7 | 2022
La linguistique du signifiant. Approches et domaines d’application

Ce volume 7 de la collection Épilogos présente 11 études autour du principe saussurien de l’unicité du signe linguistique. Ces études s’inscrivent, pour la plupart, dans la linguistique du signifiant telle qu’elle est pratiquée dans le cadre de la linguistique hispanique postguillaumienne, qui présente des points de conver-gence avec la théorie culiolienne de l’invariance, en linguistique anglaise.

Portant sur la langue espagnole, on y trouve les contributions de Cazalbou, Fournet-Pérot, Gracia Barrón, Grégoire, Lemus, Macchi, Pagès et Sicot-Domínguez. L’article de Béligon et Bourdier traite sur la langue anglaise, ainsi que l’article d’Hancil.

L’avant-propos de Vicente Lozano et l’article de Tollis, clôturant le volume, adoptent une démarche résolument épistémologique.

Textes réunis et présentés par José Vicente Lozano.

Couverture de

La signifiance dans le lexique

Comment traiter la question des paronymes non co-référentiels en linguistique du signifiant

Michäel Grégoire


Résumés

Le postulat radical d’une indissociation du signifiant et du signifié pose question en première approximation dans des cas où une analogie morphologique n’est pas rendue par une analogie sémantique. On relève même parfois au gré des lectures ou de l’observation du lexique un rapport antonymique entre deux paronymes. Face à des situations de ce type, nous avons échafaudé récemment un cadre théorique qui propose deux alternatives si l’on souhaite conserver les postulats de l’unicité et de la consubstantialité du signe : (i) sur le plan conceptuel, remonter à un degré d’abstraction supérieur pour tenter d’établir un signifié, voire un pré-signifié cognitivement englobant, (ii) sur le plan formel, explorer les aptitudes du signifiant à être conçu et exploité différemment en fonction des énoncés. Selon nous, les deux démarches peuvent s’avérer valides ou complémentaires en fonction des cas :

– En cas de paronymie co-référentielle, il convient d’identifier la zone non analogue afin de chercher à y rattacher un champ notionnel propre à chaque signifiant.
– En cas de paronymie poly-référentielle, on peut partir en quête des traits pré-signifiants iconiquement sollicités pour l’expression de chaque sens.
– En cas de paronymie énantiosémique, il incombe de mettre en lumière la capacité du concept pré-sémantique à se décliner en un sens et en son contraire après démonstration de ce que les deux paronymes font bien partie de la même structure morpho-conceptuelle.

Nous nommons ce protocole méthodologique la « Théorie de la Saillance Submorphologique » (Grégoire 2012a, 2012b, 2013a, 2013b) dans la mesure où nous postulons que chaque mot est créé métonymiquement par sollicitation d’un seul trait de son signifiant (dit saillant), d’une part, et que de facto plusieurs autres traits sont susceptibles d’être exploités dans le cadre de remotivations ultérieures, d’autre part.

Texte intégral

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Pour citer ce document

Michäel Grégoire, « Comment traiter la question des paronymes non co-référentiels en linguistique du signifiant » dans « La linguistique du signifiant. Approches et domaines d’application », « Epilogos », n° 7, 2022 Licence Creative Commons
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Quelques mots à propos de :  Michäel Grégoire

Michäel Grégoire est maître de conférences à l’université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand où il enseigne la linguistique espagnole et la traduction. Titulaire d’un doctorant sur le signifiant lexical espagnol, ses recherches portent sur la compatibilité de la « Théorie de la Saillance Submorphologique » avec la linguistique énactive.