Littérature et occulture

Programme de recherche
Coordination scientifique : Frank Greiner, Sylvain Ledda et Catherine Douzou

Littérature et occulture

Troisième partie : Roman et alchimie, alchimies du roman – Coord. scientifique : Frank Greiner

Quel alchimiste pour les écrivains romantiques français ? Le cas Nicolas Flamel

Tom Fischer


Texte intégral

Introduction

1Il n’est pas nécessaire de justifier à nouveau les liens forts, et parfois surprenants, qui unissent l’alchimie et la littérature occidentale ; plusieurs exemples en ont déjà été fournis lors de cette journée, lesquels prouvent que la période moderne fut particulièrement prolixe en la matière. Cela s’explique en grande partie par le fait que l’alchimie était alors discutée dans des cercles scientifiques (pour débattre de la possibilité de la transmutation des métaux1), prise comme exemple dans des milieux ecclésiastiques (pour les « belles similitudes » que son imagerie pouvait apporter aux prédicateurs2), ou encore mise en avant par nombre d’éditeurs (ravis de profiter financièrement de l’essor d’une « littérature des secrets3 »). Il apparaît par conséquent logique de retrouver, dans les romans de ce temps, les traces d’un sujet « à la mode ». À l’inverse, nous pouvons nous questionner sur les raisons de la persistance de thématiques alchimiques dans des écrits qui suivirent la mise au rebut progressive de cette science, au cours de la seconde moitié du xviiie siècle ; est-ce uniquement par curiosité personnelle que nombre d’écrivains romantiques, en particulier en France, parsemèrent alors leurs ouvrages de références ésotériques ? Et si oui, comment appréhender la genèse de leur travail ? C’est pour proposer quelques éléments de réponse que nous avons choisi de nous intéresser aujourd’hui au cas de Nicolas Flamel (vers 1330-1418), le plus célèbre des alchimistes français (qui ne fit vraisemblablement jamais d’alchimie !), ainsi qu’à celui de l’un de ses plus farouches admirateurs, à savoir Paul Lacroix (1806-1884), aussi connu sous le pseudonyme du mythique Bibliophile Jacob. Ce dernier proposa en effet une composition romanesque sur le mythe flamellien dès 1828, publiée dans Le Mercure de France au dix-neuvième siècle4 puis dans les Soirées de Walter Scott à Paris (1829). Notre propos consistera à identifier les raisons pour lesquelles le choix de cet auteur s’est porté sur le personnage de Flamel, comment son récit a pu prendre forme, et quelle en fut l’importance tant dans sa production littéraire que dans celle d’autres écrivains romantiques français.

Un personnage pittoresque

2Lorsque Paul Lacroix s’empare du mythe de Nicolas Flamel, dans des circonstances sur laquelle nous reviendrons, ce personnage tout droit sorti du Moyen Âge n’était alors ni tout à fait oublié, ni tout à fait inconnu. Le lecteur bibliophile pouvait en lire l’histoire dans des sources aussi variées que le Tresor de recherches et antiquitez gauloises et françoises du médecin Pierre Borel (vers 1620-1671)5, dans la Description de Paris (1742) de l’historien Jean-Aimar Piganiol de la Force (1669-1753)6, et surtout dans l’Histoire critique de Nicolas Flamel et de Pernelle sa femme (1761) de l’abbé Étienne-François Villain (mort en 1784)7. Le simple curieux, quant à lui, pouvait parcourir le Nouveau dictionnaire historique (1804) des biographes Louis-Mayeul Chaudon (1737-1817) et Antoine-François Delandine (1756-1820)8, la Biographie universelle (1816) publiée par l’imprimeur Louis-Gabriel Michaud (1773-1858)9, ou encore la seconde édition du Dictionnaire infernal (1825-1826, éd. orig. 1818) de l’écrivain Jacques Collin de Plancy (1794-1881)10. Toutes ces sources s’accordent en effet sur l’essentiel : Nicolas Flamel, écrivain public apparemment né à Pontoise aux alentours de 1330, aurait installé son échoppe à Paris, aux abords immédiats de l’église Saint-Jacques-de-la-Boucherie. Il aurait un jour acquis un livre attribué à un mystérieux Abraham le Juif, orné d’étranges illustrations, et dont l’étude lui aurait, après moult péripéties, révélé les secrets de la transmutation des métaux vils en or. Pour les curieux, ce conte expliquait l'origine financière des donations pieuses, des investissements immobiliers, ou encore de la construction par Flamel de deux arches au cimetière des Saints-Innocents. Nombreux furent d’ailleurs ceux qui crurent, à tort, que le prétendu alchimiste avait caché dans les décorations de plusieurs bâtiments parisiens les secrets de la chrysopée. Dès le décès de l’intéressé, la légende avait ainsi rapidement commencé à prendre le pas sur la réalité.

