Sommaire
Littérature et occulture
Programme de recherche
Coordination scientifique : Frank Greiner, Sylvain Ledda et Catherine Douzou

- Frank Greiner Introduction
- Tom Fischer Pantheum alchemicum, ou quand l’alchimie s’intéresse à la mythologie gréco-romaine
- Piero Latino La littérature française et l’ésotérisme de Dante
- Caroline Legrand L’arithmosophie dans Lorenzaccio : pour une herméneutique du nombre ?
- Frank Greiner À propos d’Umberto Eco et de la sémiosis hermétique
- Agnès Parmentier Quelques caractéristiques d’une herméneutique ésotérique. Le Märchen de J. W. von Goethe lu par Oswald Wirth et Rudolf Steiner
- Sylvain Ledda Présentation
- Laurence Danguy Comment regarder le tarot de Marseille ?
- Frank Greiner Court de Gébelin : du tarot au livre de Thot
- Antony Glinoer Les vies transmédiatiques des Atouts d’Ambre
- Esther Nka Manyol Les arcanes du tarot dans Sépulcre de Kate Mosse
- Stéphane Pouyaud Le crime au miroir du jeu de cartes : parties de cartes et cartomancie chez Agatha Christie
- Martin Hervé Augurer de l’écriture. La voyance littéraire d’après Sophie Létourneau et Anne-Renée Caillé
- Gwenael Beuchet Arcane 17, un essai de cartomancie objective
- Piero Latino Les arcanes majeurs selon Ouspensky, Guaita et le Père Gabriele Amorth
- Frank Greiner Prologue
- Frank Greiner Comment l’alchimie vint au roman. Nazari, Verville, Andreae et la quête philosophale
- Valérie Wampfler La Ruine de Saturne : un épisode de la Peruviana de Claude-Barthélemy Morisot, roman alchimique (1644)
- Fiona McIntosh-Varjabédian Les transmutations romanesques de Walter Scott : l’alchimie entre croyances anciennes et jugements modernes
- Tom Fischer Quel alchimiste pour les écrivains romantiques français ? Le cas Nicolas Flamel
- Piero Latino Littérature et alchimie dans le sillage d’Elémire Zolla
- Bounthavy Suvilay Fullmetal Alchemist : quand le manga s’empare de l’alchimie
L’initiation à travers l’œuvre de Jean Biès : de L’Initiatrice à la critique initiatique
Nabil Sini
1Jean Biès a, tout au long de son œuvre, exploré les liens existants entre la littérature et l’ésotérisme, compris comme « science et discipline de l’intériorité1 ». Cet écrivain français, né en 1933 à Caudéran et décédé en 2014 à Paris, a vécu toute sa jeunesse à Alger, alors sous domination française. Au début des années 1960, peu avant l’indépendance de l’Algérie, Jean Biès s’installe à Nay. C’est au lycée de cette commune des Pyrénées-Atlantiques qu’il fut, entre autres, le professeur de Lettres d’un « garçon blondinet et frisque, de deux ans plus jeune que ses condisciples, un être curieux de tout, insatiable, enthousiaste, lecteur infatigable2 », qui n’était autre que le futur Premier ministre français François Bayrou3. En 1997, à la fin de la carrière professorale de Jean Biès, ce même François Bayrou, alors ministre de l’Éducation nationale, lui décerna les insignes de Chevalier de l’Ordre national de la Légion d’honneur pour ses trente-cinq années passées au service de son ministère :
[François Bayrou] souligna qu’il avait tenu à témoigner sa reconnaissance par un geste marquant à celui qui, plutôt qu’un professeur, lui était vite apparu comme un véritable « éveilleur atypique ». Il lui avait révélé, à lui, fils de la paysannerie (mais une paysannerie aristocratique par nature), L’Enracinement de Simone Weil, l’artisanat saisi dans sa dimension spirituelle, chère à Péguy, et la magie incantatoire des poèmes de celui-ci, la non-violence gandhienne reprise en Occident par Lanza del Vasto4 […].
2Parallèlement à sa carrière de professeur, Jean Biès fut aussi et surtout un poète et un universitaire proche du pérennialisme5. Ce courant, qui renvoie principalement aux œuvres de René Guénon (1886-1951) et de Frithjof Schuon (1907-1998), deux ésotéristes antimodernes du xxe siècle, repose sur trois postulats exposés par l’historien Antoine Faivre lors du dixième colloque de Politica Hermetica6, à savoir :
– l’existence d’une Tradition primordiale, qui sous-tendrait les différentes traditions particulières (hindouisme, christianisme, judaïsme, islam…),
– l’incompatibilité entre cette Tradition et la modernité7,
– la possibilité de retrouver cette Tradition par la gnose et l’initiation.
