1 | Polygraphies antiques
Variété des formes, unité des œuvres

Si l’on entend par « polygraphie » la pratique conjointe, par un même auteur, de plusieurs genres littéraires, la polygraphie antique se caractérise par un double paradoxe : en premier lieu, parce qu’elle désigne une réalité bien attestée dans les lettres grecques et latines, tout spécialement à l’époque impériale, alors que le terme même de πολυγραφία, peu usité, véhicule un sens différent. D’autre part, si la définition moderne du polygraphe est fondamentalement péjorative, renvoyant à un dilettantisme supposé, nombreux sont cependant les auteurs anciens que l’on peut qualifier de « polygraphes ». Plus généralement, l’écriture polygraphique pourrait même se révéler consubstantielle au statut d’écrivain, en étant la condition sine qua non de l’existence des Belles Lettres à travers les âges.

Le volume qui suit cherche à éclairer la définition de la polygraphie antique en explorant les pratiques de différents auteurs, grecs et latins. Les contributions ici présentées montrent comment le recours à des genres littéraires différents, loin d’être un pis-aller, permet de multiplier les angles d’approche afin de ne laisser dans l’ombre aucun aspect d’une question ; on verra également que la variété inhérente à la pratique polygraphique ne fait pas obstacle, tant s’en faut, à l’élaboration d’une œuvre cohérente, marquée du sceau de l’unité.

1 | Polygraphies antiques

Introduction

Isabelle Gassino et Dimitri Kasprzyk


Texte intégral

1Qu’est-ce que la polygraphie ? Si chacun peut avoir à l’esprit quelques noms célèbres à associer à ce vocable, la question mérite d’être posée, tant il est vrai que le sens du mot a évolué depuis la période sur laquelle nous entendons réfléchir, l’Antiquité, jusqu’à celle depuis laquelle nous réfléchissons, le début du xxie siècle, et que, malgré le nombre et l’importance des polygraphes au sein du corpus antique, la constitution de ce thème en objet d’étude reste, aujourd’hui encore, largement en devenir.

La polygraphie ou l’art de la dispersion

2Un récent recueil consacré à la polygraphie depuis le Moyen Âge1 a mis en évidence une situation paradoxale. D’un côté, la définition moderne du polygraphe, fruit d’une lente évolution, est fondamentalement péjorative, opposant depuis le xixe siècle la figure de l’écrivain mû par une vocation à celle du touche-à-tout, passant allègrement d’un texte à l’autre, voire menant de front plusieurs ouvrages : l’œuvre du polygraphe se caractérise par la multiplicité et l’hétérogénéité des sujets abordés et des genres pratiqués, qui entretiennent le soupçon de superficialité. C’est bien cette vision des choses qui prévaut concernant les auteurs de l’Antiquité que, faute de mieux, on appelle polygraphes. Ainsi lorsque Paul Masqueray présente Xénophon comme « un polygraphe, le premier en date que nous connaissions dans l’Antiquité, […] soldat, stratège, homme de cheval, chasseur, historien, romancier, philosophe, chef de famille, économiste », il ne peut s’empêcher de le comparer à Thucydide, en terminant sur une note négative : « On ne trouve pas pareille diversité dans Thucydide. Il est vrai que Xénophon n’a pas la puissance de son esprit, ni le relief hardi de son style »2. En somme, médiocrité et variété iraient de pair, et certainement pas pour le meilleur.

3D’un autre côté, comme le soulignent Jean-Paul Dufiet et Élisabeth Nardout-Lafarge, l’écriture polygraphique est peut-être la « condition dominante, pour ne pas dire commune » 3 des écrivains — témoin Victor Hugo —, et serait même consubstantielle à l’existence des Belles Lettres. De fait, les littératures grecque et latine abondent en auteurs « polygraphiques », pour lesquels il convient de renoncer au jugement de valeur que la notion véhicule presque invariablement : si Jean Sirinelli4 refuse d’appliquer à Plutarque « l’étiquette lâche et un peu infamante de “polygraphe” », dont il entretient ainsi la valeur péjorative, il semble possible d’aborder au contraire la notion de front, de façon positive, en se demandant en quoi elle éclaire la construction et le sens d’une œuvre, et la figure de l’auteur.