3Peut-être n’est-il pas inutile de dire brièvement ici quelques mots sur l’origine de ce mythe. Le nom de Flamel apparaît dans un contexte alchimique quelques dizaines d’années seulement après sa mort (survenue le 22 mars 1418) ; nous trouvons en effet la trace, dès la fin du xve siècle, d’un Livre Flamel manuscrit qui mêle théorie et pratique11. Les conditions d’apparition de cette pseudépigraphie restent hypothétiques, mais peuvent s’expliquer par les rumeurs qui accompagnèrent vraisemblablement les dépenses ostentatoires faites par l’homme durant sa vie. Dans sa Description de Paris (1434), le chroniqueur Guillebert de Mets (xve siècle) mentionne ainsi un « Flamel l’aisné, escripvain qui faisoit tant d’aumosnes et hospitalitez ; et fist pluseurs maisons où gens de mestiers demouroient en bas, et du loyer qu’ilz paioient estoient soutenus povres laboureurs en hault12 ». À la lecture de son testament, dont une copie est aujourd’hui conservée à la Bibliothèque nationale13, lesdites possessions s’avèrent cependant bien moins importantes que prévues… Une incongruité que certains relevèrent assez vite, comme l’atteste une déclaration du temps restée anonyme : « [Flamel] estoit en renom d’estre plus riche de moitié qu’il n’estoit14. » Il semble que pour beaucoup, l’apparition remarquée de fortunes bourgeoises (comme celles, encore en France, du grand argentier Jacques Cœur et du notable Nicolas le Valois ou, en Allemagne, du marchand Sigmund Wann) ne pouvait que s’expliquer par une création numéraire d’origine alchimique. Flamel, qui de plus travaillait probablement avec de l’or pour réaliser les ornements et les enluminures de ses manuscrits, ne fit pas exception15. Sa réputation sulfureuse se répandit en tous cas hors des laboratoires dès la seconde moitié du xvie siècle ; l’humaniste Robert Duval (vers 1510-1584 ?), qui le mentionne dans son De veritate et antiquitate artis chemicae (1561), lui attribua la même année un Sommaire philosophique, ouvrage dont l’écrivain Charles Nodier (1780-1844) possédât d’ailleurs un exemplaire16. C’est toutefois la publication des Trois traitez de la philosophie naturelle non encore imprimez (1612), dont fait partie le fameux Livre des figures hierogliphiques de Nicolas Flamel, qui érigea celui-ci en véritable porte-étendard de l’alchimie française17.

4Les pages de ce texte contiennent la vulgate de l’histoire flamellienne. Prétendument composée par l’écrivain public lui-même, rédigée en prose et à la première personne, cette biographie romancée se révèle riche en péripéties : découverte d’un livre aux images mystérieuses, pèlerinage jusqu’à Saint-Jacques de Compostelle, rencontre avec un certain Maitre Canches qui commence à décrypter les illustrations dudit manuscrit avant de rendre l’âme, accomplissement de la chrysopée (le 25 avril 1382) après des années de travail… La trame du récit oscille à chaque page entre le conte merveilleux et le récit initiatique, tandis que sa conclusion reste en suspens et laisse le lecteur sur sa faim : qu’est devenu le livre de Flamel ? Où et comment celui-ci est-il mort ? Certains s’intéressèrent vivement à cette histoire, qui circulait depuis un moment parmi les cercles érudits. Le bibliographe François Grudé (dit de la Croix du Maine, 1552-1592) la discuta ainsi dans le premier volume de sa Bibliotheque (1584), et avança d’ailleurs à cette occasion une nouvelle hypothèse sur l’origine de la fortune supposée de Flamel : celle-ci serait due à la spoliation des biens des Juifs, chassés de Paris en novembre 1394. La prétendue découverte de la pierre philosophale n’aurait donc servi qu’à camoufler les raisons, pour le moins discutables, de ce prompt enrichissement18. D’autres, en revanche, firent leur miel des zones d’ombres présentes dans ce récit : le voyageur Paul Lucas (1664-1737) prétendit notamment que Flamel était toujours vivant en 1705, et raconta en avoir reçu des nouvelles toutes fraiches lors d’un périple en Turquie19. Un peu à la manière du Perceval (vers 1180) de Chrétien de Troyes (xiiie siècle), le Livre des figures hierogliphiques de Nicolas Flamel proposait un matériau littéraire qui pouvait facilement être exploité par tout auteur quelque peu novateur et audacieux20. L’un des premiers à s’en servir fut un écrivain anonyme qui proposa une intéressante suite au Comte de Gabalis (1700, éd. orig. 1670), un roman ésotérique dû à l’abbé Henri de Montfaucon de Villars (vers 1638-1673)21. C’est toutefois l’adaptation réalisée par Paul Lacroix, bien plus tard, qui va nous occuper dans le cadre de cette communication.