3Une partie de l’œuvre de Biès repose sur le terme central de ce dernier postulat. Il a ainsi abordé le thème de l’initiation de deux manières différentes : en tant que romancier, d’une part, et en tant qu’universitaire et critique littéraire, d’autre part.
L’Initiatrice
4Il est à noter qu’en tant que romancier, Jean Biès écrit en 1990 un roman autobiographique se référant au thème de l’initiation. Publié par les éditions Jacqueline Renard8, L’Initiatrice évoque, comme son titre le laisse présager, une initiatrice mais aussi une initiation particulière, laquelle se déroule dans un lieu initiatique assez original : une librairie algéroise. La protagoniste en question, Rolande Renoux-Messerschmitt (1919-2012)9, fut durant un demi-siècle l’épouse de Jean Biès10. Cette femme au « visage encadré de cheveux noirs aux reflets roux11 » fut l’élève de Gaston Bachelard à la Sorbonne, au début des années 194012, avant de rejoindre Alger en 1945. L’année suivante, elle commence à travailler dans la librairie Les Vraies Richesses d’Edmond Charlot (1915-2004), le premier éditeur d’Albert Camus. C’est dans cette célèbre librairie de la rue Charras13, centre de l’intelligentsia algéroise au sortir de la Seconde Guerre mondiale (et ressuscitée de manière romanesque par le Prix Renaudot des lycéens 201714), que Rolande fait ses premiers pas en tant que libraire et qu’elle côtoie la plupart des figures des Écoles d’Alger, littéraire (1935-1962) et picturale (1907-1962) :
J’y ai rencontré Camus, un homme très beau, Henri Bosco, très gentil, le peintre Marquet, que j’aimais beaucoup, Emmanuel Roblès, Gabriel Audisio, Jules Roy, Jean Grenier, féru de taoïsme, d’un abord très simple comme tous les gens bien, auquel Camus a dédié L’Homme révolté, des peintres comme Fernez et Yvonne Herzig, le sculpteur Greck. Il se formait là un véritable cénacle méditerranéen15.
5En 1948, alors qu’Edmond Charlot hésite « à créer un rayon consacré à l’orientalisme16 », Rolande Renoux décide de fonder sa propre librairie orientaliste : Le Lotus d’Or. Celle-ci se trouvait au numéro 9 de la rue Bourlon17, une rue en pente qui mène vers le port d’Alger et est située à quelques encablures des facultés universitaires algéroises. C’est dans cette librairie, qu’il considère comme un « antre initiatique18 », que Jean Biès rencontre pour la première fois, en octobre 195319, alors qu’il est encore étudiant à la Faculté des Lettres d’Alger, cette femme qui « n’était pas n’importe quelle femme20 ».
6Dans le prologue de son roman autobiographique, il décrit cet épisode qu’il fait correspondre à un « Instant unique », au moment privilégié de sa vie, au Kaïros des Grecs21, en reprenant un vocabulaire proprement initiatique :
En ce matin d’octobre de ma dix-huitième année, franchissant un certain seuil, j’ignorais que je vivais l’instant le plus décisif de ma vie, celui où je rencontrerai mon âme. […] Il ne s’était pas agi de traverser le pont des Quêtes médiévales […]. Il y avait là, toutefois, quelque chose dont l’évidence avait tout d’un rite de passage, d’une initiation dont les éléments ne se dévoileraient qu’avec parcimonie, au long du temps22.
7En cette matinée automnale, Biès vécut donc une double initiation ; initiation à l’amour, puisqu’il s’agissait là de la première rencontre avec celle qu’il épousa en 196123, et initiation à la pensée traditionnelle :
C’est ici que se situe le jour que je qualifierais sans la moindre hésitation du plus important de ma vie, après celui de ma venue au monde ; le jour qui allait déterminer toute la suite de mon existence24.