La polygraphie ou l’écriture (trop) abondante

4Avant d’appliquer cette problématique aux auteurs de l’Antiquité, arrêtons-nous un instant sur un fait apparemment singulier, potentielle source de problèmes méthodologiques : la « polygraphie » entendue comme diversité des genres pratiqués est un mot qui n’existe pas dans l’Antiquité. Le terme a un sens différent, mais tout aussi péjoratif que ceux que nous avons évoqués : πολυγραφία désigne en effet tout d’abord un développement excessivement long, équivalent écrit de la πολυλογία ou de la μακρολογία de certains rhéteurs. Athénée le Mécanicien dénonce ainsi ceux qui « écrivent beaucoup » (πολυγραφοῦντες) et « perdent leur temps en propos non nécessaires » (De machinis, 4, 9). La πολυγραφία est une attitude importune et blâmable en ce qu’elle repose, selon Athénée, sur le désir d’exhiber un savoir abondant (πολυμάθεια). Un autre sens, par extension, désigne non un exposé trop long, mais une œuvre pléthorique. Diogène Laërce (X, 26) écrit ainsi qu’Épicure fut « très prolifique » et ajoute que le philosophe Chrysippe « imitait Épicure en sa polygraphie » (ἐζήλου… ἐν πολυγραφίᾳ) en écrivant sur les mêmes sujets que lui (τὰ αὐτὰ γέγραφε) — attitude qui rend son œuvre répétitive et maladroite. La polygraphie désigne donc de façon restreinte le fait d’écrire un grand nombre de textes, et la liste des œuvres d’Épicure donnée par Diogène Laërce, ne regroupant que des ouvrages à caractère philosophique, montre que le terme n’implique nullement la diversité qui est au cœur du concept moderne de polygraphie.

Polygraphie et paideia

5Le vide lexical que nous venons d’évoquer n’est pas de nature purement linguistique : il correspond au contraire à une réalité des pratiques d’écriture. De fait, le contexte antique ne semblait guère propice à l’émergence d’une notion qui repose sur la distinction entre (et donc, sur l’établissement préalable, et la familiarisation avec) des genres littéraires. Si l’on peut considérer que la notion de genres littéraires est en gestation au moins depuis la Poétique d’Aristote, ce n’est qu’à l’époque hellénistique qu’elle devient réellement opérante, en fournissant des repères commodes pour distinguer les auteurs entre eux dans le but d’organiser les bibliothèques5. Dans un premier temps, c’est donc plus une question de classification de textes existants, une affaire de bibliothécaires et autres conservateurs/transmetteurs des chefs-d’œuvre du passé, que d’auteurs : la notion de polygraphie serait, dans cette perspective, le résultat d’un regard rétrospectif et non d’une démarche créatrice. Smaranda Marculescu, dans sa contribution à notre recueil, montre ce qu’il en est dans le cas de Philon d’Alexandrie. C’est également ainsi que l’on pourrait expliquer qu’un Philostrate soit aussi peu sensible que le montre Dimitri Kasprzyk aux différentes facettes de la production des sophistes. L’émergence de l’idée de polygraphie au sens moderne du terme serait donc plus liée à une question de réception que de création. La notion de genre littéraire introduit nécessairement un cloisonnement, éventuellement à vocation d’organisation, au sein d’un tout qui est le reflet d’une polymathie constituant l’objectif assigné à la paideia antique.

6Néanmoins, la rareté du mot πολύγραφος et de ses dérivés ne rend pas compte du très grand nombre d’auteurs dont la production fut abondante et variée, au point que la polygraphie apparaît moins comme une exception que comme une norme d’écriture, dont les causes et les enjeux ne sont que rarement soulignés. C’est tout particulièrement le cas à l’époque impériale, marquée par une explosion de l’activité polygraphique. Il ne s’agit certes pas de se demander naïvement ce qui a pu pousser un auteur à écrire beaucoup, mais de s’interroger, à partir de ce constat sur la polygraphie d’un écrivain, sur le statut de l’auteur, de son œuvre, sur sa caractérisation générique, sa délimitation, et les formes de la diversité propres à chaque auteur polygraphique. En d’autres termes, ce développement de la polygraphie est-il un concours de circonstances, ou bien la polygraphie aurait-elle à voir avec le processus de création littéraire à cette époque ? Si c’est un fait qu’elle s’enracine dans la paideia qui est le lot commun à tout homme bénéficiant d’une formation intellectuelle « standard », celle-ci ne fournit que les éléments que chacun aura ensuite à s’approprier pour faire son propre miel : en d’autres termes, si la paideia, avec ses exercices répétitifs très codifiés, permet à l’élève de faire sienne la culture commune à tous, elle lui donne aussi les outils pour aborder un sujet sous différents angles, de différentes façons, selon les combinaisons les plus variées qu’on puisse imaginer. Comme le montre Francesca Mestre, la polygraphie est aussi l’empreinte visible, et ineffaçable, de la formation reçue.

