prestigieuses distinctions, et à l’émigration polonaise, en particulier aux « enfants de Pahiatua », dont les parents ont été assassinés ou déportés en Union soviétique, et qui ont trouvé refuge en Nouvelle Zélande. Le palais de Niedźwiedź, quant à lui, a été réquisitionné par les Allemands, puis par le nouveau gouvernement communiste. Il devient successivement une école, un cinéma, un poste de milice (Milicja Obywatelska), un centre national de semences (Stacja Oceny Nasion), avant de redevenir une école, fonction qu’il occupe encore aujourd’hui. Joanna Siekiera, art. cit. ; Peter Bull, art. cit. ; Witold Jan Chmielewski, op. cit. ; « Cenny przykład architektury pałacowej doby stanisławowskiej », Zabytek, https://zabytek.pl/pl/obiekty/niedzwiedz-zespol-palacowy (consulté le 03 février 2025).
45 Ces liens de parenté ont été reconstitués grâce aux données et aux outils mis en ligne par Maria Jadwiga Minakowska, op. cit.
46 Stanislas Leszczynski est fait roi de Pologne en 1704, exilé au palatinat des Deux-Ponts (1714-1719) puis en France (1719-1733), beau-père de Louis XVI depuis 1725, élu roi de Pologne en 1733, contraint à nouveau à l’exil, fait duc de Lorraine et de Bar en 1738. Pierre Wodzicki et Joseph André Zaluski ont tous deux accompagné Stanislas Leszczynski dans ses exils en France, le premier en 1714-1733, le second en 1737-1742 puis en 1756. Ewa Strauchmann, « Wodziccy. Właściciele klucza porębskiego », Gorczański Park Narodowy, https://gpn.gov.pl/wodziccy-wlasciciele-klucza-porebskiego (consulé le 04 février 2025) ; Stefan Gaber, « Nieznany pobyt Józefa Andrzeja Załuskiego w Lotaryngii w roku 1756 », Pamiętnik Literacki, LXII, z. 2, 1971, p. 133-136.
47 Tous deux ont reçu une solide formation, sous la tutelle de leur oncle André Chrysostome, évêque de Varmie. En 1716, ils entreprennent un Grand Tour qui les mène à travers le Saint-Empire, la France, l’Italie et les Pays-Bas. André Stanislas poursuit ses études à l’université La Sapienza de Rome, où il obtient un doctorat en droit canon et civil. De retour en Pologne, il devient évêque de Plock (1723), grand chancelier de la Couronne de Pologne (1735), puis évêque de Cracovie (1746). Joseph André, de son côté, étudie au Séminaire Saint-Sulpice de Paris entre 1720 et 1723, puis à l’Université Jagellonne, où il obtient un doctorat en droit canon et civil. Devenu chanoine de la cathédrale de Cracovie en 1723, il est nommé référendaire de la Couronne en 1728. Partisan de la candidature de Stanislas Leszczynski au trône, il représente ses intérêts auprès du pape Clément XII entre 1733 et 1736, avant de rejoindre le monarque exilé en Lorraine. De retour en Pologne en 1742, il est sacré évêque de Kiev en 1759. Entre-temps, il effectue un voyage à travers l’Europe, notamment en Lorraine en 1756. Opposé à la politique russe en Pologne-Lituanie, il est enlevé et emprisonné en 1767 en Russie, où il reste détenu jusqu’à son retour en Pologne en 1773. Il meurt l’année suivante. Plus à leur sujet dans : Tomasz Szwaciński, « Załuski Józef Andrzej / Залуский Иосиф Андрей », Encyklopedia Polski Pertersburg, https://www.polskipetersburg.pl/hasla/zaluski-jozef-andrzej (mis en ligne le 24 juillet 2018, consulté le 26 juin 2025) ; Tomasz Szwaciński, « Załuski Andrzej Stanisław / Залуский Андрей Станислав », Encyklopedia Polski Pertersburg, https://www.polskipetersburg.pl/hasla/andrzej-stanislaw-zaluski (mis en ligne le 26 juillet 2018, consulté le 26 juin 2025).
48 La bibliothèque était alors en possession de Marie-Charlotte de Bouillou, petite-fille du roi Jean III.
49 Ces documents sont présentés dans Jan Kozłowski, « Źródła do rekonstrukcji biblioteki Załuskich », Z Badań nad Polskimi Księgozbiorami Historycznymi, z. 15, 1993, p. 27-42. Autre exemple : le manuscrit Notatnik z pobytu w Paryżu w latach 1720-1722 (Carnet de voyage à Paris dans les années 1720-1720), témoigne des dépenses de Załuski durant cette période. Il y mentionne un budget consacré aux livres (« za książki ») et aux estampes, bien que les titres des ouvrages acquis ne soient pas toujours précisés : Józef Andrzej Załuski, Notatnik z pobytu w Paryżu w latach 1720-1722, 1720-1722, https://polona.pl/preview/c729f613-0a3f-4e31-8a3c-bacb7a0407f1 (consulté le 26 juin 2025).
50 Au sujet des chiffres, voir : Krzystof Kossarzecki, « The Zaluski Family and their Library », dans Inventory of manuscripts from the Załuski Library in the Imperial Public Library, Varsovie, Biblioteka Narodowa, 2013, p. 77-78. En plus des imprimés, on déplace également les manuscrits et les estampes, respectivement au nombre d’environ 20 000 et 40 000. Une partie des collections se perd lors du voyage.
51 Au sujet de la bibliothèque, voir les contributions des volumes suivants : Inventory of manuscripts from the Załuski Library, op. cit. ; Catalogue of extant manuscripts from the former Załuski Library : the first Polish National Library, Varsovie, Biblioteka Narodowa, 2019 ; ainsi que : Maciej Forycki, Aleksander Małecki, « La Bibliothèque Załuski – témoin d’échanges, victime de dévastations (XVIIIe-XXe siècles) », Revue Française d’histoire du livre, CXLI, 2020, p. 197-213 ; Tomasz Szwaciński, « Biblioteka Załuskich w Petersburgu / Библиотека Залуских в Петербурге », Encyklopedia Polski Pertersburg, https://www.polskipetersburg.pl/hasla/biblioteka-zaluskich-w-petersburgu (mis en ligne le 27 novembre 2015, consulté le 26 juin 2025) ; Dorota Dukwicz (dir.), Bracia Załuscy - ich epoka i dzieło : zbiór studiów, Varsovie, Biblioteka Narodowa, 2011 ; Jan Kozłowski, Szkice o dziejach Biblioteki Załuskich, Varsovie-Vratislavie, PAN, ZNiO, 1986 ; Piotr Bańkowski, Biblioteka Publiczna Załuskich i jej twórcy, Varsovie, Stowarzyszenie Bibliotekarzy Polskich, 1959.
52 Plus à ce sujet dans : Andrzej Nieuwazny, « L’URSS et la restitution des archives. Le cas polonais : 1921-1939. Autour du traité de Riga », dans Alexandre Sumpf, Vincent Laniol (dir.), Saisies, spoliations, restitutions, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2012, p. 165-176 ; Tomasz, Szwaciński, « Introduction », dans Catalogue of extant manuscripts…, op. cit., p. 13-16.
53 D’après Edward Chwalewik, Zbiory polskie, Varsovie-Cracovie, Wydawnictwo J. Mortkowicza, 1926, t. I, p. 302.
54 Hubert Carrier, « Souvenirs de la Fronde en URSS : les collections russes de Mazarinades », Revue historique, tome CCLII, 1974, p. 27-50. Voir également la contribution de Maxim Boyko, ainsi que les données fournies sur la page « Géolocalisation des mazarinades », Recherches internationales sur les Mazarinades, https://mazarinades.org/geolocalisation-des-mazarinades-fonds-collections-catalogues-etc/ (mis à jour le 19 juin 2025, consulté le 23 janvier 2025).
55 Inventory of manuscripts from the Załuski Library, op. cit. ; Catalogue of extant manuscripts…, op. cit.
56 Mathilde Bombart, « La Fronde en recueils », Pratiques et formes littéraires 16-18. Cahiers du GADGES, 18, 2021, https://publications-prairial.fr/pratiques-et-formes-litteraires/index.php?id=374#quotation (mis en ligne le 29 mars 2022, consulté le 23 juin 2025).
Revue du GRHis, n° 2, 2026
URL : https://publis-shs.univ-rouen.fr/grhis/172.html.
Quelques mots à propos de : Teresa Malinowski
Chercheure rattachée au MéMo, Université Paris-Nanterre