8Bien que cette double initiation (amoureuse et livresque) évoquée dans L’Initiatrice eut pour conséquence un changement d’état de l’« initié », elle ne peut cependant pas être considérée comme une « véritable » initiation (celle-ci impliquant essentiellement une transmission d’un influx spirituel d’un maître vers un disciple). Dans son journal spirituel, Biès revient toutefois sur les modalités de son « initiation » :
Le Lotus d’or. Rolande Renoux. Celle que j’attendais n’a pas oublié d’être là. Elle m’a révélé en quelques jours l’œuvre de René Guénon, les « Spiritualités vivantes » de Jean Herbert, Râmakrishna, Swâmi Râmdâs, le Mont Athos, le Bardo-Thödol, le Tao-te-king, la Bhagavad-Gîtâ, les mystiques soufis, dont le Sheikh al-Allaoui. Je me suis étoilé de ce coup. Tout est là, je le sais ; et c’est de là que je naîtrai25.
9Dans cet extrait, Jean Biès se réfère indistinctement aux différentes traditions puisque, suivant le premier postulat pérennialiste, elles seraient toutes issues de la Tradition primordiale. Il est aussi intéressant de mentionner que la « seconde naissance », qui survient censément après chaque initiation, s’est déroulée dans son cas suite à la découverte de ces différents livres consacrés à la spiritualité. Même si René Guénon a justement insisté, dans ses Aperçus sur l’initiation (1946), sur l’impossibilité d’une initiation livresque, Jean Richer a, quant à lui, pertinemment noté dans ses Aspects ésotériques de l’œuvre littéraire (1980) :
Nous ne croyons pas que, dans les conditions habituelles de l’existence de l’être humain en Occident, la lecture d’un ou de plusieurs livres puisse tenir lieu d’initiation car celle-ci, dans son essence même, comporte la transmission d’un influx spirituel, qui ne peut se faire que directement, de maître à disciple. Mais en revanche, le livre peut être vecteur de connaissances particulières associées aux « petits mystères » et, par-là contribuer à la création, chez le lecteur, d’un état d’esprit favorable à l’acquisition d’une véritable initiation (qui peut, ultérieurement, conduire à l’adeptat puis à l’époptie)26.
10Par ailleurs, il faut préciser que, comme elle le mentionne déjà en 1951 dans une lettre à l’écrivain Pham Van Ky (1910-1992)27, Rolande Renoux ne se considérait pas comme un guru ou une initiatrice à proprement parler :
Je n’ai jamais prétendu être un maître. […] J’ai bien trop enraciné au fond de moi la certitude que je ne suis rien du tout. […] Et sur le plan social, je suis d’accord avec Krishnamurti et toi, absolument, pas de disciples pour rien au monde28.
11Cependant, on pourrait dire qu’elle fut pour Jean Biès son upaguru. Ce terme a plusieurs occurrences dans son œuvre29, et se trouve explicité dans un article de René Guénon publié pour le compte des Études traditionnelles en 1948 :
Si l’on parle souvent du rôle initiatique du Guru ou du Maître spirituel, […] il est par contre une autre notion qu’on passe généralement sous silence : c’est celle que la tradition hindoue désigne par le mot « upaguru ». Il faut entendre par là, tout être, quel qu’il soit [ndlr : une libraire, par exemple], dont la rencontre est pour quelqu’un l’occasion ou le point de départ d’un certain développement spirituel30.
12C’est en ce sens que Rolande Renoux a été l’initiatrice de Jean Biès ; non pas en tant que guru mais en tant qu’upaguru. L’Initiatrice, que le philosophe catholique Jean Borella (né en 1930) estimait digne d’un prix Goncourt31, et qui fut aussi très apprécié par le professeur à la Sorbonne François Chenet (1955-2020)32, est donc un roman autobiographique retraçant une initiation particulière, non effective33, par un upaguru.
Des poètes et des dieux : la critique initiatique
13À côté de ce roman « initiatique », Jean Biès a écrit, en tant qu’universitaire, de nombreux articles de critique littéraire relatifs aux liens entre la littérature et l’ésotérisme. Parmi ces contributions, on peut citer : « La Fontaine : quelques sources orientales du fablier », « le Yoga poétique de Mallarmé », ou encore « Segalen taoïste ». Docteur ès lettres avec une thèse portant sur La Littérature française et la pensée hindoue (1974), Biès a regroupé ses articles publiés dans diverses revues (Points et Contrepoints, La Voix des poètes34, Connaissance des religions, …) en un recueil intitulé Des poètes et des dieux35. Dans l’introduction de cet ouvrage, il rappelle en ouverture que le xxe siècle a été un « grand siècle de la critique littéraire36 ». À partir de ce constat, il s’oppose d’emblée au « réductionnisme critique » (sociologique, psychanalytique, historique…) qui domine au sein de l’université française, et lui préfère la critique unitive de Gaston Bachelard (1884-1962), de Georges Poulet (1902-1991), ou encore celle de Jean-Pierre Richard (1922-2019). Afin de répondre, par le biais de ses recherches, à sa double vocation littéraire et ésotérique, Jean Biès privilégia une approche critique « tendant vers une certaine intériorité » et s’approchant « d’une certaine ésotéricité37 ». Il voulut voir poindre, au sein de l’université française, cette « autre école de critique38 » qu’il propose de nommer, dans ses prolégomènes, la critique initiatique. Il lui accordait en outre quatre précurseurs : Albert Béguin (1901-1957)39, James Dauphiné (né en 1947)40, Jean Paulhan (1884-1968)41, et Jean Richer (1915-1992)42. À propos de ce dernier, Jean Biès notait déjà, en 1982, dans la revue Aurores de Jacques Levallois :
L’université française, dépassant le cadre étroit d’une érudition stérile et d’une critique formelle, s’ouvrirait-elle enfin aux dimensions de l’ésotérisme ? Plusieurs signes le confirment, parmi lesquels Jean Richer. […] À Jean Richer revient d’avoir révélé que de nombreux auteurs ont enrichi leurs œuvres de significations ésotériques soit par des emprunts conscients à l’onomastique, à l’alchimie, à l’astrologie, à la kabbale, à l’onéiromancie, soit par l’émergence en eux de certaines grandes images archétypales43.
14Dans Des poètes et des dieux, Jean Biès aurait encore pu ajouter à la liste de ces précurseurs de la critique initiatique André Lebois (1915-1978), son professeur de Lettres à l’université d’Alger ainsi que son directeur de thèse.
15En 1976, Jean Biès affirmait déjà que celui qu’il considérait comme le « maître qui [lui] fut de beaucoup le plus cher44 » avait, par le truchement de son travail universitaire, participé au dévoilement de « toute une métalittérature […], que la critique s’est trop longtemps contentée d’ignorer45 ». À ce titre, Lebois avait en effet écrit des essais sur chaque membre de la « triade des visionnaires apocalyptiques qu’il affectionne : Nerval46, notre “chamane” nourri de maçonnisme (traditionnel) et de pythagorisme, Bourges47, brûlé du “soleil noir des métaphysiques”, Milosz48 ignoré, car coupable d’une visitation et d’une œuvre supérieure, dont l’exégèse débute à peine : “un des plus grands lyriques de tous les temps”49… ». En ce qui concerne la méthodologie de la critique initiatique, Jean Biès affirme que pour y recourir efficacement, il est nécessaire d’avoir « assimilé et fait sien l’esprit traditionnel » et de posséder le « don de sympathie à l’égard des œuvres étudiées50 ». Une fois ces prérequis atteints, il convient, selon lui, d’essayer de déceler dans une démarche universitaire les aspects ésotériques de l’œuvre littéraire afin d’en renouveler la lecture :
La critique initiatique envisage les œuvres à leurs différents niveaux de réalité en remontant jusqu’aux archétypes qui les déterminent. […] Elle s’informe des composantes de l’ésotérisme qui est à l’origine de ces œuvres, les inspire, les parcourt. La critique initiatique élargit brusquement l’espace littéraire. Elle s’intéresse peu aux analyses horizontales, d’ordre extérieur, circonstanciel, non plus qu’à des analyses descendantes dans l’infra-conscient, pressée qu’elle est de remonter le cours des œuvres jusqu’à leur réalité essentielle, leur révélant à elles-mêmes, et au public, la dimension insoupçonnée qu’elles détiennent51.
16En recourant, dans Des poètes et des dieux, à la critique initiatique pour analyser les œuvres littéraires de ses auteurs de prédilection (René Daumal, Pierre Oster, Mircea Eliade, …), Jean Biès invite ses lecteurs à découvrir une nouvelle méthode de critique littéraire, qui pourrait bien être celle du xxie siècle52.
1 Martin Lings, La Onzième heure, Lausanne, L’Âge d’Homme, 2001, p. 18.
2 Jean Biès, Le Soleil se lève à minuit, Initiation aux sagesses du quotidien, Paris, L’Harmattan, 2011, p. 136.
3 François Bayrou a été le Premier ministre de la République française entre le 13 décembre 2024 et le 9 septembre 2025.
4 Jean Biès, Le Soleil se lève à minuit, op. cit., p. 136.
5 Pour une histoire de ce courant, voir Mark Sedgwick, Against the Modern World: Traditionalism and the Secret Intellectual History of the Twentieth Century, Oxford, Oxford University Press, 2004 (traduction française par Thierry Giaccardi, Paris, Dervy, 2008).
6 Antoine Faivre, « L’historien et le pérennialisme », Politica Hermetica, 10 (1996), p. 68-72.
7 Jean Biès a écrit à ce sujet un livre au titre révélateur : Vie spirituelle et modernité, Comment concilier l’inconciliable ?, Paris, L’Harmattan, 2009.
8 Fille de Jean et Madeleine Renard, les fondateurs des éditions Dervy.
9 Voir Éric Phalippou, « Rolande Renoux-Messerschmitt : “Une révoltée à visage de Janus” (Algérie, 1945-1962) », Politica Hermetica, 37 (2023), p. 113-147.
10 Rolande Renoux-Messerschmitt fut l’épouse de Jean Biès de 1961 jusqu’à sa mort, survenue en 2012, à la suite de la maladie d’Alzheimer. Jean Biès évoque leurs dernières années de vie commune dans Le Deuil blanc, Journal d’un accompagnant, Chapelle-sous-Aubenas, Hozhoni, 2015.
11 Jean Biès, L’Initiatrice, Paris, Jacqueline Renard, 1990, p. 31.
12 Éric Phalippou a remis en question le parcours universitaire de Rolande Renoux : « À ma connaissance, Rolande eut pour tout diplôme un baccalauréat littéraire (avec anglais en première langue et espagnol en seconde). La référence faite à Bachelard dans son cursus me paraît plutôt de l’ordre incantatoire, ce afin d’habiliter d’un halo transcendantal la nature de son engagement » ; Éric Phalippou, « Rolande Renoux-Messerschmitt », art. cité, p. 133.
13 Actuelle rue Arezki Hamani, à Alger Centre.
14 Kaouther Adimi, Nos richesses, Paris, Seuil, 2017.
15 Jean Biès, L’Initiatrice, op. cit., p. 137.
16 Ibid., p. 138.
17 Actuellement, rue des frères Boulahdour.
18 Jean Biès, Le Livre des Jours, Journal spirituel (1950-2007), Chapelle-sous-Aubenas, Hozhoni, 2014, p. 438.
19 Tout au long de ses écrits, Jean Biès se contredit au sujet de son âge lors de sa première rencontre avec Rolande Renoux. Dans le prologue de L’Initiatrice, il fait remonter cet événement à ses dix-huit ans (1951) ; dans une lettre à Rolande (le 11 janvier 1961), il écrit : « Je constate que tu es dans ma vie depuis l’âge de dix-neuf ans » ; enfin, dans ses entretiens avec Mireya de Alsón, il précise : « Il ne faut pas oublier que je l’ai rencontrée dans ma vingtième année » ; Jean Biès, Par les chemins de vie et d’œuvre, Entretiens avec Mireya de Alsón, Paris, Les Deux Océans, 2001, p. 49. Cette dernière assertion paraît la plus vraisemblable, car dans son journal spirituel, il date sa rencontre avec Rolande du mois d’octobre 1953 ; Jean Biès avait alors bel et bien vingt ans.
20 Jean Biès, Le Soleil se lève à minuit, op. cit., p. 41.
21 « Cet Instant privilégié, les Grecs le nommaient Kaïros. Ils en avaient fait un dieu. […] Le Kaïros est l’Instant rare, unique, exceptionnel. Il n’est rien moins que la chance déterminante de notre vie » ; Jean Biès, L’Initiatrice, op. cit., p. 12-13.
22 Ibid., p. 11.
23 Il lui consacra par ailleurs un recueil de poèmes : Jean Biès, Connaissance de l’amour, Paris, Points & Contrepoints, 1970.
24 Jean Biès, Le Soleil se lève à minuit, op. cit., p. 41.
25 Jean Biès, Le Livre des Jours, op. cit., p. 46.
26 Jean Richer, Aspects ésotériques de l’œuvre littéraire, Paris, Dervy, 1980, p. 10.
27 Cet écrivain, qui eut une relation épistolaire avec Rolande Renoux-Messerschmitt au début des années 1950, a obtenu le Grand prix du roman de l’Académie française en 1961 pour Perdre la demeure.
28 Lettre de Rolande Renoux-Messerschmitt à Pham Van Ky, Alger (un samedi soir, non daté).
29 Voir par exemple Jean Biès, Paroles d’urgence, Lyon, Terre du Ciel, 1996, p. 159, ou Jacques Brosse, L’Arbre et l’Éveil, Entretiens avec Jean Biès, Paris, Albin Michel, 1997, p. 62.
30 René Guénon, « Guru et upaguru », Études traditionnelles, 265 (1948), p. 6.
31 Propos tenu lors d’un entretien avec Bruno Bérard (9 juillet 2024).
32 « Et maintenant, que je vous dise l’enchantement qu’a été pour moi la lecture de L’Initiatrice, une lecture ayant eu valeur de méditation, de joie intime et de nourriture intérieure […]. Les pages dans lesquelles vous narrez votre découverte des sagesses orientales, décrivez votre grange paradisiaque et la nature environnante, ou relatez votre expérience du monde onirique sont de purs chefs-d’œuvre, et il faut en chercher la magie dans cet “état de grâce” que crée votre art […] tandis que les pages dans lesquelles vous restituez l’action maïeutique de Lande-Hélène et sa profonde connaissance des ressorts de l’âme humaine introduisent au cœur de ce mystère de la vie où nous cheminons tous » ; Lettre de François Chenet à Jean Biès (16 novembre 1990).
33 Jean Biès affirme lui-même : « Ma voie fut dès le début davantage dans le “yoga de l’écriture” que dans une voie à proprement parler initiatique » ; Jean Biès, Le Livre des Jours, op. cit., p. 666.
34 Revue fondée par Simone Chevallier (1907-1980), laquelle inspira à Lucien Rebatet le personnage d’Anne-Marie Villars pour son roman intitulé Les Deux Étendards (1952).
35 Ce livre vient de paraître, à titre posthume, aux éditions de L’Harmattan (collection « Théôria », dirigée par Pierre-Marie Sigaud).
36 Jean Biès, Des poètes et des dieux, De la littérature à la philosophie pérenne, préface de Nabil Sini, Paris, L’Harmattan, 2025, p. 19.
37 Ibid., p. 21.
38 Ibid.
39 Professeur de littérature à l’Université de Bâle, auteur de L’Âme romantique et le rêve (1937).
40 Professeur de lettres à l’Université de Pau, organisateur d’un colloque sur la création littéraire et les traditions ésotériques (1989), dont les actes furent publiés en 1991 (lesquels contiennent un article de Jean Biès, intitulé « Du romantisme français au romantisme suprême »).
41 Directeur de la Nouvelle Revue Française (NRF), auteur notamment des Fleurs de Tarbes (1941), ou de Le Clair et l’Obscur (1958).
42 Professeur de littérature à l’université de Nice, auteur des Aspects ésotériques de l’œuvre littéraire (1980).
43 Jean Biès, « Poésie ésotérique et géographie sacrée », Aurores, 19 (1982), p. 4.
44 Lettre de Jean Biès à Madame A. Lebois (8 mars 1978).
45 Jean Biès, « André Lebois : du Critique au Poète », Points et Contrepoints, 119 (1976), p. 69.
46 À l’image de Jean Richer, André Lebois s’est aussi intéressé aux aspects ésotériques de l’œuvre de Gérard de Nerval : voir André Lebois, Fabuleux Nerval, Paris, Denoël, 1972.
47 André Lebois, Les Tendances du Symbolisme à travers l’œuvre d’Elémir Bourges, Blainville-sur-Mer, L’Amitié par le Livre / Le Cercle du Livre, 1952.
48 André Lebois, L’Œuvre de Milosz, Paris, Denoël, 1960.
49 Jean Biès, « André Lebois : du Critique au Poète », art. cité, p. 69.
50 Jean Biès, Des poètes et des dieux, op. cit., p. 22.
51 Ibid.
52 Ibid., p. 21.
Programme de recherche
Coordination scientifique : Frank Greiner, Sylvain Ledda et Catherine Douzou
© Publications numériques du CÉRÉdI, « Actes de colloques et journées d’étude », n° 29, 2023
URL : https://publis-shs.univ-rouen.fr/ceredi/2221.html.
Quelques mots à propos de : Nabil Sini
Université Libre de Bruxelles