Le polygraphe n’est pas un érudit

7Une autre différence majeure s’observe entre les pratiques antiques et un aspect fondamental de la polygraphie telle qu’elle se dessine dès l’époque moderne, sans être définie explicitement en ces termes : alors que, à partir du xviie siècle, le polygraphe, selon les termes de Patrick Dandrey, combine « diversité profuse » et « vulgarisation didactique » et peut être défini comme une « figure de l’universelle médiation »6, la vulgarisation des connaissances n’est jamais impliquée dans les pratiques polygraphiques de l’Antiquité. Dans une société où le lectorat se confond (sauf exceptions) avec l’élite cultivée, les textes antiques ne prétendent jamais instruire sur des sujets pointus ceux que Pierre Bayle nommait les « demi-savants », ceux que nous appelons aujourd'hui le « public cultivé ». Ces textes circulent dans un cercle restreint. Lorsque Plutarque disserte, par exemple, sur le froid en passant en revue diverses doctrines, ce n’est pas pour faire le point à destination de ceux qu’intéressent les questions scientifiques7 : il s’adresse, comme il le fait à plusieurs reprises pour ses couples de Vies ou ses traités, à un destinataire précis, en l’occurrence Favorinos, sans qu’on sache si celui-ci l’a sollicité ou s’il lui répond à distance (Sur le premier froid8). Même si Plutarque devient polygraphe en vertu précisément de la compétence universelle qu’on lui reconnaît du fait de sa polymathie, l’écriture polygraphique repose fortement sur une sociabilité illustrée, un siècle avant, par Cicéron ou Varron : ainsi, lorsque Claudius Pulcher dédie à Cicéron un livre sur l’augurat et lui demande un ouvrage sur le même sujet (Fam., 3, 4, 1), cela signifie que la compétence n’est pas première dans la sollicitation, puisqu’aucun des deux n’est à strictement parler spécialiste de cette question, bien que Cicéron ait effectivement écrit plusieurs traités consacrés à la religion. Il convient donc de s’interroger aussi bien sur les ressorts sociaux de la polygraphie que sur l’érudition, les intérêts ou les compétences de l’auteur, dans une civilisation qui est celle du savoir, et donc du savoir partagé, plus que de la science9. On sait par exemple que Varron, outre son œuvre linguistique et historique, a composé une Ephèmeris, consacrée à la navigation et au climat, à la demande de Pompée qui s’apprêtait à envahir l’Espagne, et trois éléments ont sans doute joué : la relation entre les deux hommes ; l’expérience acquise par Varron quand il fut légat de Pompée pendant la guerre contre les pirates (élément corollaire du premier) ; le savoir encyclopédique de Varron qui pouvait a priori le qualifier aussi pour un ouvrage technique.

Polygraphe vs auteur

8Si la polygraphie n’est que rarement désignée et explicitée par ceux qui la pratiquent, est-on autorisé à penser qu’elle est perçue par d’autres, simples lecteurs ou spécialistes ? Affleure-t-elle dans le discours des Anciens, et de quelle manière ? La question n’est pas sans importance, car un effet potentiel de l’affichage de la polygraphie pratiquée est l’éclatement de la figure de l’auteur. On assiste, face à cela, au développement de diverses stratégies visant à préserver l’œuvre d’une scission perçue comme une menace. L’une d’elles consiste à ne pas scinder les différentes identités auctoriales, mais à conférer à l’une d’elles un statut englobant ou à affirmer la porosité des genres. Cicéron écrit par exemple que l’histoire est « une entreprise oratoire au plus haut point » (opus oratorium maxime, De leg. I, 6), et même s’il n’a pas écrit d’histoire stricto sensu, on le voit pourtant, en l’an 60, multiplier les textes tournant autour de son rôle politique : « Il compose et publie presque simultanément un récit en grec sur son consulat, un autre en latin (sous forme de commentarii), un poème historique et un recueil de ses harangues consulaires »10. Or il précise dans une lettre à Atticus (1, 19, 10), à propos du De consulatu, que « ce n’est pas un panégyrique que j’écris, mais une œuvre d’histoire » : cela signifie que, derrière les différences formelles et les distinctions génériques, l’œuvre est unie thématiquement, mais aussi que l’histoire est annexée à la rhétorique tout en prenant une forme poétique que l’on pourrait confondre avec un panégyrique – alors même que la fonction apologétique et, pour le dire simplement, propagandiste, de ces différents textes leur donne aussi une unité. Dans la contribution qu’elle présente dans notre recueil, Mélanie Lucciano montre précisément comment les différentes manières qu’a Cicéron de parler des philosophes grecs contribuent, paradoxalement, à révéler l’unité de sa pensée.

9Une autre stratégie consiste à recourir à une périodisation pour rendre compte d’un changement de mode d’écriture, intégrer une variation dans l’œuvre : un Lucien, par exemple, s’appuie sur le thème de la très convenue conversion de la rhétorique à la philosophie pour faire percevoir à son lecteur (plus pour le lancer sur une fausse piste que pour l’éclairer sur ses intentions réelles, du reste) un changement d’orientation de ses écrits. De fait, comme le montre ici même Michel Briand, Lucien constitue presque un cas d’école, dans la mesure où la polygraphie est constitutive de l’unité de son œuvre.

10C’est de la même manière que Synésios de Cyrène, au début du ve siècle apr. J.-C., invite à lire l’œuvre de Dion de Pruse, selon une dynamique complexe qui rend compte de la réception problématique d’une œuvre polygraphique : partant de la variété avérée du corpus de Dion (ses ouvrages sont παντοδαποὺς, « de toutes sortes », Dion, 4, 1), il constate que l’homme est caractérisé par une dualité (διπλόην, Dion, 1, 5), ce qui pousse Synésios à « divise[r] en deux groupes séparés ses discours philosophiques et ses discours proprement sophistiques » (τούς τε φιλοσόφους καὶ τοὺς αὐτὸ τοῦτο σοφιστικοὺς λόγους διειληφότες ἑκατέρους χωρίς, 1, 15) ; or cette division est chronologique (1, 12), puisque, pour Synésios, les textes de Dion sont soit antérieurs à l’exil de Dion, soit postérieurs et que les titres doivent inclure cette indication. Une coupure majeure dans l’existence du sophiste devient ainsi un moyen de classer les œuvres et tend à orienter leur appréciation. Synésios considère pourtant que, au moment où Dion se met à cultiver la philosophie, « sa nature reconnaî[t] tardivement son œuvre propre » (ἐπιγνούσης ὀψὲ τῆς φύσεως τὸ οἰκεῖον ἔργον, 1,12). La polygraphie de Dion est ainsi à la fois reconnue, atténuée et dépassée.

11À l’inverse, il arrive aussi que la polygraphie d’un auteur soit occultée dans sa réception moderne : ainsi, Apulée est aujourd'hui pour nous essentiellement l’auteur de l’Âne d’or, un roman qui éclipse les œuvres rhétoriques et philosophiques de celui qui composa aussi des Badinages poétiques en se plaçant dans le sillage des philosophes-poètes tels que Solon (Apologie, 6,1). Derrière l’œuvre conservée se dissimule une polygraphie fantôme, faite de textes disparus, ou relégués à l’arrière-plan par un ouvrage dont la place dans les œuvres d’Apulée confère à son auteur un statut qu’il n’aurait pas forcément revendiqué, ou plutôt, qui pouvait entrer en concurrence avec d’autres — le philosophe ou le poète.

Polygraphie externe, polygraphie interne

12Enfin, il est une forme de polygraphie très présente chez de nombreux écrivains, et qui ne semble pas de nature à mettre en péril le statut d’auteur, mais permet au contraire de révéler une certaine agilité à jouer avec les codes littéraires et à déployer toutes les ressources apprises dans les écoles de rhétorique, sans toutefois se limiter à appliquer des règles consciencieusement assimilées : par opposition à la polygraphie externe, qui consiste à s’adonner à plusieurs genres dans des textes séparés formant un corpus hétéroclite, la polygraphie peut être dite interne lorsqu’un texte relève de plusieurs genres à la fois. Dans le recueil qui suit, trois articles étudient ce phénomène d’hybridité et de variété chez des auteurs majeurs d’époque impériale : Plutarque, Lucien et Philostrate. Isabelle Gassino propose de lire la Vie d’Antoine comme une œuvre dans laquelle coexistent des genres variés (texte à visée morale, tragédie) auxquels sont assignés des buts différents, au sein d’un texte dont le genre (le bios) est en principe bien identifié et dépourvu d’ambiguïté. Pilar Gómez, de son côté, expose comment l’usage de formes dialoguées et non-dialoguées pour aborder un sujet inaccessible à l’expérience quotidienne tel que la mort permet à Lucien de construire un ensemble dont la très grande cohérence est peut-être — si paradoxal que cela paraisse — servie par la multiplicité de la forme. Enfin, Alexandre Jacquel montre que le recours à différents genres littéraires dans la Vie d’Apollonios de Tyane, bien loin d’être le résultat d’une négligence ou d’une incapacité à choisir, est directement lié à la volonté délibérée de montrer au lecteur les multiples facettes de la sagesse d’Apollonios, impossible à appréhender par les moyens ordinaires.

13Ainsi, aborder les textes et les auteurs anciens sous l’angle de la polygraphie nous invite à nous interroger sur le statut des auteurs, sur les principes qui guident leur activité dans des directions plurielles, mais doit toujours se faire en ayant présent à l’esprit le fait que, partielle ou totale, la polygraphie n’est pas une simple donnée de l’histoire littéraire, un fait brut, mais quelque chose qui a été construit par la tradition, en lien étroit avec la transmission des textes. Elle peut aussi être envisagée comme le produit d’une élaboration, d’une mise en exergue par un geste conscient, loin d’être l’accident de parcours presque honteux qui semble indissociable de la définition moderne du terme.

14Le recueil de textes qui suit trouve son origine dans le colloque international « La polygraphie comme norme » qui s’est tenu à l’Université de Rouen les 16 et 17 novembre 2017 ; il était organisé avec le soutien conjoint des Universités de Rouen Normandie et de Bretagne Occidentale, ainsi que des équipes de recherches ÉRIAC (EA 4705) et HCTI (EA 4249). Les articles qu’on va lire sont la version remaniée des communications qui ont été présentées lors de ce colloque. Nous remercions chaleureusement tous les auteurs, ainsi que les participants dont les interventions, pour diverses raisons, n’ont pu être reprises ici : Romain Brethes (ANHIMA), Anne Vial-Logeay (Université de Rouen Normandie ÉRIAC) et Tim Whitmarsh (University of Cambridge). Malgré la richesse des débats, nous avons bien conscience de n’avoir fait qu’entre-apercevoir la complexité de la question et l’étendue du champ d’investigation qui s’ouvre à nous : nous espérons donc que ce qui suit ne constitue que les prémices de réflexions ultérieures.

15Tous nos remerciements vont également à Benoît Roux, ingénieur d’études de l’ÉRIAC, pour son travail d’édition de ces actes en ligne.

Notes

1 Jean-Paul Dufiet, Élisabeth Nardout-Lafarge (dir.), Polygraphies. Les Frontières du littéraire, Paris, Classiques Garnier, 2015.

2 Voir Xénophon, Anabase, tome I, livres I-III, éd. et trad. Paul Masqueray, Paris, Les Belles Lettres, 1930, « Introduction », p. XI.

3 Voir Jean-Paul Dufiet, Élisabeth Nardout-Lafarge, op. cit., p. 7-8.

4 Voir Les Enfants d’Alexandre, Paris, Fayard, 1993, p. 272.

5 Francesca Mestre, L’assaig a la literatura d’època imperial, Barcelone, Promociones y Publicaciones Universitarias, 1991, « Introduction », p. 23-26.

6 Ces expressions sont empruntées à Patrick Dandrey, dans la première partie de l’introduction à un volume consacré à la polygraphie au xviie siècle : voir Patrick Dandrey, Delphine Denis, Jean-Marc Chatelain, « Présentation » in Littératures classiques, vol. 49, 2003, De la polygraphie au xviie siècle, p. 5-30.

7 Voir Jean Sirinelli, op. cit., p. 359 : « On peut difficilement présenter Plutarque comme un savant ».

8 Sur le motif préfaciel des ouvrages adressés à des amis, voir Jason König, « Conventions of prefatory self-presentation in Galen’s On the Order of My Own Books », in Christopher Gill, Tim Whitmarsh, John Wilkins (dir.), Galen and the world of knowledge, Cambridge, Cambridge University Press, 2009, p. 35-58.

9 Voir Jacques Brunschwig, Geoffrey Lloyd et Pierre Pellegrin (dir.), Le Savoir grec, Paris, Flammarion, 1996.

10 Voir Marie Ledentu, Studium scribendi : recherches sur les statuts de l’écrivain et de l’écriture à Rome à la fin de la République, Louvain, Dudley, Paris, Peeters, 2004, p. 209-211.

Pour citer ce document

Isabelle Gassino et Dimitri Kasprzyk, « Introduction » dans « Variété des formes, unité des œuvres », « Synthèses & Hypothèses », n° 1, 2020 Licence Creative Commons
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Quelques mots à propos de :  Isabelle Gassino

Normandie Univ, UNIROUEN, ERIAC, 76000 Rouen, France

Quelques mots à propos de :  Dimitri Kasprzyk

Université de Bretagne Occidentale (HCTI & ÉRIAC)