Une réécriture romantique

5Est-il nécessaire de présenter ici Paul Lacroix ? Né à Paris le 27 février 1806, ce polygraphe s’était voué aux lettres dès son plus jeune âge. Compilateur infatigable, collaborateur occasionnel d’Alexandre Dumas (1802-1870), successeur autoproclamé de Charles Nodier à la tête de la bibliothèque de l’Arsenal (à partir du 5 décembre 1855), l’importance de son travail et l’ampleur de ses connaissances furent largement reconnues par ses contemporains22. Après une édition des Œuvres complètes (1824) du poète Clément Marot (vers 1496-1544), preuve de son intérêt précoce pour la littérature des temps passés, l’écrivain s’était essayé au roman historique avec L’Assassinat d’un roi (1825). Il y raconte, avec force détails, la conspiration de Robert-François Damiens (1715-1757) contre le roi Louis XV (1710-1774) et expose, dans sa préface, à la fois sa méthode et son but :

On s’assurera des efforts que nous avons faits pour faire entrer, dans l’action du roman, tout ce que l’assassinat de Damiens présentait de remarquable. Pourtant l’imagination a une grande part dans cet ouvrage, et, pour que l’on ne confonde pas les détails d’invention avec ceux que l’histoire a fournis, nous nous proposons d’ajouter, par la suite, des notes et des pièces justificatives que nous achevons de recueillir23.

6Il cite ainsi, en exergue, des passages de la seconde édition de l’Histoire physique, civile et morale de Paris (1823, éd. orig. 1821) composée par l’archéologue Jacques Antoine Dulaure (1755-1835). Cette mention s’avère importante, car (outre d’éventuelles discussions avec Nodier) c’est peut-être par le biais de cet ouvrage que Lacroix prit connaissance de la légende de Nicolas Flamel ; elle s’y trouve en effet au tome deux, narrée dans les grandes lignes24. Précisons tout de suite que Lacroix ne se contenta sans doute pas de cette seule version : la source citée par Dulaure, à savoir la Bibliothèque des philosophes chimiques réunie en trois tomes par le mystérieux Jean Mangin de Richebourg (dates inconnues), imprimée en 1741 avant d’être augmentée d’un quatrième volume en 1754, se retrouve en effet dans le catalogue manuscrit de sa bibliothèque (établi en 1840). D’autres traités d’alchimie ou de livres citant Flamel y figurent également en bonne place, ce qui, quoique nous ne connaissions pas leur date précise d’acquisition, témoigne d’un intérêt sérieux de Lacroix pour ce sujet25.

7Il est vrai que la légende de Nicolas Flamel ne pouvait qu’attirer un écrivain comme Paul Lacroix. Parisien sensible aux traditions locales, érudit intéressé par l’histoire médiévale, un tel thème laissait de surcroît présager un possible succès littéraire. Le public dévorait alors les romans de Walter Scott (1771-1832), et la critique avait accueilli favorablement, quelques années plus tôt, les Contes du vieil ermite de la vallée de Vauxbuin (1821) rédigés par l’académicien Charles Pougens (1755-1833). Parmi ces courts récits figurait déjà une nouvelle intitulée « Nicolas Flamel, ou le longévite » laquelle, placée au cours de l’année 1770, mettait en scène l’alchimiste de passage sur l’île de Ceylan26. Lacroix décida toutefois de ne pas poursuivre dans cette veine, qui pouvait rappeler, jusqu’à un certain point, le témoignage fantaisiste de Paul Lucas. Il préféra substituer à ce décor idyllique un cadre moyenâgeux, plus en accord avec la narration originelle et les sensibilités romantiques du moment. Il choisit donc de publier en octobre 1828, de manière anonyme, sa réécriture de l’histoire flamellienne ; il sélectionna pour cela Le Mercure de France au dix-neuvième siècle, un périodique dont il prit d’ailleurs la tête l’année suivante en compagnie du traducteur Amédée Pichot (1795-1877)27. Respectivement intitulées « Le grand œuvre » et « Mort de Nicolas Flamel », ces deux « scènes historiques », comme l’auteur les désigne lui-même, racontent deux épisodes imaginaires de la vie du célèbre écrivain public. Dans la première (datée d’octobre 1394), Lacroix narre le dépôt effectué, auprès de Flamel, des créances dues aux Juifs alors condamnés à l’exil, la spoliation qui s’ensuivit, ainsi que l’assassinat d’un rabbin nommé Manassès (lequel avait été l’instigateur malheureux de cet arrangement financier). Dans la seconde (placée en mars 1418), il imagine la visite chez Flamel de messire de Cramoisy, maître des requêtes du roi Charles VI (1368-1422), venu pour emprunter l’argent nécessaire à la poursuite de la Guerre de Cent ans. Lacroix raconte le bon tour que lui joue l’écrivain, finalement devenu entre-temps un vrai alchimiste, la fuite de celui-ci vers la Suisse, et enfin sa fin tragique (occis par deux Juifs pour venger le vol et l’assassinat de Manassès). Ces épisodes permettent à Lacroix de remettre habilement au goût du jour l’essentiel du mythe flamellien, tout en faisant preuve d’originalité28.

8La rédaction de ces deux nouvelles s’inscrit en effet pleinement dans la veine scottienne, et Paul Lacroix semble avoir parfaitement retenu les réflexions du jeune Victor Hugo (1802-1885) sur le fameux Quentin Durward (1823) du romancier écossais29. Les lieux et les personnages des « scènes historiques » composées par Lacroix penchent vers les idéaux romantiques d’incarnation et de description : Flamel apparaît à la fois rusé et lâche, sa femme Pernelle antisémite et dévote, le rabbin Manassès calculateur et candide, le chapelain Jean Adam hypocrite et vénal, le maître des requêtes Cramoisy ambitieux et cupide… Les alentours de l’église parisienne de Saint-Jacques-de-la-Boucherie sont quant à eux décrits de manière tout à fait misérable : les rues ne sont que « cloaques de boues et d’immondices » où seuls errent, la nuit, des porcs grognant ou des chiens errants… Le lecteur est bien là face à l’image (erronée) d’un Moyen Âge (arriéré) auquel nous ont longtemps habitués les écrivains du xixe siècle30. Pourtant, l’auteur ne néglige pas de commencer chacune des deux nouvelles par un court rappel historique, poursuivant ici encore ce désir d’historicité qu’il défendait dès son premier roman, et qui était également partagé par nombre de ses contemporains31. L’usage d’un vocabulaire et d’une phraséologie typique du français médiéval viennent enfin souligner les efforts du romancier pour donner à son récit une tonalité vraisemblable, quoiqu’exagérément pittoresque : « […] vous cracherez au bassinet de force sinon de libre vouloir, et là auprès sont gens propres à sentir d’une lieue trésors et montjoie », s’exprime ainsi messire de Cramoisy pour menacer Flamel. En résumé, Lacroix fait sienne la légende de l’alchimiste parisien, et transmute le récit « clé en mains », hérité de la période moderne, en un conte médiéval retouché selon les préceptes défendus alors par la jeune garde romantique.

Une source d’inspiration

9Loin d’être anecdotiques, ces deux nouvelles jouèrent un rôle non négligeable dans la promotion de l’histoire de Nicolas Flamel, mais également dans la carrière et la production romanesque de Paul Lacroix. Celui-ci les mit en effet à contribution dès l’année suivante pour se forger une nouvelle identité littéraire : P. L. Jacob, aussi connu sous le pseudonyme du Bibliophile Jacob, et présenté comme l’auteur des Soirées de Walter Scott à Paris (1829). « Bien vieux », d’origine « archi-noble », célibataire endurci vivant dans un « régime d’égoïste », propriétaire d’une bibliothèque choisie « de trente mille volumes » et passionné par l’étude de l’ancien français, ce personnage soi-disant « membre de toutes les académies » apparaît comme le parfait Janus décati du jeune écrivain parisien32. Lacroix, en introduction, met en scène son alter-ego et le fait rencontrer Walter Scott lors du passage de ce dernier à Paris, entre le 29 octobre et le 7 novembre 1826. Le journal de voyage de l’écrivain écossais, s’il mentionne quelques réceptions mondaines dans la capitale française, ne fait toutefois nulle mention d’un tel épisode33. Lacroix se permet même d’aller plus loin : il prétend que les nouvelles qui composent ce recueil auraient été improvisés par l’illustre conteur, et couchées ensuite sur le papier par le prétendu bibliophile. Celui-ci précise d’ailleurs avoir été doublé par l’anonyme auteur des « scènes historiques » publiées dans Le Mercure de France au dix-neuvième siècle (revue qui n’est pas citée nommément), et justifie ainsi les quelques différences mineures qui distinguent les deux versions. Les Soirées de Walter Scott à Paris s’ouvrent en effet par « Le grand œuvre », renommé en « Le trésor », ainsi que par la « Mort de Nicolas Flamel », mise sous le titre de « Le grand œuvre34 ». Avec cette publication, Lacroix place donc sans hésitation son travail sous le patronage de Scott, et revendique sans ambiguïté celui-ci pour modèle. En se présentant comme l’héritier direct de cette figure tutélaire, Lacroix-Jacob cherchait sans doute à s’octroyer une place de choix au sein du petit milieu littéraire parisien, et cette stratégie paraît avoir porté ses fruits. Le succès des Soirées de Walter Scott à Paris, sensible dans les recensions de l’époque35, l’aida sans doute à pousser les portes du Petit Cénacle réunissant (entre 1830-1833) des hommes de lettres admirateurs de Victor Hugo (1802-1885)36. Avec Paul Lacroix entrait par conséquent aussi, dans les cercles et l’imaginaire romantiques, le personnage de Nicolas Flamel.

10Cet apport s’avère particulièrement explicite chez le poète Gérard de Nerval (Gérard Labrunie, 1808-1855). Celui-ci composa en effet, dès 1830, trois scènes d’un « drame chronique » intitulé Nicolas Flamel, dont les premières pages furent, à leur tour, publiées dans deux numéros successifs du Mercure de France au dix-neuvième siècle (25 juin et 9 juillet 1831)37. Rappelons que le journal était alors dirigé par Pichot et Lacroix, et que ce dernier, dans une « Note des Rédacteurs » ajoutée au texte (mais qui était peut-être originellement de la main-même de Nerval), signale sans ambages son magistère sur le Jeune-France : « L’idée première de ce drame est imitée d’une scène du premier volume des Soirées de Walter Scott, publiées par le bibliophile Jacob38. » Sans nous attarder ici sur le contenu de cette pièce restée inachevée, mais à laquelle Nerval songea apparemment toute sa vie39, indiquons que la première scène s’inspire effectivement bien de la nouvelle de Lacroix intitulée « Le grand-œuvre ». Le génie du dramaturge en herbe fut cependant de rapprocher la légende de l’alchimiste parisien de celle d’un de ses comparses germaniques, et de tenter de façonner, avec Flamel, un Faust français à la hauteur du Faust allemand40. De ses admirateurs, la légende flamellienne arriva aux oreilles de Hugo, qui cite l’écrivain public à de nombreuses reprises dans Notre-Dame de Paris (1831) ; l’Homme Océan ose d’ailleurs presque en faire le porte-étendard d’un esprit libre, séditieux et anticlérical41. Sans viser ici à l’exhaustivité, rappelons que le nom de Flamel réapparait ensuite à intervalles réguliers dans les livres et les journaux. Pour ne citer qu’un dernier exemple romanesque, la femme de lettres Eugénie Foa (née Rebecca-Eugénie Rodrigues-Henriques, 1796-1852) en fait, par exemple, l’un des protagonistes de son « conte historique » intitulé « La fille du sorcier – 1393 ». Ce récit, qui apparaît lui aussi modelé pour partie sur les « scènes historiques » rédigées par Paul Lacroix, démontre de surcroît une connaissance intime du contenu du « livre merveilleux » d’Abraham le Juif ; Foa, Juive elle-même, avait sans doute été fort intriguée par cet objet et ses secrets42.

11La figure de Flamel se révèle donc toujours liée, de près ou de loin, à celle du Bibliophile Jacob / Paul Lacroix. C’est lui qui remit au goût du jour cette légende dans le Paris du début du xixe siècle, et c’est lui dont le nom fut, par la suite, évoqué pour ce fait d’armes : « le moyen âge appartient corps et ame au vénérable bibliophile Jacob », s’exclame notamment le critique Jules Janin (1804-1874) dans la Revue de Paris (1833)43. Nul doute que le personnage de l’alchimiste était par conséquent devenu partie intégrante de ce Moyen Âge fantasmé, relu au prisme des affects romantiques. Loin de se contenter de ses deux nouvelles de 1828, Lacroix revint plusieurs fois encore sur le cas Flamel dans d’autres productions littéraires : il l’évoque ainsi dans une « histoire fantastique » intitulée La Danse macabre (1832)44, et brosse son portrait pour une « étude historique » publiée dans le Musée des familles (1839-1840)45. Au fil des années, Lacroix brouille d’ailleurs de plus en plus les frontières entre la fiction et le réel : il n’hésite pas à user du mythe de Flamel ou du corpus documentaire qui lui est attribué pour enrichir ses études historiques, souvent imprimées dans des formats luxueux et à destination du grand public. Dans Le Moyen Âge et la Renaissance (1848), il soumit vraisemblablement à l’historien Georges-Bernard Depping (1784-1853) l’idée de rapprocher une illustration conservée à la bibliothèque de l’Arsenal, inspirée du Livre des figures hierogliphiques, des sombres fables qui accusaient faussement les Juifs d’immoler des enfants chrétiens46. Plus loin, il autorisa le docteur Émile Bégin (1802-1888) à déclarer que Flamel « personnifia l’Alchimie sur les bords de la Seine » durant la période médiévale, et à faire tirer une reproduction d’une célèbre gravure représentant les bas-reliefs du charnier des Innocents47. Si le nom de Nicolas Flamel revient tant de fois sous la plume des écrivains français de la première moitié du xixe siècle, il semble bien que ce soit en grande partie le fait des travaux menés par Paul Lacroix, alias le Bibliophile Jacob.

Conclusion

12Ce que nous pouvons conclure de la présence de Nicolas Flamel dans tous ces écrits, c’est que la figure de l’alchimiste, au cours de la période romantique, se mua en un véritable topos de la littérature française. Pour quelques auteurs, tel Hugo, l’alchimiste incarne en effet à lui tout seul une bonne part de la science occulte médiévale, laquelle continuait fort d’intéresser nombre d’érudits, et ce malgré (ou grâce à ?) sa condamnation par la science moderne triomphante. En revanche, l’identification de ce personnage avec la figure de l’écrivain public bien connu s’avère surtout le fait des milieux littéraires parisiens, auxquels appartenait et participait activement Paul Lacroix. Ce dernier apparaît comme l’artisan principal de la diffusion de la légende flamelienne, ayant été parmi les premiers à s’emparer du récit biographique de l’alchimiste pour le remettre au goût du jour. Il fut en cela suivi par nombre de ses contemporains ; nous aurions également pu citer dans cette communication les noms de l’écrivain Alphonse Esquiros (1812-1876), qui se targua d’un long article sur Flamel dans La France littéraire (1836)48, de l’historien Auguste Vallet de Viriville (1815-1868), qui tenta de synthétiser les connaissances historiques accumulées sur lui49, ou encore du vulgarisateur Louis Figuier, auteur de L’Alchimie et les alchimistes (1854)50. Mais au-delà de cette création romanesque, Lacroix semble avoir sincèrement cru à ce mythe alchimique ; il fait ainsi habiter son alter ego de papier, le Bibliophile Jacob, dans une vieille maison ornée de sculptures en bois qui devaient selon lui « se rapporter à la science hermétique51 », un peu à la manière dont certains curieux voulaient déceler, dans les bas-reliefs du cimetière des Innocents, des explications secrètes et cachées. En outre, l’inventaire de la bibliothèque de Lacroix nous prouve que s’y côtoyaient tant des recueils d’alchimie que des études, voire des romans, dont les auteurs mentionnaient en bonne place Nicolas Flamel et ses comparses (ainsi des livres de Naudé, Du Fail, Béroalde de Verville, Pernety…). De plus, cet intérêt n’était pas que textuel : dans sa notice relative à un vieil ouvrage du début du xviie siècle, Les Fanfares et courvees abbadesques des Roule-Bontemps (1613), P. L. Jacob prétendait déceler des similitudes entre les gravures dudit livre et les figures du charnier parisien52… La quête ésotérique de Paul Lacroix trouva toutefois son apogée dans la rédaction des Curiosités des sciences occultes (1862), au sein desquelles Flamel et l’alchimie tiennent bien évidemment une place de choix. En définitive, si Flamel n’avait pas réussi, de son vivant, à transmuter les métaux en or ou à acquérir l’élixir de longue vie, il réussit, du moins, à revivre dans l’imaginaire de Lacroix et de ses successeurs, ainsi qu’à obtenir, grâce à lui, une renommée posthume et romanesque qui dure encore jusqu’à nos jours.

Notes

1 Didier Kahn, Alchimie et paracelsisme en France (1567-1625), Genève, Droz, 2007.

2 Sylvain Matton, Philosophie et Alchimie à la Renaissance et à l’Âge classique, t. I : Scolastique et Alchimie (xvie-xviie siècles), Paris / Milan, S.É.H.A. / Archè, 2009.

3 William Eamon, Science and the Secrets of Nature, Books of Secrets in Medieval and Early Modern Culture, Princeton, Princeton University Press, 1994.

4 Paul Lacroix, « Le grand œuvre » et « Mort de Nicolas Flamel », Le Mercure de France au dix-neuvième siècle, 23 (1828), p. 224-234, et p. 273-286.

5 Pierre Borel, Tresor de recherches et antiquitez gauloises et françoises ; reduites en ordre alphabetique, Et enrichies de beaucoup d’Origines, Epitaphes, & autres choses rares & curieuses, comme aussi de beaucoup de mots de la Langue Thyoise ou Theuthfranque, Paris, Augustin Courbe, 1655, en particulier p. 157-166.

6 Jean-Aymar Piganiol de la Force, Description de Paris, de Versailles, de Marly, de Meudon, de S. Cloud, de Fontainebleau, Et de toutes les autres belles Maisons & Châteaux des Environs de Paris, Paris, Théodore Legras,1742, t. II, p. 5-6, et t. III, p. 134-135.

7 Étienne-François Villain, Histoire critique de Nicolas Flamel et de Pernelle sa femme, Recueillie d’Actes anciens qui justifient l’origine & la médiocrité de leur fortune contre les imputations des Alchimistes, Paris, G. Desprez, 1761.

8 Louis-Mayeul Chaudon & Antoine-François Delandine, Nouveau dictionnaire historique, Lyon, Bruyset Ainé et Comp., 1804, t. V, p. 115-116.

9 Collectif, Biographie universelle, ancienne et moderne, Paris, L. G. Michaud, 1816, t. XV, p. 8-12.

10 Jacques Collin de Plancy, Dictionnaire infernal, Paris, Librairie Universelle de P. Mongie Aîné, 1826, t. III, p. 63-68.

11 Didier Kahn, « Un témoin précoce de la naissance du mythe de Flamel alchimiste : Le Livre Flamel (fin du xve siècle) », Chrysopoeia, V (1992-1996), p. 387-429.

12 Antoine Le Roux de Lincy (éd.), Description de la ville de Paris au xve siècle par Guillebert de Metz, Paris, Auguste Aubry, 1804, p. 84.

13 Paris, BnF, manuscrit latin 9164 (xve siècle).

14 Témoignage cité par Étienne-François Villain, Essai d’une histoire de la paroisse de Saint Jacques de la Boucherie, Paris, Prault Père, 1758, p. 156 ; repris et corrigé dans son Histoire critique de Nicolas Flamel et de Pernelle sa femme, Paris, G. Desprez, 1761, p. 260.

15 Sur la construction de cette légende, voir Robert Halleux, « Le mythe de Nicolas Flamel ou les mécanismes de la pseudépigraphie alchimique », Archives internationales d’histoire des sciences, 33 (1983), p. 234-255.

16 Robert Duval, De la transformation metallique, trois anciens traictez en rithme Françoise, Paris, Guillaume Guillard, 1561, p. 53-65. Nodier détenait un exemplaire de l’édition de 1618 : il est mentionné dans sa Description raisonnée d’une jolie collection de livres, Paris, J. Techener, 1844, p. 425, art. 291, et listé dans un Catalogue des livres rares et précieux, Paris, Librairie de L. Potier / Adolphe Labitte, 1870, p. 153, art. 758.

17 Voir l’édition annotée de Claude Gagnon, Nicolas Flamel sous investigation, Québec, Éditions du loup de gouttière, 1994.

18 François Grudé, Premier volume de la Bibliotheque du Sieur de la Croix du Maine, Paris, Abel l’Angelier, 1584, p. 343-344. Cette interprétation fut reprise par Gabriel Naudé (1600-1653) ; Claude Lancelot, Naudaeana et Patiniana, Paris, Florentin & Pierre Delaulne, 1701, p. 76-77.

19 Paul Lucas, Voyage du Sieur Paul Lucas fait par ordre du Roy dans la Grece, l’Asie Mineure, la Macedoine et l’Afrique, Paris, Nicolas Simart, 1712, t. I, p. 106-111.

20 Un parallèle entre la pierre philosophale et le saint Graal fut d’ailleurs sous-entendu, de manière ironique, par le magistrat breton Noël du Fail (vers 1520-1591) ; voir Noël du Faïl, Les Contes et discours d’Eutrapel, Rennes, Noël Glamet, 1585, p. 51 vo-52 ro. Sur cette thématique, consulter notamment Didier Kahn, « Littérature et alchimie au Moyen Âge : de quelques textes alchimiques attribués à Arthur et Merlin », Micrologus, III (1995), p. 227-262.

21 Henri Montfaucon de Villars, Le Comte de Gabalis, ou Entretiens sur les Sciences secretes, & misterieuses suivant les principes des anciens Mages ou Sages Cabalistes. Augmenté dans cette derniere édition d’une seconde Partie, Amsterdam, Jaques le Jeune, 1700, p. 216-256.

22 Eugène de Mirecourt, Le Bibliophile Jacob (Paul Lacroix), Paris, Achille Faure, 1867.

23 Paul Lacroix, L’Assassinat d’un roi, Roman historique, Paris, Jehenne / Ponthieu / Delaunay / Rapilly / Dondey-Dupré & Tous les marchands de nouveautés, 1825, t. I, p. iii-iv.

24 Jacques Antoine Dulaure, Histoire physique, civile et morale de Paris, depuis les premiers temps historiques jusqu’à nos jours, Paris, Guillaume, 1823, t. II, p. 32-34, et p. 234.

25 Catalogue manuscrit de la bibliothèque de Paul Lacroix (1840), Montpellier, Médiathèque centrale Émile Zola, ms. 0633 (Liasse XXII-1) : « Borel. Trésor des antiquités gauloises », f. 1vo ; « Béroalde de Verville. Moyen de parvenir », f. 2 ro ; « Fail (Noel du). Contes et discours d’Eutrapel », f. 8 vo ; « Lenglet du Fesnoy (l’abbé). Notes sur la Biblioth. des Philosophes chimiques », f. 14 vo ; « Lenoir (Alexandre). Musée des monumens francais », f. 14 vo ; « Lebeuf (l’abbé). Dissert. sur l’hist. de Paris », f. 15 ro ; « Maugin de Richebourg. Edit. de la Bibliot. des philosophes chimiques », f. 17 ro; « Pernety (dom. Ant. J.). Dictionnaire mytho-hermetique », f. 18 vo ; « Piganiol de la Force. Introduction à la Descript. de la France – Nouvelle description de la France », f. 18 vo ; « Salmon (Guillaume). édit. de la Bibliot. des philosophes chimiques », f. 23 vo ; « Saint Foix (Poullain de). Essais histor. sur Paris », f. 23 vo.

26 Charles Pougens, Contes du vieil ermite de la vallée de Vauxbuin, Paris, Th. Desoer, 1821, t. I, p. 93-138.

27 Joseph-Marie Quérard, La France littéraire, Paris, Firmin Didot, 1830, t. IV, p. 380.

28 Paul Lacroix, « Le grand œuvre » et « Mort de Nicolas Flamel », Le Mercure de France au dix-neuvième siècle, 23 (1828), p. 224-234, et p. 273-286.

29 « On sent qu’il [Scott] a voulu que ses portraits fussent des tableaux, et ses tableaux des portraits ; il nous peint nos devanciers avec leurs passions, leurs vices et leurs crimes, mais de sorte que l’instabilité des superstitions et l’impiété du fanatisme n’en fassent que mieux ressortir la pérennité de la religion et la sainteté des croyances » ; Victor Hugo, « Quentin Durward ou l’Écossais à la Cour de Louis XI », La Muse française, 1 (juillet 1823), p. 30-31.

30 Consulter sur ce point les études réunies dans Simone Bernard-Griffiths, Pierre Glaudes & Bertrand Vibert (dir.), La Fabrique du Moyen Âge au xixe siècle, Paris, Honoré Champion, 2006.

31 Xavier Bourdenet, « “Notre père Walter Scott” : Stendhal, Walter Scott et la stratégie romanticiste », dans Stendhal « romantique » ?, dir. Marie-Rose Corredor, Grenoble, UGA Éditions, 2016, p. 43-57.

32 P. L. Jacob [Paul Lacroix], Soirées de Walter Scott à Paris, Paris, Eugène Renduel, 1829, p. 5-13. Le pseudonyme fut encore utilisé la même année pour des « Recherches sur les couvens au seizième siècle », annexées à l’ouvrage intitulé Le Couvent de Baïano, Chronique du seizième siècle, Paris, H. Fournier Jeune, 1829. Sur ces identités multiples, voir Marine Le Bail, « Paul Lacroix : quel(s) bibliophile(s) derrière le masque ? », Littératures, 75 (2016), p. 19-31.

33 Walter Scott, The Journal of Sir Walter Scott, from the Original Manuscript at Abbotsford, Edinburg, David Douglas, 1890, t. I, p. 285-300.

34 P. L. Jacob [Paul Lacroix], Soirées de Walter Scott à Paris, Paris, Eugène Renduel, 1829, p. 33-51, et p. 53-75.

35 Consulter par exemple Le Globe, VII-31 (18 avril 1829), p. 248, et VII-42 (27 mai 1829), p. 332-333.

36 Jérôme Doucet, « Paul Lacroix, Un camarade du Petit Cénacle », Littératures, 75 (2016), p. 57-69.

37 Gérard de Nerval, « Fragmens de Nicolas Flamel, drame-chronique », Le Mercure de France au xixe siècle, 33 (25 juin 1831), p. 576-586, et 34 (9 juillet 1831), p. 59-69.

38 Lacroix revint sur cette source d’inspiration lors de la republication desdits fragments dans L’Abeille impériale, 20 (15 février 1855), p. 313.

39 Voir le témoignage de Charles Monselet, Portraits après décès, Avec Lettres inédites & Fac-Simile, Paris, Achille Faure, 1866, p. 242.

40 Rappelons qu’en 1828 (en réalité novembre 1827), Gérard de Nerval avait rendu publique sa traduction française du Faust, le chef-d’œuvre de Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832). Voir notre introduction à cette pièce, à paraître dans la collection des œuvres complètes de Gérard de Nerval (Classiques Garnier).

41 Tom Fischer, « Victor Hugo et les mystères alchimiques de Notre-Dame de Paris », dans Sylvain Ledda (dir.), Cahier de l’Herne – Mondes Invisibles, Paris, Éditions de l’Herne, 2023, p. 43-46.

42 Eugénie Foa, Le Vieux Paris, Contes historiques, Paris, Louis Janet, vers 1840, p. 171-249. Le quatrième volume de sa Bibliothèque historique de la jeunesse contient également un chapitre sur Nicolas Flamel.

43 Jules Janin, « La cent millième et une et dernière – Nouvelle nouvelle », Revue de Paris, 4 (1833), p. 16-32, ici p. 28-32.

44 P. L. Jacob [Paul Lacroix], La Danse macabre, Histoire fantastique du quinzième siècle, Paris, Eugène Renduel, 1832, p. 3, 31, 65, 68, et p. 90.

45 Paul Lacroix, « Histoire des monumens de Paris – La maison de Nicolas Flamel et la Sainte Chapelle », Musée des familles (1839-1840), p. 225-228.

46 Paul Lacroix (dir.), Le Moyen Âge et la Renaissance, Paris, Plon, 1848, t. I, chap. « JUIFS », pl. I, fol. VIIr-VIIv. La source en est Paris, Bibliothèque de l’Arsenal, ms. 3047 (XVIIe siècle), pl. 4.

47 Paul Lacroix (dir.), Le Moyen Âge et la Renaissance, Paris, Plon, 1848, t. I, chap. « CHIMIE, ALCHIMIE », fol. Xv-XIr. Pour un aperçu de leurs échanges, voir notamment Paris, Bibliothèque de l’Arsenal, ms. 9665 (1) (lettre datée du 9 février 1849).

48 Alphonse Esquiros, « Nicolas Flamel », La France littéraire, XXIII (1836), p. 231-249.

49 Auguste Vallet de Virville, « Quelques recherches sur Nicolas Flamel », La Revue universelle, V (1837), p. 212-226 ; Auguste Vallet de Virville, « Des ouvrages alchimiques attribués à Nicolas Flamel », dans Mémoires de la société impériale des antiquaires de France, Paris, Dumoulin, 1857, t. III, p. 172-197.

50 Louis Figuier, L’Alchimie et les alchimistes, Paris, Victor Lecou, 1854, en particulier p. 169-197.

51 P. L. Jacob [Paul Lacroix], Soirées de Walter Scott à Paris, Paris, Eugène Renduel, 1829, p. 13.

52 P. L. Jacob [Paul Lacroix], Catalogue de la bibliothèque dramatique de M. de Soleinne, Paris, Administration de l’Alliance des Arts, 1843, t. I, p. 200.

Pour citer ce document

Tom Fischer, « Quel alchimiste pour les écrivains romantiques français ? Le cas Nicolas Flamel » dans Littérature et occulture,

Programme de recherche
Coordination scientifique : Frank Greiner, Sylvain Ledda et Catherine Douzou

© Publications numériques du CÉRÉdI, « Actes de colloques et journées d’étude », n° 29, 2023

URL : https://publis-shs.univ-rouen.fr/ceredi/2124.html.

Quelques mots à propos de :  Tom Fischer

EPHE-PSL