7 | 2022
La linguistique du signifiant. Approches et domaines d’application

Ce volume 7 de la collection Épilogos présente 11 études autour du principe saussurien de l’unicité du signe linguistique. Ces études s’inscrivent, pour la plupart, dans la linguistique du signifiant telle qu’elle est pratiquée dans le cadre de la linguistique hispanique postguillaumienne, qui présente des points de conver-gence avec la théorie culiolienne de l’invariance, en linguistique anglaise.

Portant sur la langue espagnole, on y trouve les contributions de Cazalbou, Fournet-Pérot, Gracia Barrón, Grégoire, Lemus, Macchi, Pagès et Sicot-Domínguez. L’article de Béligon et Bourdier traite sur la langue anglaise, ainsi que l’article d’Hancil.

L’avant-propos de Vicente Lozano et l’article de Tollis, clôturant le volume, adoptent une démarche résolument épistémologique.

Textes réunis et présentés par José Vicente Lozano.

Couverture de

La signifiance dans le lexique

Sensations, sentiments, cognition : quel invariant pour ‘feel’

Valérie Bourdier et Stéphanie Béligon


Résumés

Cette contribution se donne pour objectif d’examiner le prédicat feel et ses particularités sémantiques. Feel est originellement lié à l’origine au toucher et conserve, encore aujourd’hui, cette signification physiologique. Malgré tout, il possède de nombreuses autres acceptions et peut ainsi être défini comme « To perceive, be conscious » par les sens, que ce soit celui du toucher ou non, ou encore par « To be conscious of (a subjective fact); to be the subject of, experience (a sensation, emotion), entertain (a conviction) » (Oxford English Dictionary). Feel renvoie donc aux sensations, aux émotions et sentiments, et à la pensée (« think or believe that something is the case », Oxford Advanced Learner’s Dictionary).
Certaines significations sont liées à la perception tactile, d’autres à une perception dont les récepteurs sont difficiles à identifier ; d’autres sens, enfin, renvoient à un acte intellectuel. Est-il possible de dégager un invariant à tous ses emplois ou a-t-on plutôt affaire à un gradient qui permettrait de passer d’un sens à l’autre ? L’idée originelle de toucher a-t-elle complètement disparu des significations les plus abstraites ? Que traduit cette origine de la conceptualisation des sentiments, des émotions et de la pensée ?
Pour répondre à ces questions, nous nous appuyons sur des exemples authentiques tirés du Corpus of Contemporary American English et du Web. Ceux-ci nous conduisent à examiner les collocations formées, les contextes d’apparition du verbe et à comparer, notamment feel et des constructions ou formulations qui paraissent proches sémantiquement (feel + adjectif et be + adjectif ; feel + nom et have a/the feeling of ; feel + adjectif et feel + nom).
Nous chercherons à démontrer que le système de l’anglais permet de mettre en évidence l’unité des sensations, sentiments et pensées.

Texte intégral

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Pour citer ce document

Valérie Bourdier et Stéphanie Béligon, « Sensations, sentiments, cognition : quel invariant pour ‘feel’ » dans « La linguistique du signifiant. Approches et domaines d’application », « Epilogos », n° 7, 2022 Licence Creative Commons
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URL : https://publis-shs.univ-rouen.fr/eriac/982.html.

Quelques mots à propos de :  Valérie Bourdier

Valérie Bourdier est maître de conférences en linguistique anglaise à l’université Paris-Est Créteil. Ses recherches en linguistique énonciative et contrastive (anglais-français) portent sur l’élaboration de l’inter-subjectivité, notamment à travers l’étude des marqueurs de modalité, ainsi que sur la dynamique de construction du sens en constructions nominales et adjectivales.

Quelques mots à propos de :  Stéphanie Béligon

Stéphanie Béligon est maître de conférences en linguistique anglaise à l’université Paris-Est Marne-la-Vallée. Ses recherches portent sur des questions de sémantique et de morphologie, concernant en particulier la négation et l’expression des émotions et des sentiments, notamment dans une perspective contrastive (anglais-français